15/05/2010

La question amazighe et le monde rural :

Des références essentielles dans la littérature du Mouvement Populaire

 

Dr. Mohamed Mohattane

 

Dans les semaines à venir, le Maroc connaîtra un événement politique important consistant en la tenue du 11e Congrès national du Mouvement Populaire et ce, en raison de la position honorable dont jouit cette force politique sur la scène politique nationale et de son rôle de pionnier lors des étapes historiques décisives et dans les équations politiques nationales cruciales. 

Dans un climat marqué par la mobilisation générale et l'unité des rangs, tous les militants harakis, qu’ils soient à la direction ou à la base, se sont mobilisés pour faire du prochain congrès une étape historique pour l'évaluation et la définition du plan d’action futur, afin que le Mouvement Populaire poursuive son parcours politique et assure la diffusion de son message histoirique. 

Nul doute, que tous les militantes et les militants harakis sont bien conscients de l'importance de ce rendez-vous et de ce qu’il requiert en terme de maturité politique et de sens de responsabilité, en vue de relever les défis économiques, sociaux, culturels et intellectuels auquel fait face actuellement le Maroc.

Les militantes et militants harakis sont tout aussi conscients de la nécessité de s’impliquer dans l’action, afin de garantir la réussite des réforme majeures, radicales et prometteuses, menées avec sagesse et clairvoyance par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’Assiste, sur tous les plans politique, économique, juridique, social, culturel, religieux et spirituel. 

Il est prévu que le prochain congrès national soit l’occasion de débattre de la littérature du Mouvement Populaire et de tracer la feuille de route pour la prochaine étape. Il est prévu également que le monde rural et la question amazighe s’arrogent « la part du lion » lors de ce débat, en raison du fait que ces deux problématiques sont au centre des préoccupations de la pensée et de la pratique politique du Mouvement Populaire.

 

Rôle du Mouvement Populaire en matière de préservation de l'amazighité : 

 

Avant que l’amazighité ne devienne aujourd'hui une « marchandise politique » que certains essaient de promouvoir à des fins politiciennes et opportunistes, le Mouvement Populaire a été pionnier à défendre le sort de l'amazighité, en raison de circonstances historiques, politiques et géographiques durant lesquelles le Mouvement Populaire a vu le jour ; lesquelles circonstances ont fait que la pensée harakie est profondément liée à l’identité marocaine authentique, dont l’une des principales composantes est l’amazighité.

Dans sa littérature politique et idéologique, le Mouvement Populaire souligne fermement que l'identité marocaine est plurielle, que ce soit sur le plan de ses dimensions, ses racines ou ses références, et qu’y interfèrent les dimensions amazighe, arabe, islamique, africaine et andalouse, à telle mesure que le Maroc est considéré comme un composite des affluents culturels, religieux et continentaux qui ont contribué, à travers les âges, à façonner la personnalité marocaine.

A la veille de l'indépendance et sous le règne du bipolarisme mondial, les forces politiques marocaines de l'époque se ruaient vers l'importation de modèles idéologiques et de développement de l'Est ou de l'Ouest, alors que le Mouvement Populaire est demeuré maroco-marocain, fidèle à l'identité nationale et à ce que l’amazighité représente comme authenticité et valeurs civilisationnelles.

Grâce à leur lutte culturelle et politique acharnée, les pionniers du Mouvement Populaire, à leur tête le Président Mahjoubi Aherdane, ont pu hisser haut le drapeau de l’amazighité, jusqu’à ce que l’amazighité soit devenue une question nationale, à laquelle adhère l’ensemble des citoyens, voire ceux qui en étaient les adversaires dans un passé récent.

Dans le Discours Royal historique d’Ajdir (Province de Khenifra, 17 octobre 2001), Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’Assiste, a souligné, sur la base d’une vision prospective stratégique, juste et équitable, que l’amazighité est une donne historique, profondément enracinée dans l'histoire et la culture du Maroc, qu’elle représente un héritage pour tous les Marocains, et que sa promotion constitue un pilier fondamental du projet sociétal moderniste, conduit et parrainé par Sa Majesté le Roi.

Grâce aux Hautes Directives de Sa Majesté le Roi, la question amazighe a réalisé un saut qualitatif, passant de la phase de lutte et de protestation à la phase de la gestion des acquis et de l'ouverture sur les perspectives de son intégration dans les domaines de l'éducation, des médias et autres.

Toutefois, malgré ces importants acquis historiques, la question amazighe souffre encore de quelques dérapages :

- La lenteur de la mise en œuvre, de sorte que la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe au niveau de l'école marocaine est toujours en phase d'expérimentation pédagogique et ce, depuis l'adoption de ce principe en 2001 ! De plus, la mise en place de la chaîne de télévision «Tamazight » a nécessité des années et des années d'attente, au moment où d'autres chaînes nationales de télévision ont vu le jour dans des délais ne dépassant pas quelques mois.

- L’ambiguïté et l’ambivalence des discours, entre la défense de l'amazighité en tant que principal affluent de l'identité nationale, d'une part, et la revendication de « l’indépendance des zones amazighophones » ; lesquelles positions sont prônées par des associations radicales de la société civile, qui tentent d'exploiter le climat politique général que connaît actuellement le Maroc, marqué par la prééminence des principes de l'Etat de droit, de la liberté d'expression, de respect de l'opinion des individus et des groupes, pour diffuser leur thèse superficielle et chimérique, qui n’est nullement compatible avec les derniers développements.

En effet, suite à la décision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’Assiste, de  mettre en place la Commission Consultative de la Régionalisation, le Maroc est sur le point de lancer le chantier d’une régionalisation élargie, ayant une essence démocratique et orientée vers le développement ; une régionalisation découlant des spécificités nationales et de l'unité de la nation, qui couvrira toutes les régions du Royaume, particulièrement les Provinces du Sahara marocain.

 

Le Mouvement Populaire et la défense du monde rural 

 

C’est parce qu’il est issu de la campagne marocaine, le Mouvement Populaire s’est engagé à défendre les questions et les préoccupations du monde rural.

Dans sa littérature politique, le Mouvement Populaire considère que la défense du monde rural permettra au Maroc de préserver son identité authentique, vu que le monde rural représente un « musée vivant du patrimoine marocain », et que les tribus et les générations successives dans les campagnes et les montagnes avaient joué un rôle clé dans la préservation de ce patrimoine et de son entretien.

D’autre part, le Mouvement Populaire était conscient dès le départ que le Maroc avait grandement besoin de promouvoir le monde rural et que notre pays n’avancera pas en marchant sur un seul pied.

Le Mouvement Populaire est également convaincu que la croissance nationale globale est tributaire de l’essor économique, social et culturel de la campagne marocaine, ce qui l’a incité à porter l'étendard de lutte contre l'idée du « Maroc bénéfique » et du « Maroc qui n'est pas bénéfique », consacrée par l'ère du Protectorat et du colonialisme.

Cependant, après cinquante ans d'indépendance, et en dépit des efforts déployés par l'Etat pendant ces cinq décennies, le monde rural souffre encore des contraintes de la marginalisation. Jusqu'à aujourd'hui, existe encore un contraste frappant entre les villages et les  villes, entre les montagnes et les plaines, puisque le taux de pauvreté dans le monde rural est élevé (23%) et l'analphabétisme est très répandu (66%).

Autant il note avec satisfaction des progrès relatifs réalisés ces  dernières années en matière de développement rural (désenclavement, approvisionnement en eau potable, électrification rurale, enseignement, santé, etc.), autant le Mouvement Populaire continuera à tirer la sonnette d'alarme à l’égard de la situation actuelle du monde rural, souffrant de sous-développement économique, social et culturel.

Le Mouvement Populaire considère que la réalité sociale et économique du monde rural soulève des questions complexes, et que les défis sont multiples et interdépendants. Ce qui nécessite l’adoption d’une approche de coordination entre les différents secteurs et intervenants, dans le cadre d’une politique publique intégrée de développement rural.

Le Mouvement Populaire souligne également que le développement rural est principalement tributaire du développement agricole et que le développement de l'agriculture est aussi tributaire du développement rural (développement des infrastructures agricoles par la modernisation, formation, lutte contre la pauvreté, l'ignorance et l'analphabétisme, etc.). Ce qui nécessite, selon le Mouvement Populaire, d’ériger l'agriculture en locomotive et catalyseur du développement rural et ce, à travers la mise en œuvre des réformes nécessaires de nature à assurer une croissance économique rurale forte, qui donnerait une grande impulsion à une meilleure valorisation des ressources, à la création d’emplois et à la garantie de conditions de vie décentes pour la population rurale ; la véritable richesse du Maroc d’hier, du Maroc d'aujourd'hui et du Maroc de demain.

 
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