| 12/05/2010 | ||||||
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Dans l’intervention de M. Addi Sbaîi sur le thème « la question
amazighe, entre le militantisme et les perspectives d'intégration »
- Le Mouvement Populaire a été à la base de l’émergence d’une conscience
amazighe, au moment où les orientations idéologiques importées avaient
prédominé chez les élites
- Le Mouvement Populaire a déployé des efforts tout au long d’un
demi-siècle pour réhabiliter l’amazigh, que ce soit au sein des
institutions ou dans le domaine des médias amazighs
M. Addi Sbaîi, membre du Bureau politique du Mouvement Populaire et
chercheur dans le domaine de la culture amazighe, a mis l’accent sur la
nécessité d'évaluer le parcours historique du militantisme amazigh en
vue d’identifier les acquis réalisés et prospecter les perspectives
d'intégration positive de cette composante identitaire dans les
différentes sphères de la vie publique.
Dans son intervention sur le thème
« la question amazighe, entre le militantisme et les perspectives
d'intégration », M. Sbaîi s’est interrogé
sur les raisons du chancellement de la renaissance amazighe dans ses
dimensions intellectuelle et politique, ainsi que sur les causes à
l’origine de l’échec stratégique à élaborer une politique amazighe
publique.
Passant en revue le parcours historique de la question amazighe, depuis
les prémices de la prise de conscience classique de cette question à
l'aube de l'indépendance, M. Sbaîi a affirmé que le Mouvement Populaire
a été à la base de l’émergence d’une conscience amazighe, au moment où
les orientations idéologiques importées avaient prédominé chez les
élites.
M. Sbaîi a indiqué que la pensée harakie, étant profondément liée à
l'identité authentique marocaine, a fait de la défense de l’amazigh
l’une de ses références essentielles, soulignant que cette prise de
conscience s’est cristallisée sous une forme associative, initiée dans
les années 60 et poursuivie jusqu’au début des années 80 du siècle
dernier, constituant ainsi un bond qualitatif dans le processus de
promotion de l’amazigh et ce, en relation avec une vague de droits de
l'Homme qui a prévalu dans notre pays.
M. Sbaîi a ajouté que la question amazighe a mué de sa dimension
civilisationnelle à une dimension culturelle, avant de s’ouvrir sur un
horizon politique dans les années 90 du siècle dernier. A cet égard, M.
Sbaîi a évoqué deux étapes principales, à savoir «
L’intervenant s’est interrogé, par ailleurs, sur les raisons à l’origine
de la non-expansion de l'organisation du mouvement amazigh et de son
incapacité à influencer et se transformer en une dynamique sociale à
laquelle adhère l’ensemble des citoyens.
Le membre du Bureau politique du Mouvement Populaire a critiqué les
différentes approches qui ont accompagné le militantisme amazigh,
notamment les positions gouvernementales, partisanes, associatives,
académiques et estudiantines, relevant la prééminence de la dimension
organisationnelle sur la dimension stratégique.
M. Sbaîi a évoqué également deux étapes essentielles, à savoir le
Mémorandum Amazigh supervisé en 2000 par M. Mohamed Chafiq,
s'interrogeant sur les le sort des 9 revendications qui en ont constitué
la quintescence, ainsi que le Discours Royal historiques d’Ajdir en
2001, qui a constitué un tournant décisif et un saut qualitatif pour la
question amazighe, qui l’a fait passer de la phase du militantisme
protestataire à la phase de la gestion des acquis et de l’ouverture sur
les perspectives d'intégration de l'amazigh dans les domaines de
l'éducation, des médias et d’autres domaines.
Soulignant l'importance de cette dernière phase et la nécessité
d'interagir avec elle avec une nouvelle prise de conscience qui
considère l’amazigh comme étant la pierre angulaire qui ancre davantage
le projet sociétal démocratique et de développement, M. Sbaîi a affirmé
que la charge symbolique et sociétale de la transition de
M. Sbaîi a affirmé que la dernière décennie a été porteuse de nouveaux
acquis, qui exigent des acteurs impliqués sur différents fronts à œuvrer
à leur préservation, consécration et élargissement, afin que l’amazigh
occupe la place de choix qu’il mérite
dans le processus démocratique et de développement que connaît le
Maroc, soulignant que l’amazigh ne saurait être que dans l'intérêt du
pays et de son avenir, eu égard à sa capacité d'implication des
différentes potentialités dans les processus politique et de
développement escomptés.
Il est à signaler que les différentes interventions ont porté sur une
analyse historique du militantisme amazigh, ainsi que sur la critique du
rôle du Mouvement Populaire dans la défense de la question amazighe et
le degré de sa présence en tant que référence pour la pensée harakie et
l'action politique harakie.
Ces aspects ont été réexaminés par le conférencier qui a fourni des
éclaircissements à leur sujet, soulignant que la primauté du Mouvement
Populaire s’agissant de la défense de la question amazighe, n’a certes
pas revêtu une vision stratégique, mais a surtout jeté les bases de
l’émergence d’une prise de conscience civique et associative de cette
question et de son importance.
D’autre part, M. Sbaîi s’est interrogé sur les raisons à l’origine de la
réticence des élites impliquées dans des actions de militantisme à
adhérer et à interagir avec la conviction harakie relevant la nécessité
de réhabiliter l’amazigh, que le conférencier a identifié dans son
patrimoine historique et dans les différentes positions et phases lors
desquelles le Mouvement Populaire a déployé des efforts tout au long
d’un demi-siècle pour réhabiliter l’amazigh, que ce soit au sein des
institutions, dans les médias amazighs ou au niveau du mouvement
associatif, qui a bénéficié du soutien des cadres et des militants
harakis tant au niveau national qu’international.
M. Sbaîi a souligné la nécessité d’innover de nouveaux outils
d’organisation qui permettraient de fédérer les différents efforts
déployés par des acteurs politiques, associatifs, académiques et
médiatiques en vue de la promotion de l’amazigh (langue, culture et
identité) au niveau des différentes sphères de la vie publique, tout en
veillant à lui assurer une protection juridique dans le cadre des
mutations que connaît le Maroc. M. Sbaîi a souligné, en outre, la
nécessité d’appréhender la question amazighe comme une responsabilité
nationale qui intéresse tous les Marocains. |
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