Mouvement Populaire

 

 

Programme social

 

 

 

                        Sommaire 

 

  1-Diagnostic social succinct

 

 2- Orientations sociales stratégiques

          Chômage/emploi

          Monde rural 

          INDH

           Genre et Société

           ONG et monde associatif

           Culture de solidarité

 

3- Secteurs sociaux de base

       Eau /électricité

       Programmes de logements sociaux

       Routes et Pistes

       Santé

      Education /Formation

      Jeunesse et sport

      Protection de l’enfance

 

4- Politique active pour lutter contre les grands fléaux sociaux

         Pauvreté

         Précarité

        Mendicité

         Handicapés

         Habitat insalubre

         L’ émigration 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1- Diagnostic social  

Depuis la mise en application du Programme d’Ajustement Structurel (PAS) en 1983, les déficits sociaux n’ont cessé de s’accroître au Maroc. En effet, la priorité des priorités de la politique économique de l’Etat était et demeure toujours la préservation et la consolidation des équilibres macro économiques au détriment des grandes équilibres sociaux.

La situation sociale apparaît non seulement dangereuse et se dégrade de jour en jour, mais représente aussi une bombe à retardement susceptible d’exploser à tout instant et partout.

La faiblesse du rythme de croissance économique, le taux relativement important de la croissance démographique, la grande modicité des budgets réservés aux secteurs sociaux… ont grandement contribué à la détérioration alarmante de la plupart des indicateurs sociaux au Maroc

Cette détérioration continue et fâcheuse des équilibres sociaux (chômage, pauvreté…) peut être apprécier globalement par le biais de l’Indice de Développement Humain (IDH) du PNUD. Le classement du Maroc dans cet indice est passé du 112ième en 1999 à 124ième en 2004. La Tunisie est classée 92ième, l’Algérie 108ième, la Guinée Equatoriale est classée 109ième.

L’un des grands fléaux sociaux au Maroc est l’analphabétisme qui représente la « honte nationale » dans la mesure où actuellement 43% de marocains ayant 10 ans et plus sont analphabètes, contre 26% en Tunisie, 30% en Algérie… Plus de la moitié des femmes et un peu moins du tiers des hommes sont analphabètes. Selon le milieu de résidence, 61% des ruraux  et 29% des urbains sont analphabètes.

A cela s’ajoute un taux de déperdition scolaire qui ne cesse de s’accroître puisque après 12 ans seuls 69% de marocains vont à l’école et ce taux chute à 43% après 15 ans.

Le chômage constitue aussi un drame social dans notre pays. Actuellement le taux de chômage dépasse les 11,5% avec un taux de 19,4% en milieu urbain et quelque 3,6% en milieu rural.

Ce fléau touche beaucoup plus les jeunes avec un taux de 26% et davantage les femmes et surtout citadines avec 25,8%. Le taux de chômage le plus élevé, soit 33,2% concerne les jeunes citadins dont la tranche d’âge est comprise entre 15 et 24 ans.

Chaque année, un flux de 300000 actifs arrive sur le marché du travail et plus de 2.500.000  sont en situation du chômage.

Au niveau des indicateurs sanitaires, la situation est également inquiétante même si l’espérance de vie atteint actuellement 71 ans. Ainsi par exemple, le Maroc dispose d’un médecin pour 1800 habitants contre 1100 en Tunisie et 230 mères sur 100000 décèdent à l’accouchement contre 170 en Tunisie, 150 en Jordanie… En plus des disparités très importantes existent entre les régions puisque à Ouarzazate ou à Chefchaouan par exemple nous avons un médecin pour 10000 habitants.

Toujours dans ce domaine, la mortalité infantile est très élevée au Maroc puisque 40 bébés de moins d’un an meurent pour 1000 naissances vivantes, contre 26 en Tunisie et seulement 3,4 en Espagne.

Concernant l’adduction en eau potable et l’électrification, beaucoup d’efforts ont été entrepris dans le cadre du PERG et du PAGER. Ainsi le monde rural est actuellement électrifié à 80% contre 15% seulement en 1990. De même, 70% des ruraux ont actuellement accès à l’eau potable contre 14% en 1994. 

Cependant l’électrification concerne parfois le seul chef lieu du village ou du douar et la desserte en eau potable ne signifie pas toujours le raccordement des maisons au réseau mais simplement la disponibilité d’un point d’eau à proximité.

D’autres indicateurs sociaux apparaissent alarmantes comme le taux de pauvreté qui demeure à quelque 13,7% en 2004 contre 17,8% en 2001 et 19 % en 1999. La baisse relative de ce taux s’est accompagné d’un élargissement du nombre de pauvres au Maroc qui dépasse actuellement les 5 millions de personnes.

Il faut noter aussi que la pauvreté est plus accentuée en milieu rural puisque le taux de pauvreté  y est dépasse les 23% et le nombre des pauvres atteint 3.200.000 personnes.

De même la précarité touche 2 % de la population urbaine, soit 300000 personnes, 25% de la population est vulnérable en disposant d’un revenu inférieur à 4500 dh par personne et par an et 4.000.000 de personnes souffrent de l’exclusion sociale.

D’autres indicateurs qui dénotent du faible niveau de vie de la population marocaine comme les équipements éléctro – ménagers sont également révélateurs. Ainsi 77% des ménages ont un téléviseur, 50% ont un réfrigérateur, 34% ont une parabole et 30% ont une lave linge.

Sur un autre plan, la crise du logement représente l’une des grandes problématiques sociales dans notre pays. Celle- ci apparaît au niveau de la persistance, voire  du développement des bidonvilles et de l’habitat insalubre. Ainsi 8% de ménages marocains habitent toujours dans des bidonvilles et 700000 ménages, soit environ 4 millions de personnes vivent dans les quartiers non réglementaires ou dans les bidonvilles.

Ce bref diagnostic social montre clairement d’une part, l’état très inquiétant de la grande majorité des indicateurs sociaux de notre pays et incite fortement et d’autre part à la mise en place d’une véritable stratégie nationale de développement humain et de progrès social. C’est d’ailleurs dan cette perspective que l’INDH auquel le MP souscrit totalement a été lancé par Sa Majesté le Roi le 18 Mai2005.

 

 Le monde rural

 

   Pendant longtemps le monde rural a été marginalisé et n’a que très peu bénéficié des actions publiques de développement. Il a fallu attendre la dernière décennie pour qu’il fasse l’objet de programmes sérieux visant l’amélioration de ses équipements de base. L’exécution de ces programmes a permis d’améliorer sensiblement l’accès des populations rurales aux différents services socio-économiques :

          -Electrification 72% en 2004

          -Eau potable 60% en 2004

          -Désenclavement 54% en 2005

Par contre les besoins en services sociaux notamment en santé et en éducation ne sont que partiellement satisfaits.

Cet espace, où la relation entre les populations de plus en plus nombreuses et les ressources naturelles a atteint des seuils alarmants de déséquilibre, comporte 75% de la population pauvre du pays.  Si les actions ne sont pas maintenues et intensifiées, la situation du monde rural se détériorera davantage et l’exode rural prendre des dimensions importantes et réduirait ainsi à néant les efforts entrepris par les pouvoirs publics au niveau des villes.

Le mouvement populaire, conscient de la gravité de la situation sociale et économique des populations rurales, préconise les orientations et les mesures suivantes en vue d’initier un véritable développement rural.  Dans ce cadre le parti appuie et se mobilise pour l’exécution de l’Initiative Royale concernant le développement humain (INDH).

 

   Une politique réfléchie d’aménagement du territoire

Le parti considère comme prioritaire l’application d’une politique d’aménagement du territoire qui permettra de délimiter des espaces viables autour de pôles régionaux qui constitueront des locomotives du développement local et régional.  Dans ce cadre, les zones de montagnes devraient bénéficier d’une politique spécifique où la solidarité aval-amont, jointe aux efforts publics nationaux, permettra de réunir les moyens de financement nécessaires à la mise en œuvre des programmes de développement dont ces zones feront l’objet.

 

   Rôle de l’agriculture

  L’irrigation demeure le meilleur moyen de mise en valeur des terres agricoles, c’est pourquoi le parti accorde une priorité à l’extension des surfaces irriguées en résorbant le décalage existant entre les surfaces dominées par les barrages et celles réellement équipées.  La petite et moyenne hydraulique, compte tenue de son existence partout à travers le territoire national, devraient également être privilégiée chaque fois que le potentiel de non développement se confirme.  Pour le reste des terres cultivées la modernisation et l’intensification doivent s’orienter vers l’exploitation des rentes écologiques des différents terroirs avec le souci de revoir l’utilisation des espaces agricoles dans le but d’assurer la protection des ressources naturelles notamment en zones marginales.

Les terres de parcours n’ont pas bénéficié de l’intérêt qu’elles requièrent et ont fait l’objet de mise en culture et de surpâturage.  Il s’agit de protéger et de mettre en valeur ces espaces pour renforcer le rôle de l’élevage comme source de revenu en milieu rural.

 

   Encouragement des activités non agricoles

    L’activité agricole, quelles que soient les améliorations de sa productivité que l’on peut espérer, ne peut à elle seule résoudre la problématique de l’emploi et d’amélioration des revenus des ruraux.  Le parti de Mouvement Populaire préconise le développement d’activités économiques, notamment industrielles et artisanales, au sein des petites villes et des villages qui sont étroitement liés aux populations rurales.

 

     Promotion du tourisme rural

     L’espace rural marocain est très riche en sites écologiques et biologiques et en paysages splendides qui doivent servir de base à une véritable politique de tourisme rural.

Les actions menées jusqu’à présent dans ce domaine ont été éparses, peu professionnelles et n’entrent pas dans une stratégie globale avec des objectifs précis.  Il est temps d’asseoir cette stratégie et de prendre les mesures nécessaires à sa réussite sur le terrain en étroite collaboration avec les populations concernées.

Amélioration des conditions de vie des populations rurales

 

    Le parti préconise de maintenir et d’intensifier les efforts entrepris récemment en faveur du monde rural en ce qui concerne l’amélioration du cadre de vie des populations qui vivent à la compagne.  L’action doit être mise sur l’amélioration des services sociaux de proximité notamment la santé et l’enseignement.

 

   Une fiscalité adaptée au rural

    En relation avec la politique d’aménagement du territoire citée plus haut, il est proposé d’appliquer au monde rural une fiscalité adaptée capable d’assurer l’équité sociale et à même d’encourager l’investissement privé.

 

  Pour une politique énergétique spécifique au monde rural

 

    Le parti du Mouvement Populaire considère qu’il est vital de trouver une solution pérenne au problème de l’énergie en milieu rural. Le recours à la surexploitation des forêts a abouti à des déséquilibres qui risquent, si rien n’est entrepris, de devenir irréversibles.

Le MP est favorable à la mise en œuvre d’une politique énergétique spécifique pour le monde rural qui soulagera la pression anthropique dont les systèmes écologiques font actuellement les frais.

Cette politique énergétique peut concerner aussi bien l’électricité que le gaz naturel ou les énergies renouvelables.  L’objectif étant de substituer ces énergies au bois de feu et de cuisson à condition que les prix soient compatibles avec les revenues des ruraux.

 

EMPLOI- CHOMAGE

    Le Maroc connaît un taux de chômage relativement élevé. Le chômage le plus visible est mesurable est celui  qui touche principalement les jeunes, les personnes instruites et les femmes.  C’est le constat qui se dégage de l’analyse de la situation actuelle sur le terrain. Il constitue de par sa dimension et son ampleur l’un des  défis et opportunités clés du développement au Maroc. Notre pays a pris conscience de tous les problèmes qui entravent sa marche vers le progrès. Les différents rapports publiés récemment et principalement celui  du cinquantenaire de l’indépendance, n’ont pas manqué de mettre en relief les dysfonctionnements et afficher clairement les options pour s’attaquer aux vrais problèmes de la société : l’Education, la Santé, le Chômage, l’Habitat, entre autres.

 

      Notre Parti, le Mouvement Populaire, qui se veut  un acteur politique ne peut rester en dehors de cette dynamique qui répond aux aspirations d’une large frange de la société marocaine.

Pour s’inscrire dans cette optique nous projetons l’élaborations un programme d’actions qui traite des questions soulevées par l ‘élaboration d’un programme social avec des propositions claires, réalistes et réalisables.

 

      Le dossier du chômage des jeunes occupe une place importante dans le  volet social de ce programme. Nous  décrivons un état des lieux de ce fléau et dégageons des proposions concrètes pour contribuer à la recherche des solutions les mieux appropriées.

 

   La structure du chômage révèle  que ce phénomène est imputable essentiellement aux facteurs suivants:

    - les demandeurs d’emploi ayant un certain niveau d’instruction de type scolaire ou universitaire aspirent à des types d’emploi  valorisants,

    - le tissu économique et le secteur privé n’ont pas la capacité d’absorbe toute la masse des demandeurs d’emplois, 

    - la problématique du chômage des titulaires de diplômes se pose encore avec acuité du fait de la non adéquation des spécialités des formations  avec les besoins et l'évolution de l'économie,

  - L’inefficacité des mécanismes et  méthodes de qualification et d'intermédiation.

 

   Partant de ces constatations l’analyse, de la situation dans le secteur de l’emploi et surtout en ce qui concerne les jeunes diplômés, amène à soulever de nombreuses questions dont principalement:

          - Pourquoi les jeunes diplômés ne trouvent pas d’emplois ?

           - Quels sont les secteurs potentiellement employeurs ?

           - Quelle est la qualification requise pour accéder à un emploi ?

            - Quel est le lien entre la formation et le marché du travail ?

 

    Il est bien vrai que  d’autres facteurs conditionnent l’accès à la vie active et font que beaucoup de Diplômés Chômeurs ne trouvent pas de place dans la vie professionnelle au terme de leurs études, on peut citer à titre d’exemples :

    - la croissance économique insuffisante pour générer des emplois,

    - le tissu économique qui n’est pas suffisamment développé pour absorber toutes les demandes qui arrivent sur le marché,

  - la compétence de ces diplômés  qui ne répond pas aux exigences des milieux professionnels.

La conjugaison de ces trois facteurs fait que le Maroc souffre d’un taux de chômage avoisinant les 22%.

  L’enseignement post-baccalauréat au Maroc à la rentrée 2005-2006 comprend 375.000 étudiants que va-t-il leur advenir quand ils auront leurs diplômes d’enseignement supérieur ?

   Les jeunes Marocains détenteurs de diplômes universitaires sont touchés par le chômage à hauteur de 27% et le secteur privé est devenu le principal employeur au Maroc, avec 76,6% dans le milieu urbain. Les compétences marocaines, à l’intérieur et encore bien plus à l’extérieur, ne sont pas structurées pour travailler en réseaux et n’exploitent pas tous les potentiels des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Le taux de chômage au Maroc, en milieu urbain, est aux alentours de 20%. La tranche d’âges la plus touchée est celle de 15 à 24 ans. Celui des diplômés de l’enseignement supérieur 33% et celui des non diplômés 8% (1999 Direction des Statistiques).

    Il y aurait actuellement 200.000 licenciés chômeurs selon le Secrétaire général de l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs au Maroc. Il y a plus d’une dizaine d’associations au Maroc pour la défense des diplômés chômeurs qui sont souvent maltraités par les forces de l’ordre lors des manifestations qu’elles organisent.

     Devant l’ampleur de ce problème les acteurs de la vie publique ne peuvent, sous aucun prétexte, continuer à ignorer le problème et laisser s’amplifier la situation avec chaque année sur le marché de l’emploi d’effectifs de jeunes de plus en plus élevés. La problématique est donc de taille et toutes les actions publiques ou privées destinées à aider notre pays à réinsérer les jeunes sont louables.

 

    Partant de ces données  notre Parti, le Mouvement Populaire, conscient des enjeux économiques et sociaux  pour cette catégorie de citoyens, se doit de présenter un programme d’actions qui intègre la problématique du chômage et élabore des propositions qui répondent aux aspirations de ces jeunes.

Avant de formuler les principales propositions de notre organisation politique, il y a lieu de donner certains éclairages sur des secteurs plus porteurs et prometteurs pour l’avenir dans le but d’inciter à une orientation de la formation, sous tous ses aspects, vers ces secteurs.

 

      Nous suggérons d’orienter   les qualifications des détenteurs de diplômes vers les filières économiques prometteuses dont les possibilités demeurent encore inexploitées, particulièrement dans le domaine de l’informatique, des techniques de communication et d’informations, les services Offshoring, les nouvelles filières qu'offrent le tourisme et la comptabilité, les services de santé, les métiers sociaux et l'animation culturelle, artistique et autres.

    Par ailleurs depuis quelques années, les métiers de l’informatique ne cessent de se développer mais les ressources disponibles ne suffisent pas. Les entreprises sont à la recherche permanente de compétences dans le domaine informatique. Cette pénurie d’informaticiens est une opportunité pour se former aux métiers et aux outils informatiques. Le marché marocain reste très réceptif  dans ce domaine.
 
   
Notre pays est engagé aujourd'hui dans cette aventure obligée qui est la mondialisation. Par conséquent il  ne peut continuer indéfiniment à produire et surtout à exporter, des biens à faible contenu de valeur ajoutée et en travail de qualifié.
A l'échelle des nations, la scolarisation est bel et bien un facteur déterminant de l'amélioration de la productivité, de la compétitivité et de la prospérité.

      Pourtant, à l'échelle interne, plus les diplômés se multiplient, plus les diplômes se dévaluent. Surtout lorsque le contenu de la formation répond de moins en moins aux qualifications exigées par la nouvelle donne de l'emploi à l'échelle internationale. Ainsi  la récente réforme du système éducatif, notamment au niveau du cycle supérieur, ne semble pas attaquer de front le vaste chantier des réformes audacieuses du système de formation qualifiante vers  la demande du marché de l’emploi et de recherche scientifique appliquée.

     Outre l'amélioration de la qualité de la formation pour la rendre adéquate à l'emploi, la lutte contre le chômage des diplômés passe par des actions visant à accroître la vitalité du système productif. Vitalité qui doit se traduire, notamment, par la possibilité donnée aux jeunes  de créer leurs propres entreprises.
     Face au tarissement des opportunités d'emploi dans la Fonction publique, et aux tendances défavorables aux jeunes diplômés sur le marché du travail, le comportement des jeunes, notamment à partir du milieu des années quatre-vingt, doit être soutenu pour une évolution efficace  vers le sens d'une dynamique de création d'entreprises               .
      L'interprétation du dilemme de l'emploi au Maroc privilégie les quatre logiques:

 - logique productive mettant notamment en avant le rôle principal de l'entreprise dans la création d'emplois, suite au désengagement de l'État dans les années quatre-vingt.

  - Logiques de marchés privilégiant les facteurs ayant trait à la configuration du marché du travail et les modes de régulation de l'emploi.

  - Logique informelle articulant structure du marché du travail et configurations informelles (urbaines) d'emploi.

  - Logiques salariale, enfin, vues sous l'angle d'un délitement des formes institutionnelles de la relation d'emploi et de la relance salariale.

    L'insuffisance des emplois et l’inadéquation entre la formation et les demandes des employeurs expliquent la situation qui prévaut dans le marché de l’emploi. L’État, pourvoyeur d’emplois depuis l’indépendance dans l’administration centrale, les collectivités locales et les établissements publics, n'absorbe plus tous les diplômés. Le secteur privé, lui, exige des expériences professionnelles et des compétences que seuls les lauréats issus des formations techniques et spécialisées ou diplômés de l’étranger et des grandes écoles peuvent avoir.

    Les formations universitaires  sont très théoriques et ne correspondent pas aux réalités du milieu professionnel. Les diplômés peuvent donc compléter leur apprentissage.

   Dans ce sens Microsoft, à titre d’exemple, a  initié des programmes sociaux à travers l’ensemble de ses filiales dans le but de :

·   Contribuer à l’apprentissage à travers l’usage effectif de la technologie.

·   Contribuer au développement des compétences TIC pour accroître les chances d’embauche.

·   Améliorer l’efficacité et la productivité des ONG et autres organisations charitables.

Chacune des 65 filiales a ainsi développé un programme social adapté aux besoins du pays d’implantation, avec le soutien de Microsoft Corporation d’un point de vue financier d’une part et du partage d’expérience d’autre part.

Après cette présentation qui résume la situation de l’emploi dans notre pays, le programme politique de notre Mouvement propose les solutions suivantes :

   - Se pencher en amont sur l ‘amélioration de la qualité des formations corollaire de toute politique avisée de l’emploi.

             - Favoriser l’orientation vers les métiers à forte valeur ajoutée.

             - Doter les lauréats d’une solide formation dans le domaine des NTIC.

            - Elargir le champ d’apprentissage vers les outils d’informatique.

            - Soutenir les programmes d’incubation dans les universités.

           - Encourager l'auto-emploi .

 

- Favoriser la création d'un climat fiscal propice à l'émergence des initiatives privées.,

           - Soutenir les programmes de crédits pour jeunes entrepreneurs.

- Valorisation des produits naturels Mettre en place les dispositifs fiscaux accordés aux entreprises créatrices d’emplois.

L’INDH 

 

   L’Initiative Nationale pour le Développement Humain (l’INDH) lancée par Sa Majesté le Roi en Mai 2005 est supposée combler le retard que le Maroc affiche dans la réalisation des Objectifs du Millénaire tracés par les Nations Unis et auxquels le Maroc adhère entièrement. Bien que la généralisation de l’éducation primaire et la promotion de l’égalité entre les sexes aient connu des progrès notoires, le Maroc accuse toujours du retard dans les domaines de la réduction de la pauvreté extrême, le combat contre le sida, la réduction de la mortalité des enfants, la promotion de la santé maternelle, et la durabilité des ressources environnementales.

     Même dans le domaine de l’éducation, les questions de la qualité et la responsabilisation de l’école quant aux résultats de ses élèves demeurent des dossiers qui nécessitent plus d’efforts et de volontarisme.

 

        La volonté politique de changement existe et les ressources matérielles semblent suivre (sauf peut-être pour les questions de l’environnement et le SIDA qui sont approchées d’une façon bien timide). Ce qui fait défaut se sont la gestion, le suivi rigoureux et la détermination des rôles et des responsabilités de tout un chacun. On sait ce qu’on veut mais on ne sait pas comment y arriver. On trace des visions mais il semble qu’on ne dispose pas de bonnes stratégies pour y arriver. Et qui dit stratégie dit buts réalistes et réalisables  bien clairs et sur lesquels tout le monde est d’accord; des résultats intermédiaires mesurables; des indicateurs vérifiables;  des activités susceptibles de réaliser les résultas escomptés; un suivi régulier et rigoureux ; une capacité à rectifier le tir rapidement; des équipes bien soudées qui font le travail et le suivi; un travail de communication efficace avec les parties prenantes et les bénéficiaires directs et indirects; une analyse profonde des attentes des acteurs; une mobilisation de tous les acteurs en faveur des projets etc. Le problème est qu’on sache tout cela mais d’une façon théorique; on ne dispose pas du savoir-faire nécessaire pour le mettre en place. 

 

    Que faire alors ? Il me semble que la première chose à faire est de définir exactement ce qu’on veut réaliser : que veut-on dire par pauvreté ? Le manque d’eau potable, la difficulté d’accès à la santé, l’habitat insalubre, l’analphabétisme, et le gain de moins d’un dollar par jour.  Si on est d’accord qu’une personne pauvre est celle qui souffre de tous ces manques, on demande ensuite si on est en mesure de changer la situation pour les cinq à six millions de marocains qui répondent à ces critères en trois années. Si on ne l’est pas, on doit se demander quels sont les domaines prioritaires.

 

   L’habitat insalubre et la lutte contre l’analphabétisme figurent déjà dans la politique gouvernementale pré-INDH. Restent l’accès aux soins, à l’eau potable et la génération de plus de revenus pour la population dont le revenu est inférieur à un dollar.  Mais est-ce qu’on peut changer la situation pour tout le monde en même temps ? Pourquoi ne pas dire pour 50 % de la population pauvre ? On peut même aller plus loin et dire, 60 % (à titre d’exemple) de cette population doivent être des femmes vu que la majorité des pauvres sont des femmes. Si on fait ce travail, on aura un objectif réalisable sur 3 ou 4 ans.

 

   Après avoir fait ce travail de réflexion stratégique, on doit se demander comment arriver à ce but, que faut –il faire pour y arriver ? Qu’est ce qui nous empêche de réaliser l’accès à la santé, l’accès à l’eau potable et la génération des revenus pour les couches défavorisées ? On peut citer, le manque de compétences des acteurs locaux (élus, ONG et autorités), la corruption, le manque de mobilisation de la population locale, la question du suivi, la détermination des responsabilités, la bureaucratie et  le manque de communication. Sans un changement radical dans ces domaines, on ne peut arriver rapidement aux  résultats, même avec toute la volonté du monde. Des secteurs comme l’habitat, le tourisme, les routes, et l’investissement ont montré que la situation n’est pas fatalement inchangeable. Mais il faut être prêt à bousculer les vielles habitudes et tenir tout un chacun comptable de ses actes et ses rôles.

 

     Si on inverse ces problèmes, on obtient des résultats : capacitation des acteurs, réduction de la corruption, amélioration de la communication, mobilisation de la population, etc. Ces changements sont des pré requis et ne sont pas des fins en eux-mêmes. Ils préparent le terrain pour faire le vrai travail de développement humain. Mais ils doivent figurer dans les stratégies régionales en question. Sinon, c’est comme si on prétend que le problème n’existe pas alors qu’il est déterminant.  Ceci ne veut pas dire qu’on doit attendre qu’on règle ces problèmes avant d’entamer le vrai travail de développement humain. Les deux vont en parallèle. La relation est beaucoup plus causale que chronologique.

 

     Le travail de développement humain per se doit se faire avec autant d’imagination et de rigueur qu’on le peut. Les questions à se poser par exemple dans le cas de la santé sont: Que veut-on dire par accès aux soins ? Comment le reconnaît-on si on le voit? Quel est le moyen le plus efficace et économique d’ y parvenir? Comment assurer la durabilité de cet accès? Quelles actions peuvent nous aider à arriver au résultat escompté dans peu de temps et avec le minimum des moyens? Qui va faire quoi? Quel moyen de feedback?  Etc.   

 

     Quand on définit exactement ce qu’on veut dire par les résultats escomptés à chaque niveau on définira plus facilement les indicateurs qui nous diront si nous sommes en train de réaliser les objectifs ou non. Les indicateurs sont notre tableau de bord.  Ils doivent être directs, quantifiables et pas onéreux surtout au niveau de la collecte des données. 

 

    L’INDH est une initiative louable et susceptible d’aider le Maroc à améliorer  son classement non honorable parmi les 177 pays concernés par le rapport du PNUD.  Mais l’INDH est la vision et n’est pas une stratégie en elle-même. Il nous incombe maintenant de dessiner des stratégies réalistes et réalisables et gérées d’une façon rigoureuse, responsable, et efficace. Il nous incombe maintenant de dire qui va faire quoi et quand il est temps de donner des comptes. Il nous incombe d’oeuvrer d’une façon intelligente pour réaliser la vision voulue par sa Majesté et applaudie par le peuple marocain.

 

Le grand changement doit s’opérer au niveau de la méthode de gestion. Le  Maroc a depuis longtemps utilisé une gestion basée sur les actions.

    C’est une planification axée sur les activités plutôt que sur les résultats, sur les processus plutôt que sur l’impact désiré. Pas que les plans d’actions et les activités qui y figurent ne sont pas  importants; ils le sont. Mais ils ne sont que des moyens susceptibles de nous aider à réaliser les résultats. Ils viennent après l’identification des résultats réalistes, réalisables et mesurables.

 

     L’activité de mise à niveau d’un centre d’accueil des enfants en situation difficile n’est pas une fin en soi-même; elle est un moyen qui nous aide à accroître la capacité du centre à servir cette frange de la population vulnérable. Cette distinction n’est pas académique puisque le résultat pourrait être atteint par plusieurs moyens différents. Le choix d’une activité au lieu d’une autre dépendra du coût, de l’impact, du temps et la réalisabilité de l’activité.

 

     Ainsi est-il souhaitable, voire impératif, de commencer par définir les résultats escomptés. Supposons que les habitants, les associations locales et les élus d’une commune ou d’un quartier périurbain (pas le caid, le pacha ou le gouverneur) décident que  l’un des résultats escomptés est l’accès accru aux sources de financement pour les femmes et les jeunes. Avant d’aller voir comment y parvenir, il faut se demander quels autres résultats doit-on réaliser qui pourraient contribuer à ce résultat stratégique. Les femmes et les jeunes doivent se constituer en coopératives et associations professionnelles; elles/ils doivent élaborer leurs projets; elles/ils doivent avoir la capacité de gérer et faire le suivi de leurs projets d’une façon efficace; les institutions bancaires et de micro crédits doivent être disponibles dans la région; les autorités doivent être disposées à faciliter les procédures etc.

 

   L’hypothèse est que si on réalise ces résultats, l’objectif  supérieur, en l’occurrence l’accès aux sources de financement, sera réalisé. Autrement dit, nous disposons d’une stratégie. Maintenant, on peut passer à déterminer les activités susceptibles de nous aider à réaliser les résultats. Les critères de sélection des activités sont : un plus grand d’impact à moindre coût et la réalisabilité (la nature de l’activité et le timing). La formation et le conseil pour les bénéficiaires, les facilités et les encouragements pour les prestataires de services (banques etc.) sont parmi les activités qu’on pourrait choisir. Une fois on a ce plan d’action, on doit le budgétiser et déterminer les responsabilités et les moyens de feedback et de mesure d’impact. Ce n’est qu’après avoir fait tout cela qu’on pourrait commencer  à exécuter sur le terrain.

 

    Bien sûr, il y’a des actions qu’on doit faire tout de suite car les résultas sont clairs et universellement reconnus comme nécessaires.  L’électrification, l’accès à l’eau, la construction de dispensaires approvisionnés en médicaments de base, la gestion des déchets liquides et solides, l’accès au collège, et la qualité de l’éducation font partie de ces activités de base urgentes et nécessaires. Cependant, l’auto emploi, l’accès durable aux sources de financement, la capacitation des acteurs locaux, la lutte contre l’analphabétisme des enfants et des adultes, la lutte contre le travail des enfants, la responsabilisation de l’école et des autres services de l’Etat, la gestion participative durable de l’environnement, la lutte contre le SIDA sont des domaines assez complexes et nécessitent la réflexion, la participation de tout un chacun et une planification basée sur les résultats et un suivi rigoureux.   

  

       Tout cela est un travail de longue haleine que les acteurs locaux qu’ils soient élus, autorités locales ou société civile ne maîtrisent pas encore au Maroc. Former des formateurs et des consultants dans ce domaine prendra du temps et des ressources considérables.  Il est peut-être plus faisable que le gouvernement fasse publier un livre blanc qui servira en tant que guide de planification et de gestion des  projets de développement humain. Ce guide doit être pratique, pédagogique (andragogique), facile à utiliser, et écrit en langues que la population peut facilement comprendre ( darija, tamzight etc. en plus de l’arabe et le français).  A long terme, le gouvernement est appelé aussi à adopter une loi sur l’obligation de planifier et gérer par résultats quand on utilise l’argent du contribuable.

 

   Le souci n’est pas de compliquer les choses mais de créer un impact durable. La durabilité et la pérennité de l’impact sont les clés du succès. Les actions non durables ont en fait un effet pervers: elles créent la dépendance et engendrent la frustration puisque les espérances du début se transforment en déceptions quand l’argent dépensé d’une manière irréfléchi disparaît.                 

 

 L’INDH, une initiative royale : pour la consolidation de 50 ans de développement social au Maroc

 

    L'Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) dont l’annonce a été faite par S.M. le Roi Mohamed VI, intervient quelques mois seulement avant la remise du rapport sur « 50 ans de développement humain et perspectives 2025 ». Une coïncidence qui n’est pas fortuite mais une simultanéité qui traduit l’engagement du nouveau Règne dans un projet de société fondée sur les principes de la bonne gouvernance, la démocratie, l’équité et la solidarité, autrement dit l’engagement sur la voie de l’édification de l’Etat moderne.

 

   Ce chantier social du nouveau Règne vise à renforcer l’action sociale des pouvoirs publics en matière de réduction des déficits sociaux et la lutte contre la précarité et l’exclusion sociale, notamment en milieu rural et péri-urbain.

 

Dans une première étape de son lancement, l’INDH ciblera le renforcement de la mise à niveau de 360 communes rurales parmi les plus démunies et 250 quartiers des plus défavorisés en milieu urbain et péri-urbain où le taux de pauvreté est le plus élevé.

 

Sa mise en œuvre procède d’une démarche novatrice, fondée sur une vision globale et intégrée du développement social et humain, ainsi que sur la participation effective des populations  pour assurer une meilleure appropriation et viabilité des projets, et sur une gestion axée sur les résultats.

 

 L’INDH un chantier de règne

L’originalité de l’INDH réside dans la pertinence des valeurs et des principes qui la sou tendent : ce n’est pas un projet ponctuel, ni un programme conjoncturel et  de circonstance mais une nouvelle vison et grand chantier de règne. Elle a pour fondements la consolidation de l’Etat moderne (démocratie et  Etat de Droit), les réformes profondes et la bonne gouvernance par la politique de proximité. Cette initiative royale a pour valeurs : la dignité, l’écoute, la confiance en l’avenir, la participation, le ciblage au niveau de l’action, la transparence, le suivi-évaluation et la durabilité des projets mis en œuvre dans le cadre de l’INDH.

 

Ce chantier de règne, résolument tourné vers l’avenir, a une   approche d’action qui combine  ambition, réalisme et efficacité

 

 L’INDH face aux déficits socio-économiques dans le monde rural

Depuis sa naissance au lendemain de l’indépendance du Maroc, le Mouvement populaire a à la tête de ses priorités le développement du monde rural. L’INDH vient réconforter notre Parti dans ses choix et orientations stratégiques de faire du monde rural la locomotive et le but ultime de toute stratégie nationale de développement économique et social. Parmi les quatre programmes prioritaires retenus par l’INDH figure le programme de la lutte contre la pauvreté en milieu rural.

Pour la période 2006-2010, il est prévu d’affecter à l’INDH des crédits d’un montant de 10 milliards de Dirhams ; 2,5 milliard DH soit 25% de l’ensemble du budget de l’INDH, sont alloués au programme de lutte contre la pauvreté en milieu rural, en cherchant à améliorer l’indice de développement humain-IDH à travers la réduction de la pauvreté en particulier et le développement des infrastructures et services sociaux de base.

 

    Il convient à ce niveau de rappeler que le monde rural continue encore à accuser des déficits criants, malgré certains acquis (par exemple le taux de scolarisation en milieu rural est passé de 30,1% en 1994 à 78,5% en 2004 ; le taux d’électrification rurale a été multiplié par plus de 5 en 15 ans) mais encore des déficits. Ainsi, l’analphabétisme reste fortement répandu en milieu rural, il touche de façon particulière la femme rurale et les exploitants agricoles     (3 fellahs sur 4), l’écart entre les villes et la campagne est de taille, puisque l’analphabétisme touche 61% de la population rurale contre 29% de la population urbaine ; malgré les efforts, la grande majorité de la population rurale se trouve encore à plus de 10 km d’un établissement sanitaire et le soin prénatal demeure insuffisant en milieu rural : 52% des mères n’ont jamais bénéficié d’aucun soin prénatal et seules 40% des mères accouchent en milieu assisté, d’où des décès fréquents de la mère et/ou de son enfant ; la pauvreté reste un phénomène éminemment rural : au Maroc deux pauvres sur trois sont ruraux, 25% de la population rurale est pauvre ; cette situation de la pauvreté en milieu rural trouve, au moins en partie, une explication dans l’évolution macro-économique (programme d’ajustement structurel des années 1980), dans la répartition des fruits de la croissance, dans l’état archaïque des structures foncières, l’absence de politiques efficaces et coordonnées de lutte contre la pauvreté, dans différents phénomènes conjoncturels (climatiques notamment) que le Maroc a connus les dernières décennies.

 

 Le MP résolument engagé dans l’INDH

Partant de l’INDH comme une compose essentielle de l’édifice du Maroc moderne qui repose sur la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie, la promotion des droits de l’Homme, la modernisation et la mise à niveau de l’économie et l’aménagement balancé du territoire national ;

 

Partant également du fait que l’INDH traduit la volonté de réduire la pauvreté, la vulnérabilité, la précarité et l’exclusion sociale et d’instaurer une dynamique en faveur du développement humain durable.

 

  Le Mouvement Populaire s’engage à garantir les conditions nécessaires au succès de ce chantier de Règne, en oeuvrant dans les directions suivantes :

   - répondre aux besoins et préoccupations des citoyens          économiquement fragiles et vulnérables ;

     - contribuer à la lutte contre la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion à travers la réalisation d’activités économiques génératrices de revenus et créatrices d’emplois, en mettant l’accent sur de  projets de microcrédit;

    - servir les zones non encore servies par le système de micro-crédit national.

 

    En matière de microcrédit, le Mouvement Populaire ne ménagera aucun effort pour déterminer les voies et moyens de renforcer le microcrédit comme levier de développement économique et social, étant donné qu’une grande majorité de la population marocaine n’a pas accès aux services financiers formels et systèmes bancaires traditionnels.

 

     Par ailleurs, ce type de financement mérite l’appui nécessaire dans la mesure où il a montré son efficacité pour l’insertion des plus démunis dans les circuits économiques ainsi que par sa proximité et sa capacité à gérer des risques non couverts par des garanties traditionnelles. Les populations les plus démunies ont ainsi les moyens d’accroître leurs revenus, de se doter d’actifs et de mieux se protéger des chocs extérieurs.

 

  Conscient de ses atouts du microcrédit, notre Parti travaillera dans le sens d’une mise en réseau plus approfondie des acteurs de la microfiance au niveau national et international, dans le but de partager les bonnes pratiques et expériences et leur dissémination, de développer les processus de concertation, d’assurer un appui plus soutenu sur le plan logistique et institutionnel.

 

   D’autre part, la contribution à l’accroissement de la transparence à travers non seulement une réglementation mieux adaptée mais aussi un renforcement du rôle des structures de contrôle et de supervision. Cette démarche de bonne gouvernance renforcerait l’efficacité du dispositif national dans sa lutte contre la pauvreté et l’exclusion.   

 

CULTURE D’ENTRAIDE ET  DE SOLIDARITE

    Le Maroc est un pays où la solidarité sociale fait partie de sa culture ancestrale. Notre tissu familial a toujours été organisé autour du soutien et du support de la grande famille basé sur le partage et la vie en collectivité. Ce sont ces concepts qui ont constitué la force de notre société vis-à-vis des aléas de l’évolution économique, culturelle et sociale.  

      Seulement la vie moderne a imposé de nouveaux comportements, de nouveaux modes de vie et un système d’organisation familiale qui amène d’autres modes de pensées et de gestion du quotidien et donc le détachement des traditions ancestrales. Il faut ajouter à cela le passage du mode de vie  introduit par  le passage à la sédentarisation de la moitié des marocains.

    Ce sont ces facteurs qui amené un certain recul au niveau de la prise en charge familiale ainsi que les facteurs économiques qui ont bouleversé l’esprit et l’élan de solidarité qui caractère la culture marocaine. On se trouve alors devant des problèmes sociaux qu’ils faut gérer de manière à préserver cette culture avec d’autres outils et d’autres mécanismes mieux   adaptés aux évolutions de la société.

 Nous retenons ici un fondamental élément qui reflète ce fonds de solidarité qui est toujours emmagasiné dans la cellule et le tissu social de notre nation. Il s’agit de la compagne de solidarité lancée par Sa Majesté Mohammed VI depuis 1998 et organisé chaque année. C’est une manifestation qui toujours reçu un élan favorable et donc  indicateur qui révèle que le Maroc est un pays de grande civilisation  qui possède une forte cohésion sociale et des valeurs humanitaires des grandes nations.

La préservation de cette culture de solidarité dans le cadre de la vie moderne avec ces contraintes et ses aspects organisations amènent à mettre en place d’autres outils de fonctionnement et mise en place de structures qui relayent le support familial lorsque celui- ci fait défaut.

      C’est cette politique notre Pari, le Mouvement Populaire, acteur potentiel dans la société, préconise dans le cadre d’un programme social qui prend en ligne de compte tous les éléments  qui interagissent pour conduire un plan de développement capable d’assurer à notre pays un progrès de la société dans son ensemble. Ce programme définit clairement la politique d’un développement durable qui bénéficie à toutes les couches sociales et produit une richesse qui permet d’améliorer le cadre de vie de tout un chacun et une meilleure répartition des richesses. C’est donc un principe fondamental pour instaurer une culture de solidarité  et lutter la pauvreté et l’exclusion sociale.

      Notre organisation politique a soutenu avec ferveur le lancement de l’INDH qui s’inscrit parfaitement dans notre culture et notre ligne politique et qui a pour objectif de placer la solidarité au centre de la gestion du pays à travers des programmes  de développement intégrés destinés en premier aux couches les plus déshéritées.  

     Par ailleurs, en plus des actions définies dans tout notre programme politique qui sera soumis au congrès de fusion des Mouvements Populaires  envers  les jeunes, le monde rural, l’emploi entre autres,  nous aspirons ainsi  à développer l’esprit et la culture de solidarité et de dévouement chez les citoyens envers les populations défavorisés

    Convaincs que le développement d’un pays nécessite absolument une solidarité entre les différentes composantes de sa population, notre Parti se veut être un acteur sur le terrain qui agit sur la base du dialogue et de la concertation en faisant participer la jeunesse à des projets humanitaires et socioculturels en collaboration avec les éléments actifs de la société, notamment les ONG.. Nous pouvons  ainsi donner un sens de dynamisme et de productivité à cette force vive du pays qui ambitionne de faire germer chez les jeunes marocains et chez les adultes actifs un esprit de solidarité, de dévouement et de générosité.

Dans ce secteur social notre Parti préconise les objectifs suivants :

 - Défendre les bases fondamentales de la société marocaine portées par la culture d’humanise ;

 -  Renforcer la solidarité sociale symbolisée par les valeurs du sacrifice ;

  - Soutenir les projets de développement destinés aux conclues les plus défavorisées et marginalisées ;

 - Soutenir les actions de partenariat visant à mettre sur pied des projets de développement sociaux.

…..des organismes internationaux visant à mettre sur pied des projets sociaux en faveur des conches sociales les plus déshéritées .

 - Mettre en place un programme destiné aux handicapés et aux personnes âgées.

 - La solidarité doit s’adresse aussi aux enfants de la rue, aux orphelins et aux femmes sans revenus.

- Nous appuyons fortement les actions entreprises par la Fondation Mohammed V pour la solidarité.

 

   L’APPROCHE GENRE

      L’aspect genre est important dans la mise en place des politiques et la budgétisation pour les plans d’actions. Le genre veut dire l’égalité des chances et la mise en place des gardes fous pour qu’il n’y ait pas d’exclusion systémique directe ou indirecte basée sur la différence de sexe ou les rôles socioculturels supposés accompagner cette différence biologique.

 

      Le genre concerne aussi bien l’homme que la femme. C’est pour cela qu’on utilise le terme « genre », et pas « femmes » qui dénotait une approche sectorielle limitée. Le genre est une approche globale qui prône l’équité et l’égalité et assure que ce sont la compétence, le savoir faire, et la disposition aussi bien intellectuelle que technique (et non la différence biologique) qui doivent être les critères d’accès à l’emploi, à la promotion et aux autres opportunités économiques et sociales. Cette justice universelle ne doit pas non plus occulter le besoin pour une justice historique où le genre sert en tant que moyen de rendre justice à des groupes marginalisés historiquement par ce qu’ils sont d’un sexe ou d’un autre. 

 

     Le fait que le Ministère de l’Education Nationale a mis l’accent durant les dernières années sur la scolarisation des filles est le résultat d’une approche genre en éducation. Au niveau national, il reste à élaborer une politique qui prône l’adoption de ce concept en tant qu’outil de planification que se soit au niveau social ou économique. L’INDH constitue un champ fertile pour voir son efficacité au niveau de la lutte contre la pauvreté et la précarité.  

 

LUTTE CONTRE LA PRECARITE

Travail des enfants :

       Selon les estimations des organismes internationaux et du HCP, le nombre des enfants en situation de travail est de 600 milles. 800 mille autres ne travaillent pas et ne vont pas à l’école. Ceux-ci peuvent devenir des enfants travailleurs à chaque moment. Selon le Ministère de l’Education Nationale, 254 mille enfants abandonnent l’école primaire chaque année (et 140 mille le collège et le secondaire) à cause de l’échec de la réforme de l’enseignement. Ces enfants sont des candidats potentiels au travail des enfants.

 

     88 mille petites filles travaillent en tant que petites bonnes dans des conditions d’esclavage, subissant des abus verbaux, physiques et sexuels, et vivant dans l’isolement total. Ces filles ont des charges de travail d’adultes et travaillent en moyenne 67 heures par semaine. Pour la seule ville de Casablanca, 14000 petites filles ont leur enfance volée quotidiennement, 54 % parmi elles par des fonctionnaires de l’Etat marocain. Human Rights Watch a produit un rapport sur le phénomène en 2005 qui a fait le tour des médias internationaux et a nui à l’image du pays et  à son «attractivité sociale ».

 

   Le travail des enfants entrave le développement aussi bien physique que moral et intellectuel de l’enfant. Un enfant qui travaille à cause de la pauvreté devient plus pauvre quand il grandit et devient une charge pour la société. Les parents donnent une chance à l’école mais c’est l’école qui rejette les enfants. Le travail pour eux est une deuxième chance mais elle n’est pas une option viable à long terme.

   84 % des enfants travailleurs travaillent à la campagne dans l’agriculture et avec leurs familles. Seuls 14 % travaillent et vont à l’école en même temps. Une attention particulière doit être donné à ces enfants.

 

Mesures préconisés par le Mouvement Populaire pour lutter contre le travail des enfants:

         - L’application à la lettre de la loi sur l’obligation de scolarisation

         - L’application à la lettre de la loi interdisant l’emploi des enfants de moins de 15 ans

          -  L’application de la loi relative à la traite aux samsars des petites bonnes.

          - La mise en place des Unités de Protection de l’Enfance dans les villes où il y a haute incidence du travail des enfants

Ø                 La mise en place de l’Unité de Suivi et d’Evaluation du travail des enfants au niveau du Ministère de Travail et la doter de moyens. 

Ø                 La mise à jour et l’opérationnalisation du Plan d’Action National de Lutte contre le Travail des Enfants

Ø                 Le renforcement du rôle du Comité de Pilotage de Lutte Contre le Travail des enfants et confier sa présidence par le Ministre du Travail lui

Ø                 Responsabilisation de l’école quant à l’abandon scolaire et la qualité de l’éducation

Ø                 La mise en place d’une loi sur le travail domestique

Ø                 Renforcement des rôles des inspecteurs de travail et des assistantes sociales dans la lutte contre le travail des enfants

Ø                 L’appui des structures d’accueil des enfants violentés durant le travail

Ø                 L’implication des enfants dans la recherche des solutions

Ø                 Encourager la recherche d’alternatives de la part des parents qui emploient leurs enfants. 

Mères  célibataires :

  Des milliers de jeunes filles se trouvent en situation de grossesse indésirable à cause de viol ou d’inceste. Une bonne partie parmi elles sont des ex-petites bonnes qui ont été maltraitées par leurs employeurs et quand elles tombent enceintes elles sont poussées à les quitter pour se trouver dans la rue ou dans des réseaux de prostitution.

 

    Puisqu’elles ne peuvent pas revenir chez elles, ces jeunes filles prennent la rue pour abri et s’adonnent à la mendicité, le sniffing, le vagabondage, et la prostitution.  Si elles ne sont pas récupérées par des associations comme Solidarité Féminine elles accouchent dans la rue et abandonnent leurs enfants ou les utilisent à des fins de mendicité.

 

Mesures préconisées par le Mouvement Populaire :

Ø                       Renforcer le rôle des associations qui travaillent dans ce domaine

Ø                       Protéger les droits de la mère et de l’enfant en assurant l’accès aux soins, à un abri et à un emploi.  

Ø                 Sensibiliser les jeunes filles pauvres sur les mesures à entreprendre en cas de viol et protéger l’identité des victimes (veiller à ce que la victime ne devienne pas coupable)

Ø                       Renforcer la capacité du numéro vert à traiter les cas de filles victimes d’abus et les filles enceintes.

Ø                       Renforcer le rôle des UPE dans la lutte contre le vagabondage des jeunes filles victimes de viol et d’inceste.

Femmes battues

    Le phénomène de violence à l’égard des femmes est un problème que le Mouvement Populaire prend au sérieux. Le fait qu’il soit répandu démontre que l’habilitation juridique de la femme tarde encore à se concrétiser malgré les avancées de la Moudawana.

 

 Mesures préconisées par le Mouvement Populaire :

Ø                       Renforcer le rôle et la capacité des centres d’écoute et en multiplier le nombre

Ø                       Généraliser l’accès au numéro vert

Ø                       Appliquer la stratégie nationale de violence à l’égard des femmes

Ø                       Mettre en place une campagne de sensibilisation du grand public

Ø                       Responsabiliser la police et les juges

 

Enfants de la rue

   Des milliers d’enfants vivent dans les rues de nos villes.  5000 vivent dans la seule ville de Casablanca. Ces enfants vivent dans des conditions d’exploitation et de vagabondage  et sont victimes d’exploitation sexuelle et de violence. 

 

Mesures préconisées par le Mouvement Populaire :

Ø                       Renforcer le rôle des associations agissant dans le domaine..

Ø                       Mettre en place des mesures d’intervention rapides et efficaces qui assurent la réintégration ou l’habilitation des enfants de la rue.

Ø                       Renforcer le rôle des unités de protection dans ce sens

Ø                       Renforcer le rôle des juges dans ce sens .

 

Lutte contre  la pauvreté

Action de l’Etat

Le Maroc a consenti des efforts importants dans la lutte contre la pauvreté et le taux de pauvreté a baissé de 19,5 % à 13,5 % dans l’espace de dix ans. Les autres  indicateurs sociaux se sont améliorés également : l’espérance de vie est passée de 67 à 70 ans, la mortalité infantile de 79 °/°° à  36,6°/°°, la mortalité maternelle de 430/100 000  à  227,6/100 000 et la scolarisation de 58 % à 92 % pour le primaire.

 

  Néanmoins, les indicateurs sociaux restent déficitaires en comparaison avec les pays de la région et les pays ayant le même PIB. Le paradoxe du Maroc est qu’il est un pays à revenu moyen/bas mais ses indicateurs sociaux le placent parmi les pays pauvres. La mortalité infantile et maternelle restent élevées et est plutôt proche des taux des pays de l’Afrique subsaharienne que ceux de la région MENA.

 

 L’autre paradoxe est que plus de 55% du budget de l’Etat est alloué  au social : les programmes sectoriels, les programmes d’infrastructure, les programmes de développement rural (BAJ, PAGER, PERG, PNCRR), programmes de lutte contre la pauvreté, et les programmes ponctuels de lutte contre la sécheresse par le biais de la Promotion Nationale. Si on y ajoute le récent programme de proximité social et les actions de solidarité de la Fondation Mohamed V et les interventions au niveau du social du Fonds Hassan II on trouve que l’Etat et la société marocaine n’ont pas lésiné sur les moyens mais les résultats tardent de venir.

Les déficits sociaux

 Les déficits sociaux persistent et nuisent aussi bien à l’image du pays qu’à sa capacité de son économie de décoller:

·              Analphabétisme : 40% (60 % en milieu rural et parmi les femmes urbaines et 80 % parmi les femmes rurales)

·              Pauvreté économique : 4,5 millions des marocains vivent sur moins de 9 dirhams par jour et 7,5 millions vivent sur moins de 14 dirhams par jour. 

·              Chômage : 12 % (20 % en milieu urbain et 30 % parmi les jeunes surtout les diplômés)

·              L’exclusion sociale flagrante:

o       706 quartiers non réglementaires abritant quelques 405 000 ménages et 2,7 millions d’habitants

o       933 bidonvilles abritant quelques 230 000 ménages et  1,3 million d’habitants

o       400 quartiers périurbains

·              Précarité :

o       600 mille enfants en situation de travail et un million à risque

o       Des centaines de milliers de mendiants

o       Des milliers de mères célibataires

o       Des dizaines de milliers de femmes divorcées, violentées ou sans abris

o       Des dizaines de milliers d’enfants de la rue (dont 5000 pour la seule ville de Casablanca

 

Les déterminants de la pauvreté

         

Les causes sont diverses mais en voici les principales :

·              Croissance économique moyenne. Le rythme du début des années 90 n’a pas pu être soutenu surtout après le choc de la politique de l’assainissement et les années de sécheresse. Des fois, même avec une croissance importante l’incidence sur l’emploi reste mitigée ce qui veut dire l’économie tournait bien en dessous de sa capacité de production.

·              Croissance démographique longtemps soutenue  la population a triplé dans l’espace de 30 ans sans que l’économie, les infrastructurels et le PIB aient fait de même.

·              Rythme soutenu d’exode rural exacerbé par le sous investissement en infrastructures et en structures d’accueil de santé et d’éducation dans le rural.

·              Manque d’efficacité dans les politiques sectorielles et intersectorielles:

o       Multiplicité d’acteurs : manque de coordination  

o       Capacité de gestion et de suivi des projets très réduite

o       Manque de visibilité sur la répartition géographique de la pauvreté par région, par province et par commune (avant la mise en place de la carte de la pauvreté par le HCP avec l’appui de la Banque Mondiale)

·              L’inexistence de mécanismes de transfert direct de fonds aux couches pauvres. L’Entraide Nationale focalisait sur les dons en nature et s’est récemment converti en institution de formation et de capacitation, la Promotion Nationale met l’accent sur les zones touchées par la sécheresse et la Caisse de Compensation ne fait pas de différentiation entre les classes sociales ce qui fait que ce sont les moins pauvres qui bénéficient des subventions des matières premières et de l’énergie étant donné qu’il en consomment plus que les pauvres. Les non pauvres bénéficient plus que les pauvres de la politique de l’Etat en matière de réduction de la pauvreté. 

   

La Stratégie du Mouvement Populaire : 

·              Mettre l’accent sur les zones les plus touchées comme prévu dans l’INDH mais peaufiner les critères de sélection des communes :.

·              Mettre des gardes fous comme ça les fonds ne sont pas interceptées par des élites locales qui se constituent en associations qui jouent le rôle d’intermédiaires entre l’Etat et les pauvres. 

·              L’octroi des fonds doit être fait sur la base de résultats arrêtés au niveau local par tous les intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux.

·              Mettre en place des mécanismes de transferts de fonds directement aux pauvres

·              Revoir le rôle de la Caisse de Compensation et cibler ses interventions pour que les pauvres en bénéficient en premier chef.

·              Développer des stratégies locales de développement d’activités génératrices de revenu qui doivent être liées au potentiel économique de la région en question

·              Donner un rôle leader au Ministère du Développement Social en la dotant d’un organigramme et en limitant les intervenants.

·              Mettre en place un système rigoureux de suivi et d’évaluation pour suivre les bénéficiaires et faire le monitoring de la pauvreté.

·              Généraliser l’approche genre dans toutes les interventions sociales vu que la pauvreté varie selon le sexe.

·              Généraliser l’accès à l’eau (PAGER), à l’électricité (PERG) et à la santé.

 

LUTTE CONTRE LA MENCICITE

          La mendicité ne cesse de se propager. Il y a deux catégories de mendiants : ceux qui en font un métier et qui deviennent de plus en plus organisés et utilisent les enfants, les handicapés et autres et ceux qui sont réellement dans le besoin. Jusqu’à maintenant, le Maroc ne dispose pas d’une stratégie claire dans ce domaine.

 

   L’absence de statistiques et de données qualitatives fiables est une entrave importante dans ce sens. On remarque également l’absence de programmes de sensibilisation et de stratégie de mobilisation des acteurs.

 

          Le Mouvement Populaire préconise la mise en place d’une stratégie qui vise la lutte contre l’exploitation des enfants et des handicapés, la prévention, la sensibilisation, et l’application de la loi.

 

   Cette stratégie prône la réintégration dans les familles, le réaménagement et l’amélioration de la gestion des structures d’accueil, l’arrimage aux activités de l’INDH, la mise en place des unités d’intervention qui travaillent en coordination avec la police et les juges, la mise en place des stratégies de sensibilisation.

 

II- Les Secteurs Sociaux

 

Education/ Formation

 

A - Introduction

Depuis l’indépendance du Maroc, notre pays a placé le secteur de l’éducation au centre de ses priorités considéré ainsi comme base fondamentale du développement du pays. L’Etat a depuis consenti des efforts colossaux pour permettre l’accès à l’école à toutes les couches de la société marocaine.  La généralisation des bourses a constitué un facteur déterminant pour l’éducation et la promotion sociale pour  de nombreux cadres issus des milieux déshérités. Les conséquences de cette politique ont bénéfiques pour voir aujourd’hui une élite intellectuelle accéder à des postes de responsabilités grâce aux efforts fournis au niveau des structures scolaires et universitaires aux bourses qui ont facilité la poursuite des études au plus haut niveau.

En  qualité d’acteur et d’entité agissante dans la société marocaine pour la noble mission d’encadre et défendre les intérêts des citoyens, notre organisation politique, le Mouvement Populaire fait de la question de l’enseignement une ses priorités majeures et   un axe privilégié dans son programme politique. Il est à souligner  que tous les rapports publiés font état d’observations pas très rassurantes pour la situation dans ce secteur clé du développement humain.

Le rapport sur le cinquantenaire a relevé un certain nombre de remarques pertinentes et de dysfonctionnements en vue de provoquer un débat autour des questions fondamentales qui se posent et qui nécessitent des réponses et des engagements  si l’on veut que notre pays intègre la société du savoir et s’implique dans les enjeux économiques, sociaux et culturels générés par la mondialisation sous toutes se facettes.

Le Mouvement Populaire se doit de prendre part à ce débat qui  s’inscrit dans la lignée de la modernité, du progrès social et du développement humain. Dans cet esprit et à partir d'un diagnostic succinct des principaux problèmes qui caractérisent la situation actuelle nous émettons les suggestions et les propositions que la parti intègre dans son programme politique.  

 

Ø                 L’Enseignement Primaire et Secondaire

La Commission Nationale pour l’Education et la Formation (COSEF) a accompli une mission de grande importance à travers l'élaboration de la Charte pour l’Education et la Formation. Elle  a traité de manière assez substantielle et approfondie les grands traits de la stratégie de l’enseignement primaire et secondaire  en apportant des précisions nettes sur les échéances, sur les  organigrammes des études et d’une manière générale sur les orientations qui doivent être suivies. Les réformes conduites pour orienter l’enseignement et la formation vers des objectifs  en harmonie avec les dispositions de la Charte pour l’Education et la Formation et l’évolution sociale et économique.

Le Mouvement Populaire estime, pour sa part, que  l’enseignement du troisième millénaire, qui absorbe une part considérable du budget, doit être   en prise avec les préoccupations sociales et intègre  les technologies modernes du savoir et de la science.

Les principaux éléments relatés  dans notre programme sont résumés comme suit:

1.          Le surnombre dans les classes :

La surcharge dans les classes, depuis le primaire jusqu’à la terminale, est devenue une règle générale. C’est la  première entrave pour assurer une  qualité d’enseignement acceptable. Le phénomène est dû soit à un manque de locaux auquel cas il faut y remédier en essayant de prévoir d’autres possibilités d’optimisation et de redéploiement et éventuellement des créations de classes dans la mesure des moyens mobilisables.

Il est à souligner que  la surcharge dans les classes a atteint un seuil qui n’est plus tolérable et inadmissible dans certains cas. Quand des classes de terminales Sciences Mathématiques se retrouvent avec plus de cinquante élèves, il y a de quoi  se poser  de nombreuses questions.

Il ne faut pas oublier que se sont ces mêmes classes qui aliment les classes de préparation aux grandes écoles pour nous sortir des ingénieurs et des gestionnaires de haut niveau. Dans ces conditions il y a de  se poser les questions suivantes:

Comment les élèves de ces classes  peuvent-ils continuer à constituer des pépinières   qui aliment qualitativement les classes préparatoires aux grandes écoles? Possèdent-ils toujours les mêmes aptitudes pour accéder facilement aux écoles prestigieuses au Maroc et à l'étranger?

Cet exemple est illustratif pour montrer qu’une classe dans un lycée c’est aussi la préparation d’une élite technique et intellectuelle.   La recherche des solutions doit être impérative, si l’on veut que notre enseignement retrouve sa vitalité, sa qualité et son niveau d’antan. 

 

2.     La baisse du niveau :

La baisse du niveau de formation des élèves est tellement flagrante qu’elle soulève de nombreuses interrogations. Elle ne peut en aucun cas constituer une fatalité. Serait-elle liée à la nature des programmes, à celle des langues, à la consistance des contenus ou à des facteurs  incompréhensibles ? Dans les faits il y a la conjugaison de l’ensemble de ces éléments pour conduire à une situation qui ne donne plus une bonne image d’un domaine considéré comme un pilier du développement social.

 Les  discours officiels se veulent très rassurants et   on nous présente une situation mirobolante alors la réalité est franchement inquiétante.   Vu l’importance de l'éducation dans le tissu familial, chacun essaie de trouver sa propre solution. Les recours sont nombreux. Les parents toujours soucieux d’assurer, dans un élan de sacrifice, une formation la mieux possible à leurs enfants se tournent vers les institutions privées et  les cours de soutien.

 Il est un fait que l’enseignement public a perdu de son efficacité et même sa crédibilité à tel point que tous les citoyens qui ont la possibilité d’envoyer leur progéniture dans des établissements des missions étrangères et du secteur privé le font sans hésitation et sans tenir des coups souvent très exorbitants.     

Nous nous trouvons devant une situation inextricable où l’école publique se doit de redorer son blason puisqu’il y va de l’avenir des générations. Les dispositions de la Charte pour l’Education et la Formation ne trouvent pas la voie à leur application qui est, certainement, confrontée aux  problèmes des moyens et de la gestion rigoureuse. Même si il reste encore six années pour arriver au bout de la décennie de l’enseignement, sur certains plans, on peut considérer que le travail n’est pas encore entamé.

Nous estimons qu’il est temps de prendre son courage et définir  une politique claire et perspicace capable de nous sortir du tunnel.

3.           Le niveau linguistique des élèves :

Le niveau de l’expression écrite ou orale des élèves est réduit à son seuil le  plus bas.  La baisse du niveau linguistique s’accentue d’une année à l’autre. On est loin  de la comparaison qui peut être établie avec les années soixante et soixante dix. Certains imputent cette décadence à l’arabisation des matières scientifiques, mais qu’en est-elle la seule raison?

La réponse n’est pas totalement affirmative et même si cela est vrai il n’explique pas tous les maux, car dans les autres branches  le phénomène est, également, présent. Il faut rechercher les causes dans tout le circuit à partir des niveaux primaires.

La question qui se pose avec acuité est comment remédié à la situation et quelles sont les mesures  susceptibles d’apporter les solutions les mieux appropriées?

On peut penser par exemple à:

-         redonner aux langues leurs importances, revoir  les coefficients des langues

-         renforcer les volumes horaires quand cela est nécessaire

-         renforcer les ressources humaines compétentes en la matière

-         éviter l’utilisation des horaires de soutien linguistique pour d’autres fins.

4.                 La discipline dans les établissements scolaires :

On peut dire hélas que ce fléchissement au niveau de la rigueur est exploité par les élèves du secondaire surtout comme une faiblesse de l’administration. C’est un sujet qui commence à être préoccupant et à déborder en engendrant quelques débordements tels la question de la fraude, dont tout le monde parle, le non -respect des règles internes, la sécurité et d’autres aspects néfastes.

5.                 La généralisation anarchique du phénomène des   cours de soutien :

C’est un phénomène qui commence à prendre des proportions inquiétantes et tend à se généraliser. Son expansion commence à être considérée comme une source de revenus pour certains. Ce fléau constitue une réelle entrave à la marche de notre enseignement parce qu’il n’est pas simplement facultatif et volontaire mais il tend à être imposé par certains à l’intérieur des classes.

Le recours à des  cours de soutien peut être justifié dans des cas particuliers où l’élève a réellement besoin d’une assistance complémentaire  pour renforcer ses capacités. Mais de là à le systématiser et devenir une source de revenus. Cela doit combattu.

6.           Le manque d’équipements dans les établissements scolaires :

Les établissements scolaires souffrent de manque de moyens matériels les plus élémentaires, des fois,  leur permettant d’assurer des formations de bon niveau. Dans les disciplines scientifiques, par exemple, les  laboratoires  de travaux pratiques ne disposent du minimum pour réaliser les aspects pratiques nécessaires à une compréhension des phénomènes scientifiques.

Il y a d’autres aspects liés à l’évolution des méthodes pédagogiques et aux techniques de communication . Dans ce volet nous préconisons les mesures suivantes:

§        L’initiative de doter les lycées et les collèges de matériel informatique est louable, mais il faut en assurer l’encadrement pédagogique et généraliser l’opération.

§        De nombreux besoins liés aux moyens matériels trouveront certainement des solutions dans le cadre des budgets alloués et gérés directement par les Académies.

§        Mais ceci n’exclut pas l’obligation au niveau central de renforcer, le plus possible, les budgets de fonctionnements et d’investissements qui permettront de résoudre les problèmes réels que vit le secteur et répondre ainsi à l’attente du citoyen.

§        Le problème des contrôles et de suivi des travaux reste une source de pertes et de gaspillage des ressources disponibles. L’accent doit être mis sur une gestion rigoureuse.

7.                  La réduction des bourses de soutien :

C’est une question qui mérite une grande attention au vu de :

§        Son importance pour l’avenir des élèves et des étudiants. Dès le cycle du collège de nombreux élèves comptent sur la bourse pour accéder au niveau supérieur.

§        Son rôle pour les masses populaires et d’une grande importance car sans ce soutien une  majorité des citoyens ne peuvent espérer voir leurs enfants accéder aux études universitaires.

§        Tout le monde atteste que le mode d’attribution appliqué actuellement est complètement erroné et ne profite pas souvent à ceux qui en ont besoin.

§        La bourse pour accéder aux études secondaires doit être assurée pour les élèves venant du monde rural.

Nous soulignons avec force que les attentes sont grandes et en aucun cas nous ne pouvons être prétentieux de pouvoir résoudre tous les problèmes. Ce que nous manifestons ici c’est la prise de conscience populaire, la nécessité de l’action et la volonté d’aller au devant des problèmes.

 

Ø                  L’enseignement dans le Monde Rural

Le problème du développement dans le monde est traité dans divers chapitres de ce programme. L' éducation et la formation est une partie intégrante des problèmes dont souffre le monde rural. Nous estimons que le monde rural doit bénéficier d’une attention particulière en raisin de sa situation  qui n’a aucune commune mesure avec le secteur urbain.

Nous sommes allés à la rencontre des jeunes filles et des jeunes garçons qui voient leurs horizons fermés faute de pouvoir continuer leurs études et accéder à l’instruction une fois le primaire terminé. Nous sommes profondément touchés par le désespoir de ces jeunes filles avides d’aspiration pour le savoir pour lesquelles aucun espoir d’aller au collège ne se dessine à plus ou moins long terme. Est-ce que ces femmes et ces hommes de demain ne sont pas privés de leur droit constitutionnel à l’instruction ?

L’essentiel de ces éléments de Programme   Politique  est résumé dans les têtes des chapitres que nous donnons ci-dessous.

1.    L’instruction des jeunes filles des compagnes devrait être considérée comme  une priorité absolue.

2.    L’enseignement de Tamazight devient une préoccupation des populations qui intervenir pour renforcer la préservation de la culture et de l’identité nationale.

3.    L’adaptation  des enseignements à des particularités locales et régionales doit être prise en compte.

4.    L’enseignement professionnalisant doit être introduit de manière à le concilier avec les particularités et les réalités locales du milieu rural.

5.    L'éducation  doit s’inscrire l'esprit de base d’un enseignement, même élémentaire, de certaines techniques agricoles ou d’élevage permettront de relier l’élève à son milieu naturel.

6.    L’apprentissage des métiers doit aussi faire partie des programmes destinés au monde rural.

7.    Multiplier la création des internats afin de favoriser l’éducation des jeunes filles.

8.    Il est important d’encourager le système de bourse d’étude tout en veillant sur le système d’attribution. Cela constitue un support incontournable pour un grand d’élèves qui accèdent au Collège ou au Lycée.

 

Ø           L’enseignement de Tamazight

L’enseignement de la langue Tamazight est incontestablement une revendication qui est  en train de trouver sa voie vers une solution positive en sens que tous les acteurs politiques sont favorables et appel de vœu à sa satisfaction.

Restes que les modalités et les contenus des programmes doivent faire partie du chantier de la réforme. Les difficultés existent, mais le plus grand pas réalisé consiste en ce mouvement d’ensemble qui prend conscience que le tamazight fait partie de l’identité nationale et de la culture profonde du Maroc.

Dans ce même volet il ne faut pas oublier que la valorisation de la langue Tamazight passe par le lancement des chaires à l’Université sur le sujet. Il y a lieu d’encourager les équipes de recherche pour entamer des recherches à plus ou moins grande échelle sur la culture berbère et le patrimoine de Tamazight.

 

Ø           La lutte contre l’analphabétisme

 

C’est problème qui handicape, aujourd’hui le Maroc. En effet le nombre de marocains qui ne savent ni lire ni écrire, à l’entrée du troisième millénaire, représente encore un taux élevé dans la société marocaine..

Il va falloir adopter les mesures appropriées qui s’imposent en particulier :

*    Mettre fin le plus tôt possible à non scolarisation des jeunes entre 6 et 15 ans. Cela nécessite la mise en place d’un programme ambitieux qui nécessitera des moyens matériels et humains de grande importance qui pourrait alléger par le prolongement de la durée.

 

*    Le second volet consiste  à accentuer l’effort sur les programmes déjà mis en place dans certaines moquées du royaume. Mais l’opération doit généraliser et bien encadrée pour lui assurer l’efficacité.

 

Jeunesse et sport

Le Maroc est un pays jeune. C’est à la fois un avantage et en même un inconvénient. L’avantage réside dans le fait que cela constitue une force agissante à forte valeur ajoutée qui peut être utilisée à bon escient pour le développement socio-économique. Mais l’inconvénient se traduit aussi par les exigences de cette jeunesse qui sont multiples et touchent tous les domaines de la vie.

Ces exigences se traduisent par l’importance des besoins dans les domaines de :

L’éducation, la santé, l’habitat, l’emploi , les activités sportives et les loisirs.

Le Maroc a consenti d’importants efforts en faveur des jeunes marocaine pour répondre aux attentes pressentes de cette jeunesse. Mais la dimension des besoins et très élevée par rapport aux moyens disponibles.

Pour mieux essayer de contenir les problèmes et cerner les aspirations de tous les âges de cette jeunesse, il y a de prendre en ligne de compte les éléments suivants :

La population jeune continuera encore pendant plusieurs années à représenter une part importante de la population marocaine.

Les jeunes d’aujourd’hui constituent les adultes de demain et c’est sur eux que repose, assurément, l’avenir du pays.

§        Elle représente une frange essentielle de la population instruite.

§        Elle joue un rôle essentiel dans la dynamisation de tous les secteurs de l’économie :

Force de travail, de  conception, d’initiation de nouvelles dynamiques et de  conduite de nouveaux projets

La jeunesse marocaine et les enjeux pour :

La société, l’économie, la stabilité et la sécurité nationale, régional et internationale.

 

Pour répondre à ces enjeux, il faut intégrer dans les programmes de développement les humains les réponses les mieux appropriées pour satisfaire les exigences pressentes et les attentes exprimées par cette large frange de notre société dans les secteurs précédemment cités.

Notre parti, le Mouvement populaire, est parfaitement conscient de ces enjeux et intègre ces données dans sa stratégie politique. Il propose des solutions ambitieuses mais réalistes qui s’inscrivant dans la ligne de la dynamique de l’INDH et capable de rendre à l’activité politique sa crédibilité. Ce faisant, cela permet d’intégrer les jeunes dans le processus de démocratisation et d’implication dans le développement humain de notre pays.

Parmi les difficultés et les menaces identifiées, pour chacun des grands sous axes retenus (éducation, emploi, citoyenneté et accès aux droits), il convient de citer en particulier :

 

En matière d’éducation :

Ø Taux d’analphabétisme qui reste élevé, malgré les efforts accomplis et faibles niveaux de scolarisations, notamment en milieu rural et au niveau des jeunes filles et des jeunes femmes.

Ø Insuffisances en matière d’accès à éducation et la scolarisation (insuffisance des infrastructures et au niveau de la qualité de la formation et du contenu des programmes).

Ø Déficit en espaces équipés et aménagés au profit des jeunes pour des activités éducatives, sportives, culturelles, sociales, d’écoute des jeunes et d’appui aux jeunes en difficultés).

Ø Difficultés d’accès à l’information et faible taux de pénétration des nouvelles technologies.).

 

En matière d’emploi :

Ø Chômage et emplois précaires se traduisant par la pauvreté des familles

Ø Faiblesse et précarité de l’offre d’emploi pour les jeunes (chômage urbain de 20%, national 13 % - chiffres officiels en deçà de la réalité), obligeant des jeunes à émigrer (exode rural et émigration des cerveaux vers d’autres pays).

Ø Conditions d’emploi non sécurisantes, n’assurant pas une bonne valorisation des formations acquises et favorisant la préférence d’emplois auprès des administrations et la recherche d’emploi hors du pays.

En matière de citoyenneté :

Ø Marginalisation des jeunes : manque de confiance des responsables des pouvoirs publics et de la société marocaine envers la jeunesse (souvent désavantagés ou écartés sous prétexte de leur caractère subversif, ou de leur manque de maturité).

Ø Fragilité des jeunes par rapport aux risques de manipulation, notamment, par des mouvances extrémistes.

Sport

Les disciplines sportives ont une importance dans la société telle que leur intégration  dans les projets de développement, notamment, ceux axés sur les jeunes en situation vulnérable; la reconnaissance du sport comme une des priorités nationales à même d’aider à l’intégration sociale, à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie des populations défavorisées. Le sport peut de nos jours constituer une voie de promotion sociale. la mise en place de partenariats entre les pouvoirs publics, la société civile, les organismes de sport, les collectivités locales et le secteur privé est devenue une nécessité pour  promouvoir l’accès pour tous au Sport et à l’Education physique.

Le Maroc dispose de potentialités importantes dans toutes les disciplines sportives qu'il faut valoriser en créant pour les  jeunes les conditions favorables d'exercer leurs activités physiques , faire exprimer leurs potentialités et s'ouvrir de perspectives pour leur avenir. Par ailleurs, Le sport est une langue universelle qui a un  pouvoir fédérateur. Lorsque des jeunes participent à des activités sportives ou ont accès à l’éducation physique, ils peuvent déborder d’enthousiasme tout en apprenant les idéaux de l’esprit d’équipe et de la tolérance. On peut considérer maintenant le sport comme un secteur émergent sur le plan de l'économie sociale.

Le Mouvement Populaire intègre cette nouvelle donne de ce secteur dans son programme et met en avant une politique qui vise les principaux objectifs suivants:

-        Elargir la pratique du sport à travers le renforcement et l'extension des infrastructures sportives,

-         Assurer les moyens nécessaires pour une large pratique du sport dans les écoles, les collèges et les lycées en tant que pépinières  de la culture sportive,

-        Créer des instituts universitaires d'études  sportives pour la formation des cadres et athlètes de hauts niveaux.

Eau

Le contexte hydrologique du Maroc

Le contexte aride du climat du Maroc est principalement caractérisé par une irrégularité, tant dans l'année que d'une année à l'autre, très marquée des précipitations ainsi que par l'hétérogénéité de leur distribution. L'alternance de séquences d'années de forte hydraulicité et de séquences de sécheresse d'intensité et de durée variables, est un trait dominant du climat et des régimes hydrologiques du Maroc.

Le Maroc dispose de quantités appréciables d’eau de surface. La constitution des ressources en eau du Maroc résulte de plusieurs facteurs dont la position géographique baignée par l'Océan Atlantique et la Mer Méditerranée, la présence des hauts reliefs des montagnes de l'Atlas et les formations géologiques de surface et en profondeur. Sur l’ensemble des ressources en eau disponibles évaluées à 30 Milliards de m3, seuls 20 Milliards de m3 sont actuellement considérés comme mobilisables dans des conditions techniques et économiques acceptables. Ces potentialités sont réparties entre 16 milliards de m3 d’eau de surface et 4 milliards de m3 d’eau souterraine.

La stratégie de développement des ressources en eau

La construction de grands réservoirs de stockage des eaux de surface est la seule alternative permettant de maîtriser les flux importants d'eau qui interviennent pendant les périodes de crues, de les stocker, et de les utiliser selon un régime plus conforme aux besoins économiques et sociaux de la collectivité. Au delà des contraintes naturelles, le Maroc doit aussi faire face à un contexte d’utilisation de l’eau très sensible. D’une part, il faut faire face à des besoins en eau en rapide croissance suite aux exigences de la pression démographique et du développement économique et social. D’autre part, il est indispensable d'assurer la protection et la restauration de la qualité de l'eau.

Devant ces contraintes, le Maroc a adopté dans le domaine de l'hydraulique, pour les décennies à venir, une stratégie visant à assurer son approvisionnement en eau avec régularité et pérennité. Cette stratégie est centrée autour de la réalisation d’objectifs qui sont en cohérence avec les objectifs majeurs de développement durable du pays et qui concourent ensemble à l'amélioration des conditions de vie des citoyens. Ces objectifs ont pour but de :

• Faire face aux besoins et sécuriser l'approvisionnement en eau potable des populations urbaines et rurales ;

• Contribuer à la sécurité alimentaire du pays en favorisant le développement de l'agriculture irriguée ;

• Assurer la protection des populations et des biens contre les crues et les inondations ;

• Réduire la dépendance vis-à-vis de l'extérieur en valorisant les potentialités hydrauliques pour la production d'énergie hydroélectrique ;

• Promouvoir le développement régional en favorisant un accès équilibré à l'eau à travers tout le royaume.

Les efforts engagés en matière de planification de l’eau depuis le début des années 1980 ont pour objet d’organiser le développement des ressources en eau. Ils ont abouti à l’établissement de plans directeurs de développement des ressources en eau des bassins hydrauliques et seront complétés à court terme par l’établissement du plan national de l’eau, dont l'objectif majeur est d'aider à :

- Assurer une adéquation permanente et un équilibre durable entre les besoins et les ressources en eau disponibles ;

- Mettre en évidence les régions à déséquilibre entre besoins et ressources en eau et envisager les transferts d’eau appropriés entre régions excédentaire et régions déficitaires ;

- Disposer d'une stratégie opérationnelle pour les décennies à venir qui détermine aussi bien les options techniques d'aménagement, de gestion et de conservation des ressources en eau que les instruments institutionnels, juridiques et économiques visant à en assurer une utilisation économe et durable.

La priorité ainsi donnée, depuis plusieurs décennies, au développement des ressources en eau de surface a permis de doter le pays d'un patrimoine d'infrastructures hydrauliques composé, en 1998, de 92 grands barrages d'une capacité de stockage de l'ordre de 14,5 Milliards de m3 et de 13 systèmes de transfert d'eau d'une longueur totale de près de 785 km et d'une capacité totale de transport de 175 m3/s.

Le bilan dans les secteurs usagers L'eau potable

Les efforts consentis au cours des trois dernières décennies en matière de mobilisation des eaux ont permis d'améliorer d'une manière continue la desserte en eau potable des populations urbaines. En effet, la production d'eau potable pour les agglomérations urbaines a été multipliée par 5 entre 1972 et 1996, atteignant 840 Mm3 par an. Les barrages participent actuellement à hauteur de 60 % à la satisfaction de l'alimentation en eau potable et industrielle. Cette part ira encore en augmentant dans l'avenir pour faire face à des besoins qui croissent de 3 % en moyenne par an.

Pour relever le service de l’eau potable en milieu rural au même niveau que celui du milieu urbain, l’année 1995 a connu le lancement du vaste Programme d'Approvisionnement Groupé en Eau Potable des Populations Rurales (PAGER) visant à généraliser l'accès à l'eau potable en milieu rural dans un délai de 10 ans. Ce programme bénéficiera à 31.000 localités rurales abritant une population totale de l’ordre de 11 millions d'habitants.

La protection de la qualité de l'eau

L'un des aspects fondamentaux de la gestion concerne le suivi et la protection de la qualité de l'eau. En effet, le développement des activités économiques et sociales s'accompagne de divers impacts négatifs sur l'environnement. Cela nécessite que diverses activités visant la protection du patrimoine hydraulique contre la pollution accompagnent les programmes de gestion quantitative des ressources en eau. Il s’agit principalement d’activités relatives à la surveillance et au contrôle de la qualité de l’eau des retenues de barrages et des nappes souterraines, du soutien des débits de basses eaux par des lâchers appropriés à partir des retenues de barrages, de l’assistance technique aux collectivités locales pour le choix des sites pouvant convenir à l’implantation d'infrastructures collectives (décharges publiques, abattoirs, sites de stockage de déchets industriels etc…).

La maîtrise des phénomènes hydrologiques extrêmes : crues et sécheresses

L'une des caractéristiques majeures du climat du Maroc est le caractère structurel de l'occurrence de périodes de sécheresse. En vue de tenir compte de cette contrainte, les grandes retenues de barrages ont été dimensionnées pour assurer une maîtrise des apports d'eau lors des années humides en vue de leur utilisation durant une, voire deux années successives moins humides. Cette régularisation inter annuelle des eaux mobilisées permet de faire face à des séquences d'années de sévère sécheresse en assurant l'approvisionnement en eau potable du pays et sans trop affecter sa production agricole.