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Mouvement
Populaire
Programme
Economique
Février 2006
Coordination:
Comité de Rédaction :
Comité de finalisation :
Contributions :
Table de matières
1-
PREAMBULE : LE CONTEXTE GENERAL DE L’ECONOMIE NATIONALE
2-
ORIENTATIONS STRATEGIQUES ET EQUILIBRES MACRO ECONOMIQUES
1 Les orientations
stratégiques
2
Equilibres
macro – économiques
3. SECTEURS
CLEFS DE L’ECONOMIE NATIONALE
I- Stratégie industrielle du
Mouvement Populaire
1 - Faiblesses de l’industrie
marocaines
2 - Les forces
3 - Les facteurs de risque
4 - Les opportunités
5 -
L’analyse SWOT
6 - Quelles stratégies pour
l’industrie marocaine?
II - Secteurs clefs de
l’industrie marocaine
I- Secteurs industriels
émergents :
1 - Offshoring
2 - Automobile
3 - Electronique
4 - Aéronautique
III - Secteurs industriels stratégiques à consolider :
1 - Agroalimentaire
2 - Produits de la mer
3 - Textile
4 - Artisanat
IV - Le développement
agricole et rural
1 - Stratégie de développment
social
2 - Modèle de développement du
secteur agricole
3 - Axes stratégiques de
développement agricole
4 - Vers une autre politique
d’aménagement du territoire
5 - Mesures indispensables
d’accompagnement
V - Energie et mines
1 - L’énergie
2 - Les mines
VI - Habitat et BTP
Transport :
1 - Transport routier
2 - Sécurité routière
3 - Transport ferroviaire
4 - Transport aérien
5 - Transport maritime
Transferts des MRE
Tourisme :
1 - Vision 2010
2 - Vision 2010 : les six grands
chantiers
3 - Les défis à relever
Secteur des pêches
NTIC et Télécom
4.
STRATEGIE TRANSVERSALE: MESURES D’ACCOMPAGNEMENT
I - Protection de
l’environnement et des ressources naturelles
1 - Ressources naturelles
2 - Protection de
l’environnement
3 - Propositions du
MP pour la protection des ressources naturelles
4 - Zones de montagnes
5 - Les zones arides et
semi-arides
6 - Les oasis et la lutte contre
la désertification
7
- Lutte contre
la pollution
II - Réforme
du foncier
1 - Les structures foncières :
un facteur de blocage de la modernisation de l’agriculture et un
obstacle à la diffusion du progrès en milieu rural
2 - Politique du Mouvement
Populaire en matière de structures foncières
2 – 1 :L’unification des
régimes fonciers
2 – 2 :La levée des entraves
juridiques à la mobilité et à l’accès au foncier
2 – 3 : Inciter les agriculteurs
à travailler en groupe
Pour une meilleure gestion de
l’eau
La stratégie de développement des ressources en eau
Aménagement du territoire :
un facteur de
compétitivité face au défi de la mondialisation
Réforme fiscale
Réforme
financière et bancaire
Réforme
du système des retraites
Pour une stratégie de
développement du commerce extérieur
Gouvernance et lutte contre la corruption
Pour une meilleure réforme de
la justice
La politique d’incitation à l’investissement
Code la grève et flexibilité
de l’emploi
Ressources humaines : réforme plus rigoureuse du système
de formation
Enseignement supérieur
Recherche scientifique
Formation professionnelle
Gestion basée sur les
résultats
Réforme administrative
Le
Programme Economique du Mouvement Populaire
1-
PREAMBULE :
LE CONTEXTE GENERAL DE L’ECONOMIE NATIONALE.
Le programme économique du
Mouvement Populaire s’inscrit dans un contexte général peu porteur et
marqué par des éléments endogènes et exogènes défavorables .Il s’agit
notamment de la faible progression du taux de croissance, de l’explosion
du prix du pétrole, de l’aggravation des déficits du commerce extérieur.
Sur le plan international,
le contexte de l’économie
nationale est dominé par l’intensification du phénomène de la
mondialisation et par l’accroissement des flux des échanges de biens et
services et d’investissement à l’échelle planétaire. Le corollaire de ce
processus irréversible et universel est la régionalisation dans la
mesure où la globalisation s’articule autour de quelques grands pôles
régionaux. C’est dans ce cadre justement que l’UE poursuit son
élargissement à l’Est tout en renforçant ses liens avec ses voisins du
sud dont le Maroc avec la mise en place d’un espace de libre échange
Euro- méditerranéenne.
Sur le plan des perspectives-
économiques pour l’année 2006, l’activité de l’économie mondiale devrait
connaître selon les estimations du FMI une croissance de quelque 4,3%.
Ainsi, une certaine reprise est escomptée dans les pays de l’OCDE grâce
notamment au développement des échanges commerciaux et de
l’investissement international. De même, l’effet d’entraînement de la
croissance chinoise, japonaise et indienne serait important sur les
économies émergeantes.
En Europe, la reprise économique
prévue proviendrait de la faiblesse des taux d’intérêt conjuguée avec
une forte demande d’investissement en dépit des niveaux très élevés du
prix du pétrole et de l’appréciation de l’euro par rapport au dollar.
D’ailleurs, les insuffisances constatées au niveau des capacités de
raffinage qui s’ajoutent aux incertitudes géostratégiques (Irak, Iran,
Nigeria…) continuent d’alimenter les tensions sur les cours du pétrole.
De même, le desserrement des
conditions monétaires et le soutien budgétaire à la demande notamment
aux USA et surtout en Europe contribuent à
relancer l’activité économique mondiale.
Cependant la poursuite du rythme de
progression du commerce mondial qui continue de doper la croissance
internationale serait tributaire des progrès à réaliser en matière de
libéralisation commerciale à l’échelle multilatérale notamment dans le
cadre du cycle de Doha. La libéralisation du commerce international des
produits agricoles demeure l’un des principaux facteurs de blocage de ce
cycle de Doha. De même, les négociations en matière du commerce des
services connaissent beaucoup de difficultés. D’ailleurs la sixième
conférence ministérielle de l’OMC à HongKong en décembre 2005 n’a pas
débouché sur des avancées tangibles et significatives même si l’UE et
l’US ont accepté de
supprimer les subventions aux exportations agricoles à l’horizon 2013.
Le Maroc a fait de l’ouverture sur
l’extérieur un choix stratégique. Ce choix a été définitivement consacré
par son adhésion au GATT en 1987 puis la signature du traité portant
création de l’OMC en 1994 à Marrakech. Cette stratégie a été encore
renforcée par la signature et la mise en œuvre de multiples accords de
libre échange avec l’UE, les USA, la Turquie…
Sur le plan régional,
l’évolution de l’économie marocaine est fortement liée à l’espace
européen en raison de sa position géo-stratégique privilégiée et de ces
relations intenses et multiformes avec la zone Euro.
Globalement, cette zone bénéficiera
de conditions favorables à une amélioration de sa croissance économique.
Il s’agit notamment d’une demande externe croissante qui devrait
soutenir ses exportations, des possibilités de financement très larges
induites par la progression soutenue des bénéfices des entreprises.
Ainsi, en 2006, le PIB de la zone Euro progressait de
1,8% avec quelques écarts entre les différents pays dont les économies
ont tendance à se rétrécir. Ces écarts s’expliquent par des différences
dans le potentiel de croissance qui reflètent les difficultés plus ou
mois importantes rencontrées dans la mise en œuvre et la réussite des
réformes structurelles.
Il faut ajouter également qu’une
meilleure coordination des politiques monétaires et budgétaires dans ces
pays visant entre autre l’assainissement des finances publiques serait
de nature à générer une dynamique de croissance accrue dans cette zone
Euro.
C’est dans le cadre de ces
perspectives que l’ancrage du Maroc dans son environnement régional est
appelé à prendre de l’ampleur avec l’avancement dans le processus de
libre échange avec l’UE et de la mise en place de la nouvelle politique
de voisinage. Cet arrimage croissant à l’Europe a obligé le Maroc à
accélérer le processus de mise à niveau de son économie et la cadence de
ses réformes structurelles relatives au climat des affaires, à
l’administration publique, à la dynamisation du secteur financier, au
développement des secteurs sociaux…
Avec l’élargissement de l’UE à 25,
une nouvelle politique de voisinage a été proposée le 11 Mars 2005 par
l’UE à ses voisins de l’Est et du Sud dont le Maroc. Notre pays a
répondu favorablement à cette nouvelle politique qui correspond dans une
large mesure au statut avancé demandé par le Maroc et à l’engagement
européen vers un partenariat qui serait « plus que l’association et
moins que l’adhésion ».
Dans cette perspective, le Maroc et
l’UE ont signé un plan d’action couvrant six domaines : dialogue
politique et stratégique de haut niveau, coopération économique et
sectorielle et marché intérieur…Il s’agit d’un ensemble d’engagements
visant le rapprochement de la législation marocaine des standards
européens dans ce domaines favorisant par là une intégration plus
profonde du Maroc à l’espace européen.
Sur le plan national enfin,
la conjoncture économique est marquée tout d’abord par le
renchérissement sans précèdent de la facture pétrolière qui découle
aussi bien de l’accroissement en volume mais surtout de la hausse du
prix moyen de la tonne importée. Pour l’année 2005, les produits
énergétiques sont devenus les premiers à l’import et le prix moyen à la
tonne a augmenté de 42,4 % en s’élevant à 3394dhs à fin 2005.
Ensuite le ralentissement de
l’activité économique nationale peut s’expliquer également par les
fortes pressions concurrentielles extérieures réduisant par là nos parts
de marchés à l’export notamment au niveau du secteur textile/
habillement à la suite de la suppression des accords multifibres depuis
le 1- janvier 2005 et des rigidités structurelles de nos exportations.
En fin la demande étrangère
(surtout européenne qui évoluerait de 5,3% en 2006) adressée au Maroc
constitue toujours un facteur pénalisant pour l’économie nationale.
Cette conjoncture très difficile se
traduit par une grande faiblesse de la croissance économique nationale
dont le taux se situerait aux alentours de + 1,8% en 2005 et par des
déséquilibres inquiétants de nos échanges commerciaux. Ainsi le taux de
couverture des importations par les exportations serait de quelque 55%
en 2005.
En dépit de ces multiples facteurs
défavorables et pénalisants, certains éléments positifs pourraient
contrebalancer les effets de cette conjoncture très difficile. C’est le
cas notamment de l’orientation haussière des recettes voyages, de la
progression significative des recettes MRE, de l’amélioration continue
de l’attractivité de l’économie nationale…De même, la poursuite des
réformes structurelles dans le domaine financier, du climat des
affaires, de l’administration publique… permettraient de renforcer les
performances économiques et les progrès sociaux affichés par notre pays
à moyen et long termes.
Cette amélioration prévisible des
résultats socio–économiques en matière de croissance économique et de
développement humain suppose la maîtrise des équilibres
macro–économiques, la libéralisation des échanges, l’adoption d’un
régime de change souple et adapté, la mise à niveau du tissu productif
national…
2- ORIENTATIONS STRATEGIQUES
ET EQUILIBRES MACRO ECONOMIQUES.
Les orientations stratégiques du
Mouvement Populaire sont fondées sur des principes généraux qui
guideront l’action du parti dans tous les domaines de la gestion des
affaires publiques. Ces principes directeurs s’inscrivent dans le cadre
général de la préservation des équilibres macro économiques de notre
pays.
1-
Les orientations stratégiques
Les orientations stratégiques du
Mouvement Populaire partent d’une vision libérale, sociale et solidaire.
Cette vision est basée sur un certain nombre d’éléments qui seront à la
base de l’action de notre parti dans sa gestion des affaires publiques.
- Liberté de propriété et d’entreprendre dans le cadre d’un
libéralisme économique à visage humain. La promotion du secteur privé
qui constitue l’acteur principal et le moteur essentiel de notre
économie ainsi que sa mise à niveau doivent être l’une des grandes
priorités de notre parti.
Ce
mode économique dominant est considéré comme étant le plus à même de
développer les initiatives individuelles et collectives et de favoriser
les compétences et la créativité. Cette
stratégie devrait néanmoins être contenue par un certain nombre de
gardes fous afin d ‘éviter certains dérapages et leurs conséquences
fâcheuses en matière économique et
sociale
- Rôle de direction et de régulation de l’Etat : La vision du MP
au niveau du rôle de l’Etat dans l’économie nationale se résume dans la
formule « peu d’Etat, mieux d’Etat ». En effet, si les conditions des
décennies post indépendance ont obligé l’Etat à intervenir partout et
sous toutes les formes, les exigences actuelles incitent l’Etat à un
large retrait dans beaucoup de secteurs et d’activités économiques.>
Ceci ne veut pas dire que l’Etat n’est pas appelé à adopter des
politiques volontaristes dans des domaines stratégiques comme
l’investissement, le développement indutriel, le toursime, les grands
projets structurants, et surtout le développement humain mais il doit le
faire en garantissant la durabilité des interventions par le biais de la
capacitation des acteurs, l’adoption des mesures incitatives, la mise en
place des réformes nécessaires, et la garantie de l’accès aux sources de
financement et de l’assistance technique.
Dans ce domaine, il ne s’agit pas
pour le Mouvement Populaire d’un retrait total de l’Etat, mais beaucoup
plus d’un redéploiement des ses activités et de ses interventions dans
les domaine de direction, de régulation et de promotion des activités
économiques du secteur privé national et étranger.
Dans cette perspective, l’Etat
demeure le garant de l’intérêt général, le promoteur des orientations
stratégiques de la nation et le protecteur des individus et de la
société contre toutes les formes d’exploitation , d’exclusion, et
d’injustice.
Le désengagement de l’Etat doit
être effectif dans les domaines où le secteur privé est plus performant
et dans les activités productives de biens et services qui pourraient
obéir aux lois du marché et aux critères purement financiers et
commerciaux.
- Développement durable et préservation des ressources naturelles
nationales : La politique économique de notre parti fixe pour l’une de
ses priorités le développement durable. Tout développement doit se faire
dans le respect de notre environnement et la préservation des ressources
naturelles nationales. Les besoins des générations futurs ne doivent pas
être aucunement sacrifiées sur l’autel des gaspillages du présent.
- Une politique de croissance volontariste et soutenue:
L’émergence économique souhaitée repose sur la mise en œuvre d’un
certain nombre de leviers essentiels novateurs de nature à promouvoir
l’investissement, l’emploi et la création de richesses. Ces leviers
concernent en particulier la politique incitative de l’Etat,
le partenariat privé/publics, les contrats – programmes…, la
dynamisation de la diplomatie économique….
Toute relance économique visant la
résorption des déficits sociaux accumulés ainsi que la mise à niveau du
tissu productif national passe nécessairement par la capacité des
différents acteurs à mobiliser toutes leurs potentialités.
L’implication
des différents opérateurs socio économiques et la coordination des
multiples programmes seraient d’une extrême importance dans ce domaine.
-
Priorité à l’emploi et à la jeunesse : Le souci majeur du Mouvement
Populaire réside dans une lutte efficace et implacable contre le chômage
à travers une politique judicieuse de création massive d’emploi au
profit des jeunes diplômés et non diplômés. Le dépassement de ce grand
fléau social redonnerait la dignité à notre jeunesse qui est pleine de
dynamisme et de bonne volonté tout en lui ouvrant des horizons d’espoir
La réalisation d’un fort taux
croissance avec un niveau élevé d’investissement constitue la condition
préalable indispensable à toute véritable politique de résorption du
chômage. Dans ce cadre, la réorganisation et la gestion du marché de
travail, l’adaptation du système éducatif et de la formation
professionnelle aux exigences et aux besoins de l’économie s’avèrent
prioritaires dans notre stratégie en la matière.
- Politique de développement régional: L’un des piliers
essentiels de la stratégie socio- économique du MP est la mise en œuvre
d’une politique de développement régional équilibré et harmonieux. La
lutte contre les multiples déséquilibres spatiaux entre les différentes
régions, entre le milieu urbain /rural,
constitue l’un des principes directeurs de la stratégie
économique et sociale de notre parti. Celle – ci s’articulera autour des
principaux axes suivants :
-
Création des pôles sectoriels de développement local
et régional intégré ;
-
Accélération de la réalisation des infrastructures
de base en milieu rural : eau, électricité, pistes, écoles,
dispensaires…
-
Création et développement de nouvelles activités
adaptées aux spécificités locales comme l’élevage, l’agriculture des
zones arides et semi-arides et des oasis, l’artisanat, le tourisme
rural, la pêche côtière…
-
Initiation et mise en oeuvre d’un vaste programme
national de réforestation et de lutte contre la
désertification…
-
Application d’une véritable politique de répartition
équitable des richesses nationales et des fruits de la croissance
économique
- Développement humain et lutte contre la pauvreté : Le
développement économique doit mettre l’homme et la femme au centre de
ses préoccupations. Dans ce domaine prioritaire et stratégique, le M.P
adhère totalement à l’Initiative Nationale du Développement Humain
(INDH) lancée par S.M le Roi à l’occasion de son discours du 18 mai 2005. La réussite de cette initiative exige
l’engagement de tous les partenaires à tous les niveaux, l’amélioration
de la gouvernance publique, le renforcement de l’efficacité des
interventions publiques.
- Une stratégie nationale visant un
meilleur équilibre économique et un renforcement de ces assises à
travers la promotion des activités productrices de richesses et à forte
valeur ajoutée. De même, l’esprit et la culture d’entreprises doivent
être encouragés. La création d’entreprises doit constituer l’une des
grandes priorités du Mouvement Populaire dans ce domaine.
Par ailleurs, l’économie de rente dans tous les domaines doit
être éliminée progressivement de à manière créer les bases d’une
économie productive et saine.
- La gouvernance économique et les principes de la transparence
doivent guider l’action des différents acteurs et intervenants dans la
scène économique nationale : Etat, Entreprises et organismes publics,
secteur privé… De nouveaux modes relationnels doivent être mis en place
concernant notamment la gestion de la chose publique, les rapports de
l’Etat avec les opérateurs économiques…
2 - Equilibres
macro–économiques
Dans le contexte général de l’économie nationale, la stabilité du
cadre macro-économique global représente l’une des priorités de la
stratégie économique du Mouvement Populaire. Cette stabilité constitue
une condition nécessaire mais pas suffisante pour une croissance
économique soutenue, pour une amélioration de la compétitivité
du tissu productif national, pour une meilleure visibilité pour
tous les acteurs économiques.
Cette indispensable stabilité
impose la préservation des grands équilibres macro – économiques de
manière à contenir les
principaux indicateurs dans des limites raisonnables et soutenables :
- Un déficit budgétaire compris
entre 3 et 4 % du PIB dans l’objectif de ne pas aggraver la forte
contrainte financière de l’Etat et de la limiter dans des proportions
supportables financièrement.
Un déficit budgétaire trop faible prive l’Etat d’un instrument
essentiel de relance économique mais un déficit budgétaire élevé est
source d’effet d’éviction, d’alourdissement de l’endettement public et
de notation faible de la part des institutions de rating ce qui serait
défavorable à l’investissement étranger et aux efforts de financement
des projets et de gestion activeynamique
de la dette extérieure. Dans cette perspective, une politique de
rationalisation des dépenses publiques et d’élargissement des recettes
fiscales est seule de nature à consolider les finances publiques et à
créer des espaces budgétaires pour l’investissement et le développement
social.
- Un taux d’inflation qui ne
devrait pas excéder 3% par an de manière à ne pas éroder la
compétitivité des exportations nationales et à diminuer le pouvoir
d’achat de la population. Dans
un contexte national et international caractérisé entre autre par une
forte concurrence et par la nécessité de lutter contre la pauvreté et la
précarité, juguler le taux d’inflation représente un objectif important
de la stratégie économique de notre parti.
- Un taux d’endettement public
raisonnable qui ne doit pas dépasser 50% du PIB contre plus de 76%
actuellement. En effet, un taux d’endettement élevé se traduit par des
charges financières considérables en teRMEs d’intérêts et
d’amortissement qui alourdissent les dépenses publiques, accaparent une
part importante des ressources budgétaires et nuirent à l’image de
solavabilité du pays au niveau international.
Le recours massif aux emprunts
publics (surtout internes) pour financer les découverts budgétaires
ôtent également au secteur privé une grande partie de ses moyens de
financement surtout si la surliquidité actuelle serait atténuée par une
forte demande de financement de la part des acteurs privés.
La réduction progressive du taux
d’endettement public prônée par notre parti impose la poursuite de la
politique de la gestion active de la dette extérieure, la réduction du
recours à la dette intérieure par le biais de l’élargissement des
recettes budgétaires, l’amélioration de l’épargne budgétaire et la mise
en œuvre d’une vraie réforme fiscale.
Cette gestion prudente de la dette
publique devrait constituer une composante essentielle de l’amélioration
du cadre macro-économique global.
- Une maîtrise rigoureuse de la
masse salariale afin de réduire sa forte pression sur les finances
publiques. Ce qui représente un axe principal du programme de réforme de
l’administration publique proposée par le MP.
Il faut dire que celle–ci représente au Maroc quelque 13% du PIB
contre une moyenne de 9,8% dans les pays du Moyen Orient et de l’Afrique
du nord et seulement 7,7% dans les pays asiatiques.
Ce qui
pèse lourdement sur les finances publiques au détriment de ses
aspects économiques et sociaux.
Cette maîtrise doit s’appuyer sur
un redéploiement du personnel administratif, la poursuite de la
politique de départ volontaire
en ciblant les ressources humaines les moins productives mais
sans effet pervers ni sur le budget ni sur la solvabilité des caisses de
retraite, une révision de
la grille des salaires, et des systèmes des rémunérations, la réduction
des grands écarts existants entre les salaires.
- La recherche d’un certain
équilibre de nos échanges commerciaux dans
l’objectif de rééquilibrer notre
balance commercial dont le déficit atteint des niveaux très inquiétants
et qui ne cesse de s’aggraver d’une année sur l’autre. Celui-ci
représente une moyenne de 12,7% du PIB entre 2001 et 2004.
Ce déséquilibre provient d’une forte progression des importations
liéeà l’ouverture croissante de l’économie nationale tandis que
l’évolution des exportations connaît une décélération en raison
notamment de la faible performance du secteur textile/ habillement et du
repli des exportations des produits agricoles et des produits de
la mer. La
bonne santé des exportations dans le secteur des mines a eu un effet
modérateur mais pas suffisant.
Une politique agissante et
agressive pour le développement des exportations à travers la
dynamisation des actions et des stratégies d’exportation, la mise en
place d’un cadre incitatif pour l’encouragement des exportations, la
création de nouvelles zones franches seront l’une des priorités de la
stratégie économique et
commerciale de notre parti dans ce domaine.
3. SECTEURS CLEFS DE
L’ECONOMIE NATIONALE :
I -
Stratégie industrielle du Mouvement Populaire
L’industrie est appelée à jouer un
rôle prépondérant dans l’économie marocaine dans l’avenir. Ce rôle
dépendra d’une compréhension profonde des ses limites, ses atouts ainsi
que des facteurs exogènes qui sont susceptibles de l’influencer d’une
façon positive ou négative. L’adoption d’une politique volontariste et
proactive est nécessaire et découlera du diagnostic exhaustif qui a été
fait par McKinsey et a
abouti à l’élaboration du Plan Emergence, de développement stratégique
de l’industrie nationale. La mise en exécution de ce plan doit être
dynamique, agressive, basée sur les résultats et nécessitant un suivi
rigoureux et une capacité
d’adaptation rapide et soutenue. L’analyse de l’industrie marocaine à
partir de ses forces et ses faiblesses ainsi que des menaces et
opportunités qui existent dans son contexte aussi bien national
qu’international permettrait de dégager une idée sur l’influençabilité
positive des faiblesses (leur neutralisation ou leur transformation en
forces) et les possibilités de consolidation de ses forces en fonction
des menaces. Cette analyse doit également nous aider à dégager les
mécanismes de capitalisation des opportunités et les mesures
susceptibles d’immuniser le tissu industriel national
contre les facteurs qui menacent sa compétitivité, voire son
existence.
1 - Faiblesses de l’industrie
marocaine :
L’un des facteurs qui impactent
négativement sur l’industrie marocaine est la faible croissance de
l’économie marocaine durant les dix dernières années ainsi que sa
fragilité financière presque chronique. En plus, la contribution de
l’industrie marocaine au PIB national est moyenne (16 %) mais son rôle
dans la création de l’emploi est trop limité (12 %). Néanmoins, au
niveau des exportations, l’industrie joue un rôle primordial (50 % des
exportations).
L’industrie marocaine s’est ouverte sur le contexte international
mais cette ouverture a été peu maîtrisée à cause de la faiblesse du
tissu et la faiblesse de l’économie en général. Le tissu est fragmenté,
dominé par des structures de taille moyenne et petite (sans grands
meneurs de jeu), avec une prépondérance de l’actionnariat familial, un
degré faible de concentration, des capacités de développement limitées,
des structures de gouvernance assez faibles, espérance de vie de
l’entreprise très réduite et taux de performance très variable.
L’industrie marocaine connaît un taux faible d’investissement dû
à une sous-capitalisation continue. Le taux d’encadrement reste
également faible.
L’industrie marocaine est peu diversifiée avec une nette
dominance de deux secteurs, notamment le textile (20 % du PIB, 47 % de
l’emploi et 40 % des exportations) et l’agroalimentaire
(33 % du PIB, 21 % de l’emploi et 32 % des exportations).
Les obstacles qui entravent la consolidation demeurent
importants. L’informel continue à jouer un rôle prépondérant dans
l’économie et continue à se développer ce qui constitue un risque
permanent pour l’industrie et pour l’économie en général.
2 - Les forces de l’industrie
marocaine:
Les forces de l’industrie marocaine
concernent l’accès aux différents marchés et les différents accords de
libre échange. La proximité géographique, culturelle et historique du
marché européen est également un atout important.
La connexion logistique et en terme de transport est adéquate.
Une main d’œuvre moyennement qualifiée et bon marché demeure un avantage
par rapport à l’Europe.
3 - Les facteurs de risque
importants :
En plus du rôle grandissant de
l’économie informelle, l’industrie marocaine souffre de la faiblesse de
la demande intérieure. Les procédures et formalités administratives
lourdes,la non efficacité de l’administration et de la justice, et la
faiblesse de la recherche scientifique et technique sont aussi des
facteurs qui affectent négativement sa compétitivité. Le taux élevé de
la fiscalité et de l’énergie (+ de 15 % par rapport à la compétition)
constituent des obstacles à son développement.
La non flexibilité de l’emploi et l’accès limité aux matières
premières représentent également des handicaps supplémentaires.
4 - Les opportunités
essentielles :
Néanmoins, des opportunités
importantes existent pour l’industrie marocaine. Parmi celles-ci, on
peut citer l’influençabilité des facteurs négatifs, surtout la formation
de la main d’ouvre, le coût de l’énergie, le climat des affaires, la
mise en place des zones économiques et la taille de l’économie.
L’existence d’une volonté politique de réforme et l’adoption
d’une politique volontariste en matière de développement économique sont
susceptibles de créer un climat adéquat. Egalement important est la
prédisposition des industriels d’aller au-delà des réflexes du cosy
capitalism (capitalisme timoré). La proximité du marché européen ainsi
que la mise en place des ALEs avec l’Europe, les USA et la
Turquie et les quatre pays arabes membres de la Convention d’Agadir sont
également des atouts importants pour l’économie nationale.
5- L’analyse SWOT (forces,
faiblesses, opportunités et menaces) :
En analysant les forces et les
faiblesses en fonction des menaces et des opportunités, le Mouvement
Populaire note la possibilité d’influencer une bonne partie des
faiblesses à condition que le volontarisme soit maintenu sur le long
terme. Le Mouvement Populaire propose les orientations suivantes pour
les stratégies du développement industriel qui découleront de ce
volontarisme:
-
Revoir le rôle du Maroc dans les circuits de
l’économie mondiale et apprendre de l’expérience de pays comme la
Chine, l’Inde, et la Turquie.
-
Les
équilibres macro-économiques doivent être maintenues et renforcées
par la réduction du déficit budgétaire à 3,5 % à l’horizon 2009
(surtout en mettant en place une réforme fiscale courageuse
susceptible d’élargir l’assiette fiscale tout en renversant ou au
moins freinant le développement de l’informel), la réduction de la
dette intérieure (avec l’augmentation des recettes fiscales le
recours aux bons de trésor est potentiellement appelé à stagner) et
la réduction du déficit de la balance commerciale (tributaire de la
croissance des exportations surtout dans les domaines des mines, des
pêches, de l’agroalimentaire et du textile).
-
Il est nécessaire de poursuivre la politique des
grands chantiers de réforme et de développement économique et social
mais avec plus de rigueur en matière de planification, de gestion et
de suivi
-
La modernisation de l’économie marocaine et le
renforcement de sa compétitivité surtout dans un monde de plus en
plus globalisé est vitale
pour la stratégie de développement industriel
-
Le gouvernement doit travailler en partenariat avec
les industriels en adoptant une attitude proactive et en étant
fortement impliqué.
-
Les stratégies industrielles que le Mouvement
Populaire propose mettront l’accent sur les secteurs porteurs qui
joueront un rôle de locomotive et qui devront contribuer d’une façon
significative à la croissance de l’industrie durant les dix
prochaines années. Les ressources financières et humaines étant
assez limitées, le ciblage rigoureux est recommandé et doit porter
dans une première étape sur quatre secteurs à consolider
(agro-alimentaire, textile, artisanat et produits de la mer) et
quatre secteurs émergents mais à forte valeur ajoutée (électronique,
offshoring, aéronautique, automobile) .
-
Les secteurs à consolider gagneraient énormément
d’une modernisation du tissu. Les secteurs émergents quant à eux
nécessitent la mise en place de structures et de politiques
susceptibles de les pousser en avant. Le maintien de l’équilibre
entre ce qui est à consolider et ce qui est émergent est important.
-
La mise à niveau doit être plus positive et
proactive plutôt que réactive à l’échéance 2012 (date de la mise
enplace de la zone de libre échange avec l’Europe). Les mesures
prises dans le cadre de la mise à niveau n’ont eu jusqu’ à
maintenant qu’un impact mitigé. Ces mesures doivent être
renforcées, modernisées, et développées et doivent cibler en
priorité les secteurs porteurs et les aspects susceptibles de donner
un coup de fouet à la modernisation du secteur. Ceci veut dire que
l’allocation des ressources doit être gérée d’une façon stratégique
selon les enjeux en question, l’importance du secteur (en terme
d’emploi, d’exportation, de valeur ajoutée et de contribution au
PIB) ainsi qu’en terme des priorités prédéfinies. La stratégie de
mise à niveau doit porter essentiellement sur l’amélioration de la
gestion technique et le management, l’accès durable et simplifié au
financement (tout en évitant le surendettement de l’entreprise), la
création d’un climat d’affaires favorable (surtout au niveau de la
fiscalité, des contrats programmes, et de la lutte contre
l’informel), le renforcement du tissu par le biais de la
consolidation et la mise en place
des partenariats solides et durables…
-
Sans des réformes sérieuses au niveau transversal,
notamment en matière de fiscalité, de la flexibilité de l’emploi, de
l’administration, de l‘éducation et de la formation, de la justice
et de l’énergie, les mesures liées aux aspects intrinsèques du
secteur seraient insuffisantes.
Les axes
stratégiques du développement de l’industrie marocaine
Les stratégies doivent avoir comme
objectif la modernisation et l’augmentation de la compétitivité. Les
moyens consentis doivent être à la mesure
des résultats escomptés et doivent être bien ciblés afin de
produire le meilleur impact possible en mettant l’accent sur les
acteurs, les zones et les secteurs clefs de l’industrie marocaine. Ces
stratégies doivent être basées sur une refonte radicale de la mise à
niveau qui visera l’ensemble des aspects de modernisation, sur un choix
rationalisé des mesures et outils adéquats, sur le groupement des
entreprises avec des objectifs appropriés, et sur la mise en place des
critères tangibles et objectifs (tout en visant la croissance en terme
d’emploi, d’exportation et d’investissement).
Au niveau du financement, il faut
consolider les mesures entreprises pour améliorer l’accès au FOMAN
(réduction de l’apport en fonds propres, l’augmentation de la
contribution du FOMAN, la comptabilisation des investissements
immatériels comme la formation et autres, la simplification des critères
d’éligibilité et
l’élargissement aux secteurs émergents) et au FGRF (Fonds de la Garantie
de
la Restructuration Financière qui apporte une garantie
institutionnelle au retraitement de la dette).
Au niveau de l’assistance
technique, le Parti entend renforcer le repositionnement de l’ANPME
(Agence Nationale des Petites et Moyennes Entreprises)
en adaptant ses services aux besoins, en augmentant la capacité
des associations professionnelles et en renforçant la communication et
la promotion et en promouvant l’expertise nationale.
Ce plan stratégique vise la
modernisation de l’industrie et de l’économie afin de faciliter
l’investissement, la production et l’exportation. Les retombées sur
l’emploi et le PIB seront importantes. La vision se base sur une
approche sectorielle et des mesures d’accompagnement adéquates qui
visent des grandes réformes sérieuses entreprises
par le gouvernement dans le cadre d’une politique volontariste.
Ce plan donnera plus de visibilité et permettra de gagner la confiance
des investisseurs et favorisera le partenariat, la concertation et la
gestion dynamique des politiques et plans d’actions.
II -
Secteurs clefs de l’industrie marocaine
I - Secteurs industriels
émergents
1 - Offshoring :
Selon le rapport McKinsey, la
proximité géographique et la connaissance des cultures et langues
européennes font de l’offshoring un secteur naturel pour le Maroc avec
des possibilités énormes de croissance. Une politique volontariste dans
ce sens est susceptible de générer un chiffre d’affaires de 2 Milliards
de dollars à l’horizon 2012 et plus de cent mille emplois. Le coût
marocain est avantageux et les ressources humaines moyennement
qualifiées mais potentiellement susceptibles d’amélioration dans le
cadre d’une meilleure réforme universitaire et un partenariat dynamique
et efficace entre les prestataires de la formation et le monde des
affaires. Les langues qui sont à la portée du marché marocain sont
l’Espagnol surtout au Nord, le Français au centre et potentiellement
l’Anglais surtout sur les
axes Meknes-Ifrane-Fes et Kenitra-El Jadida.
2 - Automobile :
Le Maroc peut-il jouer le même rôle
par rapport à l’Europe que le Mexique joue par rapport aux USA ? C’est
tout à fait possible surtout par rapport à l’Espagne et le Sud de la
France qu’on peut atteindre en moins de trois jours à partir de Tanger.
La mise en place d’unités d’équipement en première monte ainsi
que des unités d’assemblage et de pièces de rechanges au Nord du Maroc
alimentera les besoins des quelques trente unités de production
situées en Espagne
et au sud de la France et qui produisent presque 7 millions de véhicules
par an. Si la Turquie et
l’Europe de l’Est sont des fournisseurs naturels de l’Allemagne, le
Maroc ne sera pas rivalisé sur l’Espagne et
la France. A
long terme, il devra viser l’Italie et le Royaume Uni, surtout avec la
création de lignes maritimes à partir du nouveau port de Tanger. Un
milliard de dollars à l’horizon 2012 (avec à peu près 70 milles emplois)
est à la portée du Maroc avec la possibilité de doubler ce chiffre
d’affaires à l’horizon 2020. Ce bilan n’est possible qu’à l’aide d’une
politique volontariste, une gestion dynamique, une politique de
promotion et le développement de la demande intérieure.
3 - Electronique :
Un marché à forte valeur ajoutée et
susceptible de connaître une croissance importante au Maroc. Une
politique volontariste entraînera une croissance en chiffre d’affaires
de plus de 100 % et la création de quelques 20 milles emplois à
l’horizon 2012. Le potentiel existe surtout en électronique spécialisée
intégrée mais à long terme l’électronique de grande masse reste un
potentiel à explorer.
4 - Aéronautique :
C’est un secteur appelé à connaître
une croissance importante. Déjà, on note l’existence de grandes marques
internationales importantes qui se sont installées au Maroc. Il n’est
pas difficile d’atteindre les quelques 15 mille emplois à l’horizon 2012
comme bilan d’un volontarisme affiché.
III - Secteurs industriels
stratégiques à consolider:
1 - Agroalimentaire :
En agroalimentaire, le Maroc dispose d’un avantage compétitif
important qu’il faut consolider. Cet avantage concerne surtout la
transformation des produits de la mer, les fruits et légumes, les corps
gras et les boissons. Le taux de croissance sur cinq ans n’est pas aussi
important que celui des secteurs émergents
(surtout au niveau des emplois: un peu plus de 6 milles emplois)
mais l’ampleur du secteur est très importante : 80 mille emplois et 2
milliards de dollars de chiffres d’affaires. Les potentiels de
croissance de 0,5 milliard de dollars est réalisable mais ce secteur
reste fragmenté et handicapé par la non disponibilité des matières
premières et le manque de prévision et de planification des contrats
d’approvisionnement à long terme de la part des industriels.
Les potentiels de développement des
fruits/légumes et corps gras peuvent être réalisés par le développement
accéléré des filières à fort potentiel comme les maraîchages, les
herbes/épices et petits fruits, l’investissement en nouvelles branches
comme les produits bio et les plats cuisinés et la réinvention de la
place du Maroc sur les filières où il peut être naturellement compétitif
comme l’huile d’olive, huile d’argan et jus d’orange.
2 - Produits de la mer :
Le Maroc est leader dans ce domaine
par rapport à
la compétition. Le secteur est appelé à connaître 100 %
de croissance en PIB et plus de 60 % en termes d’emploi à l’horizon
2012. L’accent doit être mis sur l’optimisation des pélagiques, le
développement du décongelé (avec approvisionnement régulier), le
développement des produits haute gamme et l’investissement en plats
cuisinés ou marinés et les produits à valeur pharmaceutique. Comme
l’agroalimentaire, ce secteur souffre des problèmes d’approvisionnement
qui nécessitent une stratégie de diversification d’accès aux matières
premières.
3 - Textile
Le textile reste un secteur
stratégique pour l’industrie marocaine aussi bien en terme
d’exportations que d’emploi. La fin de l’accord multifibre depuis le 1er
Janevier 2005 et la montée de la Chine représentent des menaces réelles
mais une politique volontariste et une modernisation de la compétitivité
du secteur auront comme effet la transformation de ces menaces en
opportunités sur le court et moyen termes. A cibler en premier lieu,
l’intégration basée sur la logique des filières et
l’encouragement de l’investissement. Les mesures incitatives doivent
comprendre les facilités douanières, l’accès facile aux plateformes
d’exportation et une amélioration du transport et de la logistique. La
modernisation compétitive du secteur comprendra l’ accès facile au
financement, la formation des ressources humaines, la réduction du coût
de l’énergie, l’assistance technique axée sur l’amélioration de la qualité. Une
politique volontariste doit cibler également la diversification des
marchés, la promotion et le renforcement du fond de promotion du
secteur.
4 - Artisanat
L’artisanat constitue également un secteur stratégique. Il joue
un rôle socio-économique très important dans l’économie nationale. Sur
le plan économique, l’artisanat contribue à hauteur de 10% au PIB et
représente 5% des exportations. Sur le plan social, le secteur emploie
1,5 million de personnes et fait vivre 6 millions
d’habitants, soit le cinquième de la population nationale. C’est
la seconde activité pourvoyeuse d’emplois après l’agriculture.
C’est également un secteur qui
regroupe 250 métiers et qui joue un rôle essentiel dans la promotion du
patrimoine culturel et artistique national .Il constitue un véritable
répertoire d’arts traditionnels.
En raison de sa place déterminante au sein de l’économie
nationale, une attention
particulière doit lui être
accordée par le Mouvement Populaire en vue d’assurer sa
modernisation et son développement. Ainsi des efforts importants
seraient entrepris dans cette perspective en vue de dépasser les
multiples contraintes qui continuent d’entraver son évolution et
risquent à terme de mettre en danger son existence et sa pérennité
Parmi ces contraintes, le Mouvement Populaire met l’accent en
particulier sur :
-
les conditions de travail très difficiles des artisans (problèmes des
locaux professionnels, absence d’une couverture sociale appropriée…) ;
- La grande dépendance des artisans vis à vis des intermédiaires
aussi bien en amont qu’en aval ;
- L’insuffisance qualitative des ressources humaines des artisans
en termes d’apprentissage, de formation professionnelle et de formation
continue ;
- Les grandes difficultés rencontrées en matière de
commercialisation des produits artisans tant sur le marché interne que
sur les marchés étrangers ;
-L’emploi des enfants dans le
secteur constitue une source de nuisance quant à «l’auditabilité
sociale» du secteur
Autant de contraintes qui expliquent le marasme du secteur et sa
perte de compétitivité et de rayonnement national et international.
Afin de faire sortir ce secteur de sa léthargie, un plan d’action
de relance et de dynamisation du secteur doit être initié et mis en
oeuvre. Il s’agit de donner
à ce secteur un véritable rôle économique parallèlement à sa vocation
sociale :
- En rationalisant les activités tout en mettant l’accent sur les
potentialités compétitives des différentes filières artisanales ;
-En réorganisant les métiers de manière à les préserver et à
assurer leur pérennisation
et leur créativité ;
-En renforçant la
promotion des produits artisanaux au moyen d’une stratégie commerciale
efficace et ciblée des différents marchés du secteur ;
- En améliorant
l’apprentissage et la formation professionnelle
afin de promouvoir
les qualifications des artisans et de renforcer leurs aptitudes
d’innovation à travers une véritable mise à niveau;
- En développant les infrastructures du secteur tels que les
zones d’activités et villages d’artisans,
restauration des ensembles artisanaux…
- En reformant les chambres artisanales …
L’artisanat ne doit plus être considérée comme une simple
activité vivrière mais également un secteur qui renferme des
potentialités de développement et de création de richesses appréciables.
IV -
Développement agricole et rural
1 - Stratégie du Mouvement
Populaire
Conscient de l’ampleur des enjeux
que confrontent l’agriculture et le monde rural au Maroc à savoir ceux
de l’ouverture et de la mondialisation des échanges, de l’emploi et de
la lutte contre la pauvreté et ceux de la sécurité alimentaire, et
partant du constat des acquis et des échecs enregistrés dans les
domaines agricole et rural, le Mouvement Populaire préconise une
stratégie de développement agricole et rural volontariste et réalisable
fondée sur les principes directeurs et options suivants :
·
Le secteur
agricole et le monde rural recèlent des potentialités et des marges de
progrès en fiche en mesure, si elles sont exploitées, de réduire la
pauvreté et contribuer au développement économique et social du pays. La
vocation agricole du Maroc demeurera à long terme une constante
importante dans la détermination du PIB et constituera par conséquent un
enjeu fondamental dans la formulation et la mise en œuvre des politiques
économiques et de la politique agricole en particulier ;
·
L’adoption de
la multifonctionnalité de l’agriculture comme approche, étant donné que
cette multifonctionnalité peut avoir des
rôles qui ne se limitent pas uniquement à la simple fonction
productive, mais également des fonctions sociale, sociétale,
environnementale et culturelle, etc… ;
·
un agriculture
moderne et compétitive, libéralisée et ouverte sur le marché de manière
raisonnée et maîtrisée dans le temps pour mieux développer sa
compétitivité et réduire les risques de la marginalisation de la petite
exploitation des ruraux moins compétitifs ;
·
la promotion de
l’agriculture familiale et la préservation de ses spécificités en raison
de son rôle notamment dans l’emploi, la gestion de l’espace rural, la
cohésion de la société et dans la valorisation des ressources et du
savoir-faire locaux ;
·
la
consolidation du développement rural et du secteur agricole est l’un des
fondements stratégiques du projet de société du Maroc ; et
·
nécessité d’une
politique agricole et rurale spécifique, volontariste et intégrée. Le
désengagement de l’Etat tant prôné dans le processus du libéralisme ne
signifie pas un retrait de l’Etat, bien au contraire, un plus de
mieux d’Etat pour faciliter et inciter à l’investissement et en même
temps soutenir les adaptations et limiter les risques d’une
libéralisation et ouverture sauvages.
2 - Modèle de développement du
secteur agricole
Le modèle de développement agricole
et rural choisi par le MP dans le cadre de sa stratégie s’articule
autour des deux orientations:
-
Promouvoir une agriculture moderne, compétitive
ouverte sur le marché, mais associée étroitement à une politique de
développement rural cohérente et opérationnelle, visant le
développement humain, l’équilibre social, l’efficacité économique et
la participation démocratique ; autrement dit, assurer, comme
l’ajustement recommandé S.M Le Roi Med VI, la transition
d’une agriculture traditionnelle vers une agriculture moderne
-
Inscrire le développement agricole et rural dans un
champ plus large de réflexion et d’enjeux (ruralité, aménagement du
territoire et de l’espace, types de relations villes-campagnes) et
donner un sens et un contenu opérationnel au concept de
développement rural.
3 - Axes stratégiques de
développment agricole
Les axes suivants doivent servir de
toile de fond à ce modèle:
-
allocation efficiente des ressources (eau, terre,
main-d’œuvre, capital,…), utilisation des nouvelles technologies et
amélioration de la
productivité des facteurs de production en vue d’accroître la
performance de la production agricole dans toutes ses composantes
végétales et animales ;
-
diversification et territorialisation des systèmes
de production (conventionnelle et biologique) sur la base d’une
meilleure valorisation des avantages comparatifs et un développement
de niches à forte valeur ajoutée et de débouchés porteurs aussi bien
au niveau du marché national qu’à l’export ;
-
structuration des filières à grands enjeux
économiques et à haute valeur-ajoutée et intégration à
l’agro-industrie ;
-
amélioration des conditions de vie des populations
avec, d’une part, le développement des infrastructures et des
services locaux dans le cadre d’un aménagement raisonné du
territoire et d’autre part, la promotion de la décentralisation et
incitation à la création d’activités créatrices d’emploi et
génératrices de revenu; et
-
gestion durable des ressources naturelles qui sont
la base de production des ruraux, la protection de l’environnement
et des paysages ainsi que le choix de systèmes de production adaptés
et moins vulnérables à la sécheresse.
4 - Vers une autre politique
d’aménagement du territoire
Le résultat attendu de cette
stratégie de développement agricole et
rural est de créer des richesses en milieu rural à même d’assurer
un emploi rémunérateur et de garantir un revenu décent et partant
favoriser le bien-être des agriculteurs et des ruraux.
La stratégie que Le Mouvement
Populaire préconise à l’avenir, a pour souci majeur, et l’aura davantage
à l’avenir, de soutenir l’agriculture dans les régions de montagne et
dans les régions défavorisées, avec comme objectifs de mettre un frein à
l’exode agricole et à l’exode rural.
Notre stratégie défendra l’idée
d’une autre politique d’aménagement du territoire. Les nouvelles
technologies de communication et du transport rapide sont de nouveaux
facteurs de compétitivité et permettent de retrouver une meilleure
cohésion sociale à moindre coût.
La transition d’une agriculture
traditionnelle à une agriculture moderne ne doit pas signifier la
déclaration de l’arrêt de mort de l’agriculture familiale, qui est le
pivot de l’économie rurale. Comme le montre le vécu de certains pays du
Nord et du Sud, la ruralité de ces sociétés est restée vivace et
sauvegardée grâce aux capacités d’adaptation et d’innovation et à
l’efficacité économique (productivité du travail élevée) des petites
exploitations familiales.
Au Maroc, l’agriculture
traditionnelle et familiale peut encore constituer, moyennant soutien et
appui, un facteur de maintien d’une population rurale importante et en
même temps un filet de sécurité social décisif dans un environnement
économique et social incertain et changeant. Ces forces de l’agriculture
familiale au Maroc méritent d’être soulignées et peuvent servir de
levier à toute stratégie nationale de développement économique et
social. Face aux changements rapides du contexte mondial et aux défis de
l’ouverture de l’économie agricole et rural d’une part, et aux
impératifs de satisfaire une demande alimentaire croissante et d’assurer
des revenus et donc des emplois d’autre part, les agricultures
traditionnelles sont dans l’obligation de maîtriser l’adaptation de
leurs outils de production et d’explorer leurs forces intrinsèques.
Elles sont appelées à mieux s’organiser pour améliorer leurs capacités
techniques et de gestion et renforcer leur pouvoir de négociation avec
les organismes de crédit et de commercialisation afin de défendre leurs
intérêts.
Partant du fait que le monde des
agriculteurs est pluraliste, en ce sens qu’il comprend des catégories
dont les stratégies et intérêts diffèrent profondément, le Mouvement
Populaire veillera à une différenciation au niveau des actions, entre
les exploitations agricoles orientées vers l’autosubsistance, la petite
exploitation familiale dont une partie de la production est destinée au
marché et les exploitations commerciales spécialisées dans les
spéculations agricoles.
Comme nous l’avons souligné,
les pays qui ont
systématiquement mis en œuvre des politiques et des programmes de
soutien aux petites exploitations agricoles (Corée du Sud, Taiwan,
Malaisie, l’Indonésie, la Chine), ont connu un succès en matière du
développement rural et de réduction de la pauvreté. Ce sont des
pays qui ont réalisé des investissements importants dans
l’infrastructure agricole et la technologie agricole. Ils ont également
soit taxé légèrement soit pas du tout leurs secteurs agricoles par
discrimination directe (impôt) ou indirecte (politiques des prix
agricoles favorables).
5 - Mesures d’accompagnement
indispensables
La stratégie du Mouvement Populaire
pour le développement agricole et rural suppose une forte implication de
la profession agricole et du secteur privé. Leur engagement ne peut être
acquis si un certain nombre de conditions ne sont pas réunies, à savoir
en particulier :
-
l’amélioration des conditions et du climat de
l’investissement ;
-
le traitement de la dette ;
-
le développement des services financiers privés dans
les zones rurales, principalement là où la pauvreté est dominante
(micro-crédit) ;
-
la promotion des associations privées, telles que
les organisations des producteurs, les associations commerciales,
les chambres du commerce, ainsi que la coopération public-privé.
Si les moyens de l’Etat au Maroc
sont relativement limités, notamment financiers, pour mettre à niveau
son agriculture et opérationnaliser sa politique de développement rural,
il n’en demeure pas moins que des instruments alternatifs peuvent être
utilisés pour atteindre ces objectifs. Il s’agit en effet, (i)
d’outils macro-économiques (taux de change, taux d’intérêt, fiscalité,
etc…), (ii) de réformes de structures (foncier,
commercialisation, gestion des infrastructures publiques, systèmes de
financement, gestion du risque climatique,…), (iii) de leviers de
la gouvernance portant sur la démocratisation, la décentralisation et la
participation des acteurs, et (iv) du levier de l’eau
d’irrigation en tant qu’instrument d’orientation de la production.
- Conditions critiques de
développement
En conclusion, le Mouvement
Populaire estime que le devenir de l’agriculture et du monde rural
demeure lié à un certain nombre de conditions, parmi lesquelles :
-
la capacité des gouvernants et décideurs à
promouvoir des connaissances et des techniques nouvelles en tant que
conditions d’un développement durable ;
-
le renforcement des capacités des organisations de
producteurs, des autres acteurs du privé et des pouvoirs centraux et
locaux pour assurer des fonctions essentielles tels que :
-
le pilotage
effectif des actions du développement rural et de l’agriculture en
particulier à partir de la base ;
-
la maîtrise de
l’amont et de l’aval de la production ;
-
la capacité des
acteurs de base à être des chefs d’entreprise, notamment en faisant
valoir le professionnalisme en réponse à des préoccupations majeures
comme la productivité, la compétitivité et la durabilité ;
-
la maîtrise par
les acteurs de base des questions relatives à la gestion durable des
ressources naturelles et à la préservation de l’environnement.
V - Energie
et mines :
Le secteur de l’Energie et Mines
tient une place de choix au sein de l’économie nationale en tant que
facteur de développement économique et social. En effet, ce secteur
participe à hauteur de 15% au PIB national, représente 18% de la valeur
de nos exportations, contribue avec 13 ,5 milliards de dirham aux
recettes fiscales et offre près de 65 000 emplois
directs. Pour ces raisons, le mouvement populaire accorde un
intérêt particulier à ce secteur et considère
que son essor doit faire partie de toute stratégie de
développement économique et social du pays.
1 - L’énergie
En matière de l’Energie, le Maroc est dépendant de l’extérieur
pour la quasi-totalité de son approvisionnement (95%).
Pour faire face à cette dépendance
le Maroc a développé une stratégie adaptée qui s’articule autour des
principes suivants :
Ø
Sécurité de
l’approvisionnement à travers la diversification
des formes d’énergie utilisée et des sources d’approvisionnement,
la complémentarité du raffinage local et de l’importation des produits
raffinés et enfin le relèvement des niveaux des stocks stratégiques.
Ø
Développement
des ressources énergétiques locales à travers l’intensification de
l’exploration pétrolière et le développent des énergies renouvelables.
Ø
Recherche du
meilleur coût en favorisant les secteurs productifs et en tenant compte
du pouvoir d’achat des consommateurs.
Ø
Extension de
l’accès à l’énergie notamment à travers l’électrification rurale (PERG)
Ø
Préservation de l’environnement
(énergies alternatives à celles qui dégradent les ressources
naturelles).
Ø
Répondre à la
demande énergétique à travers l’anticipation des équipements et des
infrastructures nécessaires à la satisfaction des besoins en énergie.
Ø
Libéralisation
et restructuration des filières énergétiques.
La mise en œuvre de cette stratégie
se déroule selon un plan d’action spécifique pour chaque composante :
-En matière d’électricité :
Dans ce domaine, le Maroc a réalisé
d’importants projets et d’autres sont en cours ou programmés en vue de
consolider la capacité électrique globale du pays et lui conférer plus
de flexibilité :
·
Station
d’AFOURER
·
Station de
TAHADART
·
Doublement de
la capacité de connexion avec l’Espagne
·
Augmentation de
la capacité de connexion ave l’Algérie.
·
Station
d’ALWAHDA avec le gaz naturel
·
Développement
de l’énergie Eolienne.
L’électrification rurale dans le
cadre du PERG a été une des réalisations remarquables dans ce domaine,
puisque elle atteint le niveau de couverture de 81% en 2005 et sera
généralisée en juin 2007.
- En Matière de Pétrole
Les efforts dans le domaine du
Pétrole ont concerné l’intensification de la recherche et le
développement des industries de raffinage, de réception, de stockage et
de distribution. En matière de recherche, 20 sociétés opèrent
actuellement au Maroc, 72 permis de recherche on été accordés ainsi que
5 permis de prospection. Ainsi, les investissements dans l’activité de
la recherche pétrolière on atteint 1,2 milliards de dirham en 2004.
En matière de raffinage une
convention d’investissement a été signée en Décembre 2004 entre le
gouvernement et la société SAMIR pour un
montant de 6 milliards de dirhams. De même, la capacité de réception a
été renforcée dans les différents ports du pays.
-
En matière de
Gaz naturel
La mise en service en Janvier de
2005 de
la station Tahadart
constitue le début de l’utilisation effective du gaz naturel. Dans ce
domaine, il a été procédé à l’augmentation de la capacité du gazoduc
Maghreb-Europe de 8,5 à 12 milliards de m³.
-
En matière
d’énergie renouvelable
Il a été procédé aux opérations
principales suivantes :
·
Lancement du
programme d’accès au chauffe-eau solaire
·
Mise à niveau
énergétique des Hammams par l’introduction des chaudières améliorées en
ville et des foyers et fours améliorés pour les zones rurales.
·
Lancement des
services énergétiques de proximité à travers la création des maisons de
l’énergie (micro-entreprises).
Le Mouvement Populaire constate
donc que ce secteur bénéficie d’une stratégie cohérente qui protège le
pays contre les risques inhérents à cette ressource sensible qu’est
l’énergie. C’est pourquoi le Mouvement Populaire appuie cette stratégie
et approuve les projets futurs envisagés. Le parti pense cependant que
la composante nucléaire devrait bénéficier de plus d’intérêt dans les
programmes futurs. En effet, sauf découverte importante de gisement
pétrolier, cette source d’énergie demeure le seul espoir pour réduire la
dépendance de notre pays en matière énergétique. La flambée récente dans
prix du pétrole a pesé lourdement sur les équilibres économiques et
financiers du pays. Les niveaux atteints demeureront pour longtemps et
rien ne permet d’espérer de revenir à des prix inferieurs à 50$.
L’orientation entamée vers
l’utilisation de plus en plus du gaz naturel pour la production de
l’électricité est une option à encourager. En ce qui concerne les prix
intérieurs des produits pétroliers, compte tenu de leur impact sur le
pouvoir d’achat de la population et sur le niveau compétitive des
entreprises le Mouvement Populaire pense qu’il y a lieu de trouver un
compromis entre les recettes fiscales provenant des produits pétroliers
et les équilibres budgétaires de l’Etat.
2 - Les
Mines
Le secteur des mines a réalisé en 2005 un chiffre d’affaires de
l’ordre de 23 milliards de dirhams et exporte pour une valeur de 18,7
milliards de dirhams. Il assure près de 36 000 emplois directs. Les
phosphates et leurs dérivées, exploités par l’OCP, représentent
l’activité principale de ce secteur.
C’est pourquoi l’essentiel des investissements réalisés ou
projetés sont l’œuvre de cet important établissement public.
Le département de tutelle prépare actuellement les conditions
favorables au décollage de ce secteur notamment pour les produits
miniers autres que les phosphates en préparant les textes juridiques
nécessaires et en établissant les cartes permettant de mieux connaître
les gisements et les conditions de leur exploitation.
L’orientation retenue concernant l’association de
l’investissement étranger au développement de l’activité minière est à
encourager. De même, l’élaboration du plan des mines à petites échelles
permettra à ce secteur de contribuer au développement du monde rural vu
la large répartition des gisements miniers à travers le territoire
national.
VI -
Habitat et BTP :
Le secteur de l’habitat est
considérablement affecté par le rythme accéléré de l’urbanisation. Il
connaît une inadéquation de l’offre à la demande en logements et un
déficit en perpétuelle augmentation. On note également un
dysfonctionnement dans l’usage du parc de logements et la présence
relative du secteur privé dans la production du logement social. Une
grande partie de la production a été assurée par l’Etat même si le rôle
du secteur privé n’a pas cessé d’accroître durant les dernières vingt
années.
Les principaux facteurs qui ont
conduit à ces dysfonctionnements sont la rareté et coût exorbitant du
foncier et la déficience de la gestion urbaine, le faible impact des
instruments d’urbanisme sur le développement urbain, la faible
implication du système bancaire dans le financement du logement, la
pléthore des textes et la complexité du système fiscal immobilier, et la
faible industrialisation du secteur et faible implication des
intervenants.
Les principaux axes d’une nouvelle
stratégie de l’habitat que le Parti prône comprennent un nouveau rôle de
l’Etat consistant beaucoup plus de l’orientation que la production, une
plus grande stimulation de l’offre et la demande, un nouveau traitement
de l’habitat insalubre basé sur la proximité et un produit
concurrentiel, une nouvelle
approche foncière, financière, fiscale et de gestion urbaine pour
l’élargissement de l’accès au logement des ménages à faibles revenus.
Les réformes et mesures que le
Parti propose sont : mobilisation du foncier public, consolidation des
fonds de garantie (Fogaloge Public et FOGARIM), l’augmentation des
ressources du « Fonds Solidarité Habitat » et diversification de ses
emplois, l’assouplissement des règles d’urbanisme, la restructuration
des établissements publics de l’habitat, la révision du rôle des agences
urbaines et la généralisation de la couverture territoriale et la
réforme de l’arsenal juridique de l’habitat et de l’urbanisme avec plus
grand contrôle de la construction.
Les implications économiques et
sociales de la stratégie proposée sont : l’augmentation de la production
des unités d’habitat, la promotion du rôle du secteur privé,
l’augmentation de la consommation du ciment ainsi que l’extension des
capacités de production, l’augmentation de l’encours bancaire,
l’accroissement de la population active dans le secteur et
l’augmentation de la
contribution du secteur de la construction au PIB
non agricole.
I - Secteur
des Transports
Le secteur des transports avec ses
branches : transport des voyageurs et celui des marchandises, en plus de
sa dimension sociale, joue un rôle important dans la stratégie du
développement de notre pays. C’est un secteur qui ne cesse de connaître
une progression en quantité et en qualité en raison de l’évolution
économique et sociale qui anime la société marocaine ( mobilité,
voyages, vacances, distribution, alimentation des marchés, etc…) .
C’est donc un domaine qui mérite
une attention particulière à la hauteur des enjeux de la dynamique du
développement économiques que connaît actuellement le Maroc.
Le Mouvement Populaire conscient de
ces enjeux et de l’importance économique,
politique et culturelle d u secteur des transports, a arrêté un
programme politique qui prend en ligne de compte les considérations
sociales et commerciales de ce secteur et qui vise à lui assurer une
intégration dans le
développement durable affiché par le Parti.
A l’instar des autres secteurs
socio-économiques la modernisation des transports publics et privés
constitue un axe majeur dans les actions préconisées par Le Mouvement.
Il y a lier donc d’œuvrer pour asseoir une politique à même d ‘attirer
les investisseurs pour répondre aux nouvelles exigences des voyageurs et
de la distribution des marchandises.
Les orientations que nous adoptons
sont exposées pour chaque branche comme suit :
1 - Transport Routier
Le réseau routier un développement notable ces derniers années. Il y a
une progression significative au niveau du réseau des autoroutes, des
routes destinées au désenclavement du monde rural avec
un programme de 1500 km /an sans oublier le
renforcement et la maintenance
du réseau routier existant. Mais ces efforts restent en deçà des
attentes des usagers de la route marocaine.
Comme il a été souligné le
transport routier comprend les volets du transport des voyageurs et
celui des marchandises. Chacun de ses domaines connaît des besoins
importants qui appellent à des solutions appropriées si l’on veut qu’ils
continent de jouer leur rôle de façon satisfaisante dans le
développement socio-économique de notre pays.
Le Mouvement National propose dans son programme politique les actions
suivantes :
-
Continuer de
développer les infrastructures nationales à un rythme plus soutenu,
-
Renforcer la
maintenance du réseau national dans toutes les régions du Maroc,
-
Mettre l’accent sur
le désenclavement du monde rural,
-
Revoir la
tarification dans les autoroutes qui ne sont pas encourageants pour
inciter les usagers à les utiliser,
-
Adopter une
transparence pour l’attribution des agréments pour le transport public,
-
Assurer un contrôle
rigoureux pour le transport des marchandises.
2 - Sécurité routière
La sécurité routière est un point fondamental qui doit accompagner
l’amélioration de la qualité du service dans le secteur des transports.
Nous avons actuellement que le Maroc occupe le sommet au niveau des
accidents de la circulation. Les
causes sont multiples dont certaines reviennent à la qualité de la
route.
Pour remédier à cette situation le Mouvement National appelle à
l’adoption des mesures appropriées
en particulier :
-
Sensibiliser la
jeunesse au problème de la sécurité routière
au niveau des programmes scolaires,
-
Instaurer des
programmes de formation continue pour les conducteurs des transports
publics,
-
Veiller sur le bon
déroulement de l’examen du permis de conduire,
-
Veiller sur la bonne
application des sanctions prévues en cas du manquement au respect du
code de la route,
-
Continuer les
programmes de sensibiliser la population contre les excès de vitesse et
la mauvaise conduite.
3 - Transport ferroviaire
L’importance du transport via le
chemin de fer s’est manifestée ces derniers temps à travers la forte
demande sociale. En effet de plus en plus de voyageurs préfèrent
l’utilisation du train pour leurs déplacements. De là émane la nécessité
de l’amélioration de la qualité du service offert par l’ONCF qui permet
d’une part de satisfaire la clientèle en progression continue et d’autre
part de répondre à cette
demande par l’extension du réseau national.
Dans cette perspective, le
Mouvement National, préconise une politique qui considère ce secteur
comme un élément émergent
dans l’économie national, par conséquent il doit bénéficier des
conditions qui lui permettent de :
·
moderniser ses
structures,
·
étendre son réseau,
·
doubler ses
voies,
·
assurer un bon
service pour la clientèle.
Les
Marocains Résidents à l’Etranger
La
communauté marocaine à l’étranger constitue une composante essentielle
de notre société. Elle contribue de manière importante au développement
de notre pays et à son rayonnement à travers le monde.
Selon les estimations du ministère des affaires étrangères, la
population des RME serait de 2,6 millions dont 85% en Europe. La France
regroupe a elle seule 47% du total de notre communauté à l’étranger.
Les RME représentent une richesse inestimable pour notre pays puisque
leurs transferts sont devenus parmi les principales sources de devise
pour notre économie. Ces transferts sont passés de 23 milliards de
dirhams en 1997 à 37,4 milliards en 2004. En 2005, les RME ont rapatrié
quelques 40,5 milliards de dirhams dépassant par là les recettes du
tourisme et du phosphate. Le Maroc arrive en 4ième position
sur le plan international dans ce domaine après l’Inde, le Mexique et
les Philippines.
Sur un autre plan, les transferts des RME contribuent à hauteur de 15%
aux dépôts bancaires et à l’effort d’investissement national à travers
la création d’entreprises et la réalisation de projets d’investissement
dans leur pays.
Dans l’objectif de renforcer les liens de cette diaspora avec son pays
et de promouvoir sa contribution au développement économique et social
de notre pays, le Mouvement Populaire propose un certain nombre
d’actions en faveur de cette communauté. Il s’agit en particulier de :
-
Renforcer sa participation effective aux débats nationaux et à la
gestion des affaires publiques ;
-
Promouvoir leurs projets d’investissement dans le pays à travers
l’amélioration des procédures, l’octroi d’avantages fiscaux et non
fiscaux…
-
Réinvestir les relations avec notre diaspora au niveau de la 2ième
et 3ième générations ;
- Défendre ses
intérêts économiques, sociaux, culturels et politiques dans l
eurs pays de résidence ;
- Faciliter
les synergies RME avec les différents
acteurs locaux…
II -
Tourisme
Le tourisme est un secteur
stratégique de l’économie Marocaine. Il demeure un secteur émergent vu
que les objectifs escomptés ne sont pas encore réalisés. Le Maroc s’est
doté d’une stratégie prospective pour aborder le secteur du tourisme
avec une vision à long terme confortée par un contrat programme chiffré
et détaillé.
1 - Vision 2010
En matière d' arrivées
touristiques, il est prévu d’atteindre 10 millions de touristes, dont 7
millions de touristes internationaux (contre 5,5M en 2005) .
-
En matière de
capacité hôtelière, 160.000 lits seront crées (dont 130.000 lits
balnéaires et 30.000 lits dans les destinations culturelles du pays)
portant la capacité nationale à 230.000 lits ;
-
Iinvestissements: le volume devrait atteindre 8 à 9 milliards €,
(aménagement des nouvelles stations balnéaires, infrastructures,
hôtellerie et animation) ;
-
Recettes: le
montant prévu est de 48 milliards € de recettes en devises,
-
Emploi: 600.000
emplois nouveaux seront créés ;
-
Contribution du
tourisme au PIB: elle devrait progresser en moyenne annuelle de 8.5%, ce
qui la porterait à près de 20% à l'horizon 2010.
2 - Vision 2010 : les six grands
chantiers
Pour le développement
socio-économique du pays, un arsenal de mesures et d’actions précises a
été arrêté, avec des plannings d’exécution, des opérations de suivi, et
d’évaluation.
Cette « vision 2010 » s’articule autour de 6 chantiers fondamentaux, qui
sont de véritables leviers opérationnels, permettant de concrétiser les
objectifs de cette stratégie.
Ces chantiers se rapportent au Produit, à la Formation, à l’Aérien, au
Marketing et à la Communication, à l’Environnement Touristique et à
l’Organisation Institutionnelle.
3 - Les défis à relever :
La
vision 2010 est la résultat d’un consensus national avec une implication
forte des opérateurs, des pouvoir publiques et des autorités
provinciales et régionales mais avec 5 millions de touristes en 2005, le
secteur doit progresser d’un million de touristes par an d’ici 2010 si
on vent rendre cette vision une réalité. La tâche n’est pas impossible
mais elle doit faire l’objet d’une politique sans faille mettant
l’accent sur l’amélioration du produit, le développement de l’offre, le
promotion, la diversification et la réduction des facteurs de risque
(informel, manque de sécurité, qualité de service très moyenne) et le
développement de la demande intérieure.
En ce qui concerne le produit, il
faux aller au-delà de la conception du tourisme en tant que phénomène
naturel: c’est une industrie qui répond à une demande dans un contexte
de compétition rude. Comme toute industrie, le tourisme met sur place
des produits (séjours, packages, voyages, événements, et animation) qui
doivent respecter les critères les plus rigoureux de qualité afin d’en
assurer la durabilité. Bien
que des efforts ont été consentis récemment, le secteur reste en de ça
de son potentiel de développement. Les produits sont généralement mal
conçus et mettent l’accent sur le naturel, l’histoire et une conception
stéréotypique de la culture (articulée par des guides généralement mal
formés).
L’animation est généralement
médiocre, non–diversifiée et souffre de l’absence de ressources humaines
qualifiées en la matière et maîtrisant les langues européennes ainsi que
le japonais, le coréen et le chinois. Le Mouvement Populaire propose
l’élaboration de standards de mise en place des produits touristiques
qui met l’accent sur l’équilibre entre le divertissement culturel,
l’animation, le bien être physique (confort et nourriture) et la gestion
individualisée des besoins des clients.
Le plan Azur donnera un coup de
fouet important au développement de l’effort. C’est une stratégie qui
aura des retombées positives sur le tourisme national. L’une de ces
limites est qu’il met l’accent sur le balnéaire. Il y a lieu de
développer l’axe des vallées et de désert avec Ouarzazate, Tinghir,
Zagora et Merzouga comme pôles de support, d’insérer
le plan stratégique de Fès dans une vision régionale qui comprend
Meknes, Volubilis et le Moyen Atlas et axer la vision d’un million de
touristes par an à
Casablanca sur le tourisme d’affaires tout en l’étendant sur El Jadida,
Bouznika, Rabat, le projet Bouregreg et Kenitra. Il faut noter que l’axe
Tanger Tétouan souffre
toujours de problèmes endémiques : produit non diversifié, qualité très
limitée, infrastructures en délabrement. Arrimer cet axe à
la station de Larache et l’enrichir par le produit Assilah et
Chefchaouen dans le cadre d’une vision régionale intégrée est
susceptible de rendre au tourisme du nord la place qui est la sienne.
La promotion ne veut pas dire
seulement l’augmentation du budget de l’ONMT et la présence aux foires
internationales mais également l’élaboration d’une stratégie avec
résultats, indicateurs, moyens, partenariats, rôles et responsabilités
claires. Le Maroc souffre de l’inexistence d’une stratégie agressive,
réelle et réalisable dans ce sens. Des plans de promotion existent mais
ils restent des séries d’actions éparpillées et sans obligation de
résultats.
Les facteurs de risque sont
énormes: la mendicité, les faux guides, l’arnaque des bazaristes (en
complicité avec les guides, les agents de sécurité et même les agents de
sécurité affiliés au Ministère du tourisme), le manque de sécurité en
général dans nos médinas et dans nos villes, le harcèlement sexuel, la
qualité très moyenne des compétences de nos ressources humaines (surtout
les garçons, les guides, les voyagistes, les staff d’accueil et le staff
d’animation) et la faiblesse de contrôle de la part du Ministère de
tutelle. Si on ne vise pas à réduire ces éléments à travers la formation
continue, la motivation, la mise en place des mesures de protection du
touriste et la sécurisation de nos espaces urbains, notre vision n’aura
qu’un succès limité.
Le tourisme est un secteur
fondamental avec des retombées économiques colossales aussi bien directs
qu’indirects. En 2010, il jouera le rôle d’une locomotive en terme
d’emplois, de PIB, et de balance commerciale. Mais le chiffre de 10
millions ne doit pas nous pousser à brader la destination Maroc.
Il faut penser le nombre de touristes et PIB en
même temps.S’il faut arriver aux résultats escomptés en chiffre
d’affaires avec moins de touristes tant mieux. Le tourisme de qualité
protégera le Maroc également des effets négatifs d’un tourisme développé
à la hâte sans étude de son impact sur l’environnement (les cas des
Caraïbes, de Cancun et de Costa del Sol sont à étudier).
Toute industrie a besoin d’un
marché intérieur pour pouvoir se développer même si elle est orientée
vers l’exportation. Kounouz Biladi a eu pas mal de succès, mais il faut
développer mieux le produit, l’intégrer dans des packages qui
comprennent transport et animation et l’adopter aux spécificités des
destinations et des besoins des touristes nationaux.
III -
Secteur des pêches
Le
secteur des pêches maritimes joue un rôle socio – économique important.
C’est un secteur très porteur et à fort potentiel de développement. En
effet, quelques chiffres montrent la place stratégique de ce secteur :
-
Le Maroc dispose d’un littoral de
3500 Km et d’une superficie maritime d’un million
de Km2 ;
-
La flotte nationale est estimée à quelque 20000 unités dont 18000
barques artisanales ;
-
Le nombre de marins pêcheurs actifs dépasse les 152000 personnes ;
-
Le Maroc est le premier exportateur mondial de conserves de sardines, le
3ième d’agar agar…
Le
développement de ce secteur se heurte à plusieurs contraintes en dépit
des grands efforts déployés par le département de tutelle. Parmi ces
facteurs pénalisants, on peut insister sur :
-
La lenteur et le retard importants constatés dans la mise à niveau de
toute la filière afin de pouvoir faire face à la forte concurrence
internationale.
-
L’inexistance d’une véritable vision claire au niveau de la profession
concernant la modernisation et l’équipement de la flotte
qui est devenue archaïque et vétuste ;
-
L’absence de tout principe de gouvernance de la ressource halieutique au
sein d’un milieu professionnel privilégiant les intérêts individuels et
catégoriels ;
-
L’insuffisance des différents moyens mis à la disposition du secteur en
matière de recherche, de surveillance et de contrôle…
Toutes ces
contraintes et bien d’autres représentent autant de défis que le secteur
doit relever afin de lui donner un grand dynamisme et une forte
compétitivité. Dans cette perspective, le Mouvement Populaire propose un
plan d’action et une stratégie d’ensemble fondée sur les principaux axes
suivants :
-
L’amélioration de la gestion des ressources halieutiques au moyen de
plans d’aménagement et de protection de la ressource ;
-
L’initiation et l’application d’un code de la pêche de manière à
garantir la préservation des éco systèmes halieutiques et la protection
du milieu marin ;
-
La mise à niveau du secteur à travers la modernisation de la flotte, la
certification des halles, la construction de points de débarquement
aménagés pour la pêche artisanale tout en mettant l’accent sur la pêche
cotière vu son role social important…
-
Le développement de la recherche halieutique et le renforcement des
compétences et des qualifications des ressources humaines du secteur…
-
La promotion de la normalisation et la certification : ISO, normes
programme de gestion de la qualité (PGQ), normes spécifiques aux
produits de la pêche…
- La valorisation des produits
de la pêche à travers l’augmentation de leur valeur ajoutée…
La stratégie du Mouvement Populaire au niveau de ce secteur est
fondée donc sur la mise en place d’un système efficace et efficient de
gestion des ressources halieutiques appuyé par des moyens
institutionnels juridiques, financiers humains et nécessite
l’implication de tous les acteurs (pouvoirs publics, organisations
professionnelles…) qui est un préalable essentiel à sa réussite.
1-
NTIC et Télécommunications
Le rôle des TIC dans la réalisation
de la croissance économique d’un pays et dans son développement au sens
large, n’est plus à démontrer. Les expériences ont montré que la
contribution des TIC dans la croissance de certains pays pouvait
atteindre des proportions considérables dépassant parfois les 30%. Au
delà du fait que ces technologies sont à forte valeur ajoutée et donc
créatrices de richesses, leur diffusion potentielle à travers tous les
domaines de la vie économique, sociale, culturelle et politique, leur
confère une force d’action et de changement inégalée et en fait
aujourd’hui, l’un des vecteurs de développement le plus important voir
sur certains égards le plus indispensable.
Nous pensons, au
Mouvement Populaire, que le
renforcement de la formation dans le secteur des NTIC doit
s’élargir d’avantage pour subvenir aux besoins de l’enseignement
des TIC et par le fait
que ce sont des métiers d’avenir qui
ouvriront de bonnes perspectives pour l’emploi et donc un moyen
de résorber le chômage galopant des jeunes diplômés. On estime que près
de 10% des étudiants universitaires doivent suivre des filières
de formations diplômantes en TIC.
C’est dans ce contexte d’engagement
total en faveur de la modernisation de notre pays et de son économie et
de la mise à contribution des TIC pour soutenir sa croissance et sa
diversification, que le programme politique du MP soutient
l’impulsion d’une
dynamique de création d’entreprises innovantes en TIC. Cette politique
s’inscrit totalement dans l’esprit du grand projet inauguré par Sa
Majesté Mohammed VI que constitue la création du
Centre Des Technologies Nouvelles à Salé. Avec un tissu
de parcs technologiques large et réparti sur l’ensemble des
Régions et d’entreprises innovantes notre pays peut se positionner
comme un partenaire de choix pour concrétiser des modèles de
coopération et de partenariat
adaptés aux besoins et réalités des pays de la région et du
continent.
Le Mouvement Populaire acteur
potentiel dans la société marocaine,
ne peut qu’afficher une politique claire en matière de TIC portée
sur l’avenir et basée
sur des indicateurs
prometteurs pour l’évolution
de des NTIC dans notre pays. Nous pouvons retenir
les principaux éléments
suivants :
L’engouement des entreprises pour
les TIC
Le marché des TIC est en développement constant au Maroc. 2005 a été une bonne année
avec une bonne croissance. Les entreprises s’équipent de plus en plus,
aussi bien au niveau des grands comptes que pour les PME/PMI. Il y a une
prise de conscience grandissante sur l’apport des TIC dans l’entreprise
et l‘administration pour innover, se développer et améliorer la
productivité.
L’ouverture du marché de la
téléphonie
L’ouverture à la concurrence de la
téléphonie fixe, à côté du mobile, est une excellente opportunité de
voir les offres autour d’Internet se multiplier et assister ainsi à une
pénétration soutenue de l’Internet au sein des foyers marocains.
L’attribution de nouvelles licences permettra à plus long terme,
la démocratisation de l’Internet sur le marché marocain.
Les Assises de l’Internet
L’année 2005 était marquée par croissance exponentielle du nombre
d'accès ADSL au Maroc avec près de 240.000 abonnés tout fournisseur
d’accès confondu, soit une croissance de 300% par rapport à l’année
2004. Le Maroc est désormais leader Internet en Afrique sur le nombre
d'accès ADSL et sur la capacité de la bande passante internationale qui
atteint le niveau de 7 Giga. Sur un autre registre, le Royaume a
enregistré une croissance importante du marché Internet estimé à plus de
4.2 Millions d'internautes mensuels en septembre 2005.
En résumé Notre Parti, le Mouvement
Populaire, préconise un programme d’actions
présenté comme suit :
préparer toutes
les conditions requises pour l’insertion du Maroc dans la société de
l’Information et du Savoir.
Généraliser les
TIC à tout le système éducatif : une salle multimédia par école, par
collège, par lycée, par institut et par faculté.
Mise en place
de mécanismes souples et adaptés de financement des entreprises
innovantes : capital-risque, capital-investissement, capital amorçage et
fonds de garantie.
Mise en œuvre
de mécanismes de soutien à l’introduction des TIC dans les PME-PMI.
Définir et
mettre en œuvre une politique incitative en faveur du secteur qui
encourage la création d’emplois et l’investissement par les entreprises
TIC.
Développement
d’un nouveau concept de zone d’accueil intelligente dédiée aux TIC.
Étude et
dimensionnement de la problématique de l’Administration en ligne et sa
généralisation
Développement
de la Société de l’Information : adoption de lois relatives à la
signature électronique et aux messages de données, à la protection de la
vie privée et des données nominatives, et à la protection de la
propriété intellectuelle.
4. STRATEGIE TRANSVERSALE : MESURES D’ACCOMPAGNEMENT
I -
Protection de l’environnement et des ressources naturelles
Résultat de plusieurs
dysfonctionnements et du peu d’intérêt qui à été réservé à leur
conservation, les ressources naturelles de notre pays subissent une
forte dégradation qui menace désormais leur capacité de renouvellement
voire leur pérennité. En effet, le constat réalisé en matière de
dégradation des écosystèmes naturels révèle des situations préoccupantes
que ce soit au niveau des sols, du couvert végétal notamment des forêts,
de la biodiversité (faune et flore), des eaux, ou de l’environnement de
façon générale.
1 - Ressources naturelles
Au
niveau des sols, l’érosion hydrique constitue la menace la plus
déterminante, en effet 93% du territoire national est soumis à un climat
aride ou semi-aride et les phénomènes d’ensablement et de
désertification touchent une grande partie du pays :
·
11 millions
d’hectares parmi l’étendue des bassins versants du pays présentent des
risques majeurs d’érosion hydrique. Si leur érosion appauvrit les sols,
elle occasionne l’envasement des barrages qui se voient ainsi perdre
chaque année une capacité de 75 millions de m³ soit la perte de
possibilité d’irrigation de 10.000ha ;
·
2 millions
d’hectares de terres de culture sont soumis à ce type d’érosion;
·
Les parcours
perdent chaque année près de 65 000ha et sont surexploités;
·
La pression
anthropique, les pratiques culturelles inappropriées et l’utilisation
des terres contribuent largement à la dégradation des sols et des
ressources naturelles en général.
Les ressources forestières ont subi
les effets conjugués de la pression anthropique et des conditions
climatiques très défavorables et perdent ainsi l’équivalent de 30
000ha/an.
·
5 à 6000ha de
forêts sont défrichés chaque année;
·
Prélèvement
sous forme de bois de feu de plus de 10 million de m³ soit plus de 3
fois la production de ces espaces;
·
Surpâturage des
parcours forestiers où la charge dépasse de 3 à 5 fois la possibilité
qu’ils permettent ;
·
3 à 4000 ha/an
sont détruits par les incendies de forêts.
Sur le plan de la biodiversité, le
Maroc, de par sa situation géographique, la diversité de son climat et
la variété des bioclimats qu’il recèle, dispose d’une diversité
biologique remarquable.
Cette richesse est également
menacée par les phénomènes de dégradation des ressources naturelles en
plus d’autres facteurs tels la surpêche et la pollution pour les espèces
marines, le drainage et la pression sur les zones humides pour la flore
et la faune.
Au niveau des systèmes forestiers
remarquables la cédraie notamment au moyen Atlas et l’Arganeraie au sud
sont sérieusement menacées.
2 - Protection de
l’environnement
La protection de l’environnement
est une préoccupation relativement récente au niveau international, le
premier sommet mondial consacré à cette problématique date du 1992 avec
« Le sommet de la Terre » réuni à RIO où la notion de développement
durable a été introduite associant l’équité sociale, et l’efficacité
économique à la protection de l’environnement.
Notre pays, pendant longtemps a
négligé les aspects liés à la protection de l’environnement et à la
conservation des ressources naturelles privilégiant ainsi les intérêts à
court terme au détriment des équilibres des systèmes écologiques
nationaux.
Ainsi nos ressources naturelles
terrestres, hydriques et marines se trouvent sérieusement menacées tant
en qualité qu’en quantité par des risques de plus en plus sérieux.
Les villes et les zones
industrielles continuent à se développer en l’absence souvent
d’infrastructures de base notamment d’assainissement et de traitement
des eaux usées, faisant de ces espaces des points noirs pour
l’environnement et portant atteinte à la santé des populations.
Les déchets solides (17500T/j en
1999) et les déchets industriels (93 000 t/an) posent des problèmes de
gestion et présentent des risques pour l’environnement
3 -
Propositions du
Mouvement Populaire pour la protection des ressources naturelles
Le parti du Mouvement Populaire, de
par l’importance des espaces concernés par les phénomènes de dégradation
des ressources naturelles, accorde une importance particulière à la
correction des déséquilibres créés par plusieurs décennies de
négligence. D’autant plus
que les espaces menacés par l’érosion abritent une population nombreuse
qui n’a que très peu bénéficié des fruits de la croissance du pays.
La surexploitation des milieux concernés résulte de la
marginalisation de ces populations sur le plan du développement et du
manque d’alternative économique viable.
L’intérêt de sauvegarder nos
ressources naturelles, s’il émane de la nécessité de laisser aux
générations futures un patrimoine de valeur, procède également de la
recherche d’une équité sociale pour une frange importante de notre
société. La pression
anthropique étant le facteur déterminant dans la dégradation des
ressources naturelles, il est normal que les actions à envisager doivent
permettre de résoudre la problématique à laquelle sont confrontés les
habitants des zones dégradées ou menacées de dégradation à savoir les
zones de montagnes, les zones arides et semi-arides et les oasis.
4 - Zones de montagnes
Le parti propose de doter cet
espace d’une politique spécifique adaptée qui vise à répondre aux
besoins des populations concernées sur les plans économique (revenus
alternatifs), énergétique (chauffage et cuisson), et pastoral
(fourrage). Ce traitement
spécifique doit permettre également de combler les déficits sociaux et
économiques de ces zones (santé, éducation, désenclavement, etc.).
Pour ce faire, un effort de
l’ensemble de la collectivité nationale est requis par le recours à la
solidarité interrégionale et nationale en faveur de zones marginalisées.
Etant le château d’eau du pays, il
est proposé qu’une partie de la plus-value créée à l’aval par irrigation
soit réaffectée pour financer le développement des zones de montagnes.
L’action au niveau national concerne les équipements
socio-économiques et la protection des ressources naturelles notamment
dans les bassins versants.
Les zones montagneuses peuvent
consituter une ressource formidable pour le toursime terroire du monde
rural.
5 - Les zones arides et
semi-arides
Dans ces zones, les conditions climatiques sont souvent
défavorables aux cultures, c’est pourquoi auparavant elles étaient
essentiellement réservées au parcours. La politique céréalière menée
pendant longtemps, notamment la politique des prix favorables au
développement du blé tendre, avait conduit à la mise en culture d’une
grande partie de ces espaces pastoraux augmentant ainsi leur fragilité
face au phénomène de l’érosion. On estime que 65 000 ha/an ont été
défrichés et pris sur les parcours pour augmenter la surface agricole
utile. Celle-ci est passée de 7 à 8,7 millions d’hectares entre 1970 et
2000.
Dans ce cadre le Mouvement
Populaire recommande de favoriser la conservation et la mise en valeur
des espaces pastoraux et de mener une compagne de sensibilisation pour
réduire les cultures annuelles qui ont été installées sur les terres
marginales.
6 - Les oasis et la lutte contre
la désertification :
La désertification est devenue un phénomène qui intéresse
l’ensemble du territoire national y compris certains systèmes forestiers
qui font la fierté du Maroc à savoir la cédraie, l’arganeraie et les
palmeraies du sud-est.
La lutte contre ce phénomène requiert un véritable plan d’action
spécifique visant à lutter contre l’avancement du désert et comprenant
des actions socio-économiques de façons à résorber la pauvreté que
connaissent ces zones.
7 -
Lutte contre la
pollution
Les actions à mener dans ce volet concernent le rattrapage du
déficit en infrastructures de traitement des eaux usées et l’aménagement
des unités appropriées de stockage voire de traitement des ordures
ménagères. Il s’agit également de mener des actions destinées à
dépolluer un certain nombre de cours d’eau dont la pollution a atteint
un niveau alarmant.
De même la pollution industrielle
devrait être combattue et des mesures de prévention dans ce domaine
devraient êtres prévues et appliquées rigoureusement.
II -
Réforme du foncier
Parmi les facteurs et les leviers
les plus importants qui doivent être pris en considération dans
l’élaboration de la stratégie de développement du secteur agricole et du
monde rural en général figurent le milieu physique en tant que support
de la production et les exploitations agricoles en tant qu’unités
économiques.
1- : Les structures
foncières : un facteur de blocage de la modernisation de l’agriculture
et un obstacle à la diffusion du progrès en milieu rural :
Au Maroc, la terre est, non
seulement une denrée rare, mais une ressource fragile est menacée dont
l’usage doit être rationalisé en fonction des vocations naturelles et
qu’il convient de protéger contre toutes les foRMEs de dégradation.
A la dégradation de la ressource
foncière, s’ajoutent les problèmes liés à la diversité des régimes
juridiques et des formes d’exploitation dont la plupart n’offrent pas la
sécurité et les garanties nécessaires à la réalisation d’investissements
conséquents pour l’intensification agricole.
A ces contraintes juridiques
s’ajoutent celles inhérentes à la structure de la propriété et de
l’exploitation agricole, marquée par l’exiguïté, le morcellement et la
dispersion, ce qui pénalise l’efficience de ces exploitations et rend
difficile leur adaptation à la mondialisation des échanges notamment en
matière de compétitivité.
Une telle parcellisation contribue à l’extension de la pauvreté en
milieu rural, ainsi les structures foncières participent à la
persistance de la pauvreté qui est au Maroc un phénomène éminemment
rural.
La majeur partie des exploitations
(2/3) ont moins de 5ha, le nombre moyen de parcelles par exploitation
est de 6,4 avec une superficie moyenne par parcelle de 0,92ha.
En définitive, les structures
foncières constituent un frein au développement économique et au progrès
social à travers la pluralité des régimes juridiques, la rigidité du
marché foncier, la faiblesse de la sécurisation des propriétés (10% des
terres uniquement sont couverts par l’immatriculation) et l’indivision
qui touche toutes les catégories d’exploitation. Jusqu’à présent les
pouvoirs publics, dans le domaine des structures agraires, ont
privilégié une vision plus politique qu’économique, une tendance à
intervenir plus par le biais de la réglementation au lieu de
l’incitation et la négociation et ont opté pour une approche trop
centralisée et dirigiste avec souvent une logique techniciste.
2 - Politique du Mouvement
Populaire en matière de structures foncières.
Le Mouvement Populaire œuvre pour
la mise en place d’une politique foncière qui apporte des solutions aux
contraintes qui résultent des structures foncières.
Cette politique, qui doit tenir compte du nouveau contexte
sociopolitique et des nouveaux défis économiques
du pays, doit créer les mécanismes nécessaires pour lever les
contraintes rencontrées et les conditions favorisant l’intensification
de la production dans un environnement stable et sécurisant.
Elle vise les objectifs suivants :
Ø
l’efficacité
économique à travers la recherche de la sécurité foncière de la
propriété et de l’exploitation à même de peRMEttre l’accès au crédit et
d’encourager l’investissement productif;
Ø
L’équité
sociale en permettant à la paysannerie d’améliorer ses revenus et donc
de rester à la campagne.
Ø
La flexibilité
par l’utilisation des mécanismes incitatifs et par l’arbitrage autour
des solutions négociées qui tiennent compte des us et coutumes locaux.
Pour concrétiser ces grandes
orientations, les mesures et les réformes suivantes devraient être
entreprises :
- La sécurisation du droit de
propriété des transactions et de l’exploitation par :
v
L’extension de
l’immatriculation foncière seule à même de sécuriser le droit de
propriété. Les actions à
mener à ce niveau concernent la simplification des procédures, le
raccourcissement des délais, et la réduction des coûts ;
v
L’amélioration
du système d’établissement des actes traditionnels constitutifs et
translatifs de propriété ;
v
La
généralisation du cadastre national qui constitue un outil indispensable
à la connaissance et au suivi de l’évolution des structures foncières ;
v
Le renforcement
des instances judiciaires spécialisées dans le foncier agricole.
v
L’apurement de
la situation juridique des terres de la réfoRME agraire.
2-
1 : L’unification des régimes fonciers
Il s’agira à ce niveau d’unifier les statuts en melk immatriculé
par résorption progressive des autres statuts collectifs, guiche,
domanial, réforme agraire.
Pour le cas particulier des terres collectives, il convient de
poursuivre et d’accélérer leur melkisation à l’intérieur des périmètres
d’irrigation, et d’engager cette opération sur les terres collectives en
zone bour lorsque cela est possible et à la demande des ayants-droit.
Lorsque la melkisation individuelle des terres collectives
situées en zone bour s’avère difficile à mettre en œuvre, il faudra
envisager, avec les collectivités concernées, des formes alternatives de
gestion par le biais d’associations, de coopératives, de location à
longue durée à des investisseurs ou de partenariat.
2-2 : La levée des entraves
juridiques à la mobilité et à l’accès au foncier
En vue de dynamiser le marché foncier, seul à même d’opérer une
réallocation des terres sur des bases économiques, le Mouvement
Populaire préconise l’abrogation des textes juridiques qui limitent la
mobilité et l’accès au foncier notamment ceux qui interdisent
l’acquisition des propriétés agricoles aux personnes physiques
étrangères et aux sociétés par actions (dahir n°1-73-645 du 23 Avril
1975).
2 – 3 : Inciter les
agriculteurs à travailler en groupe
Pour
lutter contre les contraintes de l’exigüité des exploitations et de
l’indivision et par conséquent rendre l’exploitation agricole
compétitive, il devient nécessaire d’inciter les agriculteurs à
travailler en groupe (coopératives, sociétés d’exploitation,…).
En ce qui concerne les propriétés en indivision, les indivisaires
pourraient être incités à se constituer en groupes fonciers
d’indivisaires (GFI).
Conscient des contraintes majeures que la problématique du
foncier fait peser sur le développement de l’agriculture et sur la
promotion du monde rural, le Mouvement Populaire prône ces orientations
et réformes dont la mise en œuvre nécessite un engagement fort du
gouvernement, comme elles requièrent une harmonisation de la vision et
une collaboration étroite entre plusieurs acteurs et intervenants.
Meilleure
Gestion du Domaine de l’Eau
La stratégie de développement des
ressources en eau revêt une importance particulière pour un pays comme
le Maroc, caractérisé par la rareté de plus en plus accrue de cette
ressource. La problématique
de l’eau est désormais une préoccupation sérieuse des pouvoirs publics
surtout suite à la sécheresse des dernières décennies, à l’augmentation
de la demande sous l’effet de la démographie et de la pression
croissante des secteurs utilisateurs notamment l’agriculture,
l’industrie et le tourisme.
Sachant que les efforts déployés
depuis le lancement de la politique des barrages par feu SM Hassan II
ont permis de réaliser des niveaux élevés de mobilisation et de
régularisation des ressources en eau superficielles (80 à 85%), il
devient impératif que les politiques d’aménagement des ressources en eau
s’orientent de plus en plus vers leur préservation et la rationalisation
de leur utilisation en tant que fondements d’une gestion intégrée des
ressources en eau.
L’efficacité d’une telle gestion
requiert :
·
La conservation
des ressources en eau par la protection des bassins versants contre
l’érosion en vue d’atténuer l’envasement des retenues.
·
La protection
du milieu hydrique des déversements des effluents domestiques et
industriels.
·
La gestion durable des aquifères
par une exploitation rationnelle compatible avec leurs potentiels
renouvelables.
·
L’utilisation
rationnelle des ressources à travers l’économie de l’eau, désormais un
impératif incontournable de l’usage de l’eau.
L’agriculture, premier utilisateur
de l’eau dans notre pays avec 80 à 90% des ressources mobilisées, se
positionne en tant que premier secteur appelé à adopter les techniques
les plus efficientes. Dans
ce domaine il y’a lieu de
veiller à l’extension de l’irrigation localisée, à la maintenance
préventive et le renouvellement des infrastructures et à la valorisation
la meilleure de ces ressources par la pratique de cultures peu
exigeantes en eau et à haute valeur ajoutée.
Dans le secteur de l’AEP, les
efficiences dans les réseaux de transport et de distribution ne sont pas
partout satisfaisantes. Un
effort particulier doit être déployé pour pallier ces insuffisances.
Des efforts considérables et des
progrès notables ont été réalisés dans les domaines d’aménagement des
eaux, des extensions de l’irrigation et de la généralisation de l’eau
potable. Il demeure
cependant que ces efforts doivent être poursuivis et soutenus dans les
domaines de la préservation, de la protection et de la rationalisation
de l’utilisation de l’eau.
Le Maroc dispose actuellement pour
l’eau d’un cadre légale et réglementaire qui permet une gestion intégrée
des ressources en eau du pays.
Toutefois, les défis demeurent énormes car la mise en œuvre des
programmes d’action relatifs à l’eau nécessitent des investissements
énormes que les disponibilités budgétaires ne peuvent satisfaire.
De ce fait le recours au partenariat public-privé se révèle la
seule démarche susceptible de drainer des investissements nécessaires à
ce secteur.
Tenant compte de ces
considérations, le programme du Mouvement Populaire dans le domaine de
l’eau s’articule autour des axes suivants :
La planification.
·
Mise à jour des
schémas d’aménagement intégré des ressources en eau à l’échelle des
bassins versants.
·
L’établissement
d’un plan national de l’eau privilégiant la gestion intégrée des
ressources en eau (mobilisations optimale des ressources superficielles
et souterraines, dessablement de l’eau de mer pour l’AEP et l’industrie,
réutilisation des eaux usées).
Mise en œuvre du
cadre juridique et institutionnel.
·
Parachever la
mise en œuvre de la loi 10-95 par l’adoption des textes d’application y
afférents et la précision des missions et des responsabilités des
agences de bassins.
·
Rendre
opérationnelles les agences de bassins.
·
Participation
plus effectives des usagers de l’eau des associations professionnelles
et des collectivités locales aux organes de concertation en matière de
gestion des ressources en eaux.
·
Instaurer une
police de l’eau efficace.
Poursuite des efforts
de mobilisation des ressources en eau.
·
poursuite de la
mobilisation des eaux de surface par les barrages.
·
examen
approfondi des possibilités de transfert de l’eau pour assurer un
meilleur équilibre dans l’accès à l’eau entre les différentes régions et
limiter les pertes d’eau à la mer.
·
Modernisation
de la petite et moyenne hydraulique en tant qu’axe de développement
rural.
·
poursuite de la
recherche et de la mobilisation des eaux souterraines.
·
renforcement et
modernisations du système de suivi et d’évaluation des ressources en
eau.
Valorisation et
économie de l’eau d’irrigation.
·
Résorption du
décalage entre les superficies irriguées dominées par les barrages
existants et celles effectivement irriguées (108.000ha).
·
Améliorer les
performances du secteur irrigué par la réhabilitation des réseaux
vétustes et le renforcement de la maintenance et l’entretien des
équipements.
·
Amélioration du
cadre institutionnel de l’irrigation (méthode de gestion et
d’intervention).
·
Encouragement
de l’utilisation des techniques d’irrigation modernes et économes en
eau.
·
Amélioration de
la productivité des terres irriguées.
Rationalisation de
l’alimentation en eau potable et industrielle
(Economie, amélioration de
rendement, sensibilisation des usagers).
Sauvegarde des
ressources en eau souterraines.
·
Amélioration de
la connaissance des nappes souterraines (potentiel, qualité, etc.).
·
Recharge des
nappes.
·
Clarification
des responsabilités notamment avec les agences de bassins.
·
Encourager les
projets assurant l’économie de l’eau.
·
Appliquer la
législation de contrôle des pompages.
Aménagement
des bassins versants.
Mise en œuvre du plan national des
bassins versants pour lutter contre l’érosion et l’envasement des
barrages.
Sauvegarde des
écosystèmes fragiles
La sauvegarde et la protection des
écosystèmes fragiles comme les oasis et les zones humides doivent
constituer une préoccupation importante de la politique de l’eau.
Prévention et
protection contre les inondations
·
Prévision et
annonce des crues et préparation des plans de gestion des inondations.
·
La réalisation
des infrastructures de protection pour les zones les plus menacées.
Assainissement,
traitement et réutilisation des eaux usées.
·
Généralisation
des réseaux d’assainissement et développement des dispositifs
d’épuration des eaux.
·
Réduire la
pollution des ressources en eaux.
Aménagement
du territoire :
un facteur de
compétitivité face au défi de la mondialisation
Le Maroc est un grand pays par
l’étendue de son territoire et l’effectif de sa population .
La
forte pression démographique que le Maroc a connue entre les
années 1950 et 1970 se traduit actuellement par une forte pression sur
les ressources et les milieux naturels, dont l’acuité ira sûrement en
grandissant au cours des deux prochaines décennies. La population
marocaine serait de 33,5 millions d’habitants en 2010 et de 40 millions
d’habitants en 2020.
La dynamique de l’espace marocain
depuis le début du XXème siècle est dominée par une forte
concentration de la population et des activités économiques dans les
zones littorales. Cette évolution a fini par donner
à ces espaces, ainsi qu’aux eaux
territoriales correspondant une importance inégalée au niveau du
développement et de l’aménagement du territoire.
La force de la structuration du
territoire national réside dans la rente de situation géographique du
Maroc, à la croisée de deux grands axes particulièrement importants au
plan des relations internationales : l’axe Europe-Afrique, dans le sens
Nord-Sud, et l’axe Sud méditerranéen qui, de l’Ouest à l’Est, relie les
pays du Maghreb à ceux du Machrek arabe.
Cette rente de situation se distingue aussi par la double
ouverture maritime du Maroc, sur la Méditerranée et sur l’Atlantique.
En outre, la diversité des milieux
géographiques, en contribuant à la diversification des ressources, des
genres de vie et des patrimoines locaux, constitue une richesse de
grande importance, qu’il conviendrait de valoriser, non seulement à
travers la dynamisation des mécanismes de complémentarité et de
solidarité entre les espaces, mais également en prenant appui sur cette
diversité pour accroître l’attractivité du territoire national vis à vis
des investisseurs et des touristes.
La valorisation des capacités des
différentes composantes de la géographie physique et humaine du
territoire national est tributaire de la résorption des déséquilibres
existants et de la levée des différents facteurs qui, au Maroc, freinent
la dynamique de développement. Dans cette perspective, la politique
d’aménagement du territoire vise à relever un ensemble de défis, dont
les plus importants résident dans: le dualisme, hérité de l’époque du
Protectorat, qui existe de nos jours
entre le « Maroc utile » et le « Maroc inutile », la faiblesse du
rythme de la croissance économique, l’accumulation des retards de
développement dans le monde rural, la crise des milieux urbains et
l’accentuation de la pression sur les ressources naturelles.
A la lenteur de la croissance
économique, s’ajoute son inégale diffusion dans l’espace et parmi les
différentes catégories sociales. C’est ainsi que du fait de la
focalisation des efforts de l’Etat -et dans son sillage le secteur
privé- sur les zones réunissant les conditions propices à
l’investissement lucratif (Axe atlantique entre Kénitra et Jorf Lasfar,
périmètres d’irrigation moderne et certains îlots le long des zones
littorales). Le cordon littoral revêt une importance particulière, en
abritant 61% de la population des grandes villes, 80% des salariés de
l’industrie et 53% des capacités d’hébergement du secteur touristique.
Le reste du territoire national est en marge de la dynamique générale de
développement économique et social; d’où exode rural, pauvreté dans les
ceintures des villes et en milieu rural, approfondissement des
inégalités entre les différentes catégories sociales et entre les villes
et les campagne et forte accélération des processus d’exclusion et de
marginalisation.
Le monde rural en particulier est
au coeur des grandes questions que soulève l’aménagement du
territoire au Maroc. La population rurale est actuellement le double de
ce qu’il était au début du XXème siècle, et elle est appelée
à croître au cours des prochaines décennies. De ce fait, l’agriculture
ne pourra pas, à elle seule, procurer l’emploi et les ressources de vie
pour l’ensemble des ruraux. D’où l’importance de
l’impulsion de l’investissement, dans l’agriculture certes mais
aussi dans des activités non agricoles.
Ces différents déséquilibres qui
caractérisent l’espace national, sont en partie dus aux insuffisances de
la gestion publique, qu’il s’agisse des options de développement
retenues, des structures d’intervention ou des méthodes de travail.
Ainsi, les choix en vigueur tout au
long des quatre dernières décennies ont été largement déterminés par
l’approche sectorielle et la logique de la rentabilité économique,
entraînant l’ancrage des tendances spontanées de structuration de
l’espace national,
dont particulièrement : le renforcement de la
centralité de l’axe atlantique moyen et la polarisation de la
dynamique de développement à l’extérieur de cet axe sur les périmètres
irrigués, les grandes villes et les centres d’estivage littoraux. De
même, les secteurs sociaux et culturels ont accusé beaucoup de retard,
et de grands préjudices ont été portés aux ressources naturelles et aux
équilibres de l’environnement. A cause de la pauvreté et de la
marginalisation de vastes espaces du territoire national, les phénomènes
anthropiques ont autant dégradé que les effets des calamités naturelles.
Si depuis le début des 1970 les pouvoirs publics ont opté pour
une approche qui place la question du développement dans le cadre global
de l’aménagement du territoire, et adopter la régionalisation en tant
que méthode de mise en oeuvre des choix de développement, cette première
expérience de régionalisation n’a pas été probante, à cause des raisons
suivantes:
- la réduction de la régionalisation à la répartition entre les
régions économiques des programmes prévus dans le cadre des
plans de développement et leur gestion de façon centralisée ;
-
l’incapacité
des Assemblées Régionales d’assurer le rôle de structure d’animation du
développement sur leur territoire, du fait des missions, à caractère
consultatif, dévolues à ces assemblées, sans beaucoup de moyens
matériels et humains ni ressources financières conséquentes ;
- la fragilité de l’institution de l’aménagement du territoire,
induite par l’hésitation qui, tout au long de trois décennies,
marqua
la politique publique dans ce domaine;
A l’heure actuelle, si
l’aménagement du territoire constitue un Département ministériel à part
entière, il n’aura d’effet sur la réalité que si des mesures sont prises
pour lever les blocages qui freinent l’action du ministère
principalement à deux niveaux :
-
l’insuffisance
des ressources financières et humaines, dont dépend la représentation du
ministère au niveau régional et sa capacité à prendre en charge
efficacement les questions de l’aménagement du territoire ;
-
l’absence de
mécanismes institutionnels et réglementaires à même d’assurer la
coordination en matière d’aménagement du territoire entre les différents
intervenants et de donner à l’action du Ministère l’efficacité requise
par le développement, dans le contexte actuel, aux niveaux interne et
externe.
Aujourd’hui, le Maroc, sous la
conduite éclairée de SM le roi Mohamed VI,
inscrit de nouveau sa politique de développement dans le cadre
global de l’aménagement du territoire, dans un contexte marqué au
niveau national, particulièrement, par l’élargissement de
l’espace d’exercice des libertés démocratiques, l’accomplissement de
l’édification des institutions constitutionnelles, la promotion de la
région au rang de collectivité locale décentralisée, la réalisation de
l’alternance politique et l’orientation vers l’instauration de la
déconcentration de l’administration.
Le Mouvement Populaire s’inscrit
dans cette nouvelle voie qui répond aux impératifs de faire face aux
contraintes de la mondialisation et de relever les défis du
développement.
Dans les années à venir, le Maroc
est appelé à agir vite pour maîtriser la croissance spatiale de ses
villes, rationaliser l’exploitation des ressources naturelles et trouver
une solution efficiente à la rupture des équilibres
d’antan dans les campagnes entre les populations et les
ressources.
Le développement rural, avec tout
ce qu’il implique comme rattrapage des retards accumulés dans les
domaines des infrastructures de base, sociales et sanitaires et des
conditions de vie, comme développement des compétences des ressources
humaines, amélioration des performances du secteur agricole et
diversification des bases de l’économie rurale et protection des
ressources et de l’équilibre des milieux naturels est enregistré à la
tête des priorités du développement national.
Un choix stratégique qui est, selon le Mouvement Populaire, dicté
par les considérations suivantes :
-
malgré la
poursuite prévisible des flux de migration des populations des campagnes
vers les villes au cours des prochaines décennies et la diminution du
poids de la population rurale par rapport à la population totale du
pays, l’effectif absolu des ruraux en 2020 restera au même niveau
actuel. En conséquence, le développement national ne pourra nullement se
réaliser si un tel effectif de concitoyens demeurerait exclu du bénéfice
des résultats du développement économique et social du pays;
-
faute d’un
développement du secteur agricole, en particulier, et de l’économie
rurale, en générale, l’économie nationale serait privée de l’un de ses
piliers majeurs, l’exode rural s’accélérerait et viendrait accentuer les
déséquilibres urbains;
-
le risque est
grand aussi d’assister par le maintien de ce retard du monde rural à
l’accélération des processus de dégradation des ressources naturelles,
ce qui hypothéquerait le développement national dans sa globalité.
Mouvement Populaire met l’accent
sur les actions suivantes :
- la mise en place de mécanismes de financement des déficits dont
pâtit la majorité des zones rurales
dans les domaines des infrastructures de base et des équipements sociaux
et culturels ;
- la rupture de la situation de blocages structurels dont souffre
le monde rural, et qui ne peut être atteinte sans la modernisation des
statuts fonciers ;
- la conciliation entre les exigences du développement et les
intérêts de la population, d’une part, et les contraintes inhérentes à
la nécessité de sauvegarder les ressources naturelles, qui deviennent
d’autant plus aiguës quand il est question de l’eau et des milieux
écologiques fragiles, d’autre part ;
- l’élaboration de solutions techniquement viables,
économiquement
rentables et à moindre coût
socialement pour des problèmes épineux, tels que le transport,
l’adduction d’eau potable et la collecte et le traitement des déchets
solides et liquides.
Réforme
fiscale
Au Mouvement Populaire, on estime que pour plus d’efficience,
toute réforme fiscale doit nécessairement porter aussi bien sur la
fiscalité d’Etat que celle des collectivités locales (fiscalité locale).
Réforme de
la fiscalité de l’Etat
Depuis la réforme des années 80, la fiscalité marocaine comporte
quatre composantes principales : l’impôt général sur le revenu,
l’impôt sur les sociétés, la taxe sur la valeur ajoutée ainsi que
quelques impôts cédulaires comme la patente, la taxe urbaine…
Cette fiscalité se caractérise par
plusieurs déséquilibres qui altèrent sa structure en la rendant injuste
et peu productive. Il s’agit notamment de la prédominance des taxes sur
la consommation comme la TVA qui pèsent lourdement sur les couches
sociales défavorisées ainsi que de l’importance démesurée des impôts sur
les revenus salariaux et sur les grandes entreprises au niveau des
impôts directs.
Quant à la pression fiscale, elle
apparaît relativement lourde puisqu’ elle représente quelque 23%
du PIB (Tunisie 20 %, Turquie 19 %), ce qui est pénalisant pour
l’économie nationale. Elle constitue de ce fait un surcoût qui réduit la
compétitivité de nos entreprises.
La fiscalité marocaine souffre
aussi de sa grande complexité puisqu’ elle comporte une multitude
d’impôts et taxes qui frappent parfois le même revenu et/ou la même
consommation. Ce qui rend son application très difficile pour les
contribuables et coûteuse pour l’administration fiscale.
Dans l’objectif de faire de cette
fiscalité un véritable levier de développement économique et de justice
sociale, le Mouvement Populaire insiste sur sa réforme dans le sens de
la rendre plus équitable, plus simple, plus incitative et plus
productive. Ainsi des principes généraux tels que la simplification,
l’équité, la productivité et l’incitation doivent guider toute
restructuration du système fiscal national :
Pour atteindre ces principaux
objectifs, plusieurs axes de réforme sont proposés :
1ier axe : Elargir
l’assiette fiscale à travers l’imposition de certains revenus sous
imposés ou exonérés (immobilier, capital, agriculture à
haute valeur ajoutée…), la lutte efficace contre l’évasion et la
fraude fiscales (renforcement des moyens de contrôle fiscal,
sensibilisation au civisme fiscal…).
2ième axe : Renforcer
les aspects sociaux de notre fiscalité en allégeant le taux supérieur de
l’IGR de 44%, en augmentant le seuil d’imposition à 24000 dhs, en
réduisant les taux de la TVA sur les produits de 1ere nécessité…
3ième axe : Simplifier
le système fiscal en réduisant le nombre des taux de la TVA et en
supprimant le régime forfaitaire basé sur les indices de l’impôt des
patentes et son remplacement par un régime de forfait concerté, assis
sur des indicateurs de dépense du contribuable.
4ième axe : Moderniser,
restructurer et mettre à la disposition de l’administration fiscale les
ressources humaines et techniques suffisantes afin qu’elle puisse faire
face à ses missions de manière efficace et efficiente ;
5ième axe : Assurer une
répartition équitable de la charge fiscale entre les différentes
catégories socio – professionnelles et entre les divers secteurs et
activités économiques. La contribution de chacun doit être
proportionnelle à ses capacités contributives et à son potentiel avéré.
6ième axe : Création
d’un espace fiscal spécifique, dédié à la promotion de la petite et
moyenne entreprise
Réforme de
la fiscalité locale
L’expérience acquise par le
Mouvement Populaire dans la gestion des affaires locales lui permet
d’affirmer que le besoin de réforme de la fiscalité locale obéit à deux
expériences essentielles :
·
Nécessité
d’adaptation de cette fiscalité aux nouvelles exigences de la
décentralisation
·
Nécessité
d’articulation de la fiscalité locale avec la fiscalité de l’Etat, pour
éviter des surcroîts fiscaux nuisibles à la compétitivité des
entreprises.
Pour mener à bien cette réforme, le
Mouvement Populaire relève la pertinence des orientations suivantes :
·
Distinction
tranchée entre taxes et redevances ;
·
Suppression des
taxes et redevances à caractère nuisible et à faible rendement ;
·
Articulation de
la fiscalité locale sur un impôt central en l’occurrence l’impôt
foncier, qui présente l’avantage de la stabilité et de la transparence ;
·
Intégration
d’une fiscalité de l’environnement (écotaxes) ;
·
Suppression de
l’impôt des patentes devant se traduire par la mise en place d’un
mécanisme de péréquation au profit des collectivités locales.
La réforme proposée de la fiscalité
locale doit être approuvée
et mise en oeuvre avec une grande efficacité afin d’accroître et de
sécuriser les ressources des collectivités locales. Il s’agit de mettre
fin à la multiplication des taxes locales, de renforcer leur
productivité et de rationaliser leur application. La nouvelle réforme
introduira également deux innovations de taille : primo l’instauration
du système déclaratif comme au niveau national et secundo l’introduction
du mode de paiement trimestriel au lieu du système annuel actuellement
Réforme
financière et bancaire
Le système bancaire national se
caractérise toujours après plus de deux décennies de la réforme de 1993
par une forte concentration et par la quasi absence de toute concurrence
entre les banques. En effet, une dizaine de grandes banques apparaissent
en situation d’oligopole appliquant leurs propres conditions financières
(taux d’intérêt, commissions, agios,…) qui sont par ailleurs presque
identiques d’une banque à une autre et quasiment prohibitives.
Dans ce contexte très peu
concurrentiel, les conditions débitrices et créditrices appliquées par
le cartel bancaire ne permettent nullement ni de mobiliser efficacement
l’épargne nationale, ni de faciliter grandement le financement de
l’économie nationale. Ainsi, les différentes formes d’épargne (compte
sur carnet, dépôt à terme…) sont faiblement rémunérées tandis que
les crédits octroyés quelque soit leur nature et leur durée sont
très onéreux.
Or, le rôle et l’importance du
système bancaire et financier dans la promotion de l’investissement et
dans le développement économique de manière générale ne sont plus
aujourd’hui à démontrer. Un lien très étroit
et très fort existe et bien établi entre les performances du
système financier en matière de collecte des fonds et de distribution
des crédits et le niveau de
développement économique.
Dans l’objectif de dynamiser le
secteur financier national et de lui faire jouer amplement son rôle, une
réforme de deuxième génération s’avère indispensable afin de renforcer
les acquis tout en mettant en place un système performant, moderne et
concurrentiel.
Dans cette perspective, le
Mouvement Populaire propose
les axes de reformes suivants :
- La consolidation des réformes du marché des capitaux à
travers :
* L’élargissement des techniques de titrisation des différents
secteurs économiques afin d’en constituer un véritable levier de
financement de l’investissement ;
* La mise en place d’un cadre approprié pour l’exercice de
l’activité des organismes de placement en capital risque ;
* La réforme du marché des valeurs du trésor public :
amélioration du cadre contractuel, système de télétransmission…
-
La libéralisation et la modernisation du système financier national
par le biais de :
* La réforme de la réglementation prudentielle afin d’être au
diapason des standards internationaux (Bales II) ;
* La création d’une centrale de bilan par Bank al Maghrib ;
* La mise en œuvre de la réforme bancaire en cours de
discussion ;
* L’instauration d’une discipline de marché
* L’organisation et le renforcement du rôle du secteur de la
micro finance en tant qu’instrument de développement humain et social ;
- Renforcement des mécanismes de direction et de contrôle à
travers ;
* L’application effective de la loi sur le nouveau statut de
Banque Al Maghrib ;
* La mise en place d’un nouveau processus de surveillance
prudentielle.
* L’amélioration du fonctionnement et de la gestion du système
bancaire public afin de dépasser ces importants dysfonctionnements et de
prévenir les scandales financiers qu’il a connu ces derniers années…
Système des
retraites
Le
système marocain des retraites peu être qualifié de dual. En effet, à
côté des grands régimes
comme celui de
la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) ou le
Régime Collectif d’Allocation de Retraite (RCAM) existe plusieurs
régimes particuliers : OCP, ONE, ODEP…
Ces différents systèmes de retraite (CMR, CNSS, RCAM, CIMR…)
fonctionnent selon le régime de la répartition : les salariés
d’aujourd’hui sont imposés pour payer les retraités des salariés d’hier.
D’après les études actuarielles menées, la réforme des systèmes de
retraite se pose avec une grande acuité dans la mesure où leurs
équilibres financiers et leur pérennité sont remis eu cause.
Les maux de notre système sont nombreux .Les systèmes de retraite : CMR,
CNSS, RCAM, CIMR…versent des pensions qui varient en fonction de la
rémunération des salariés. Ils sont fondés sur le régime de la
répartition.
Avec le vieillissement de la population, il faut relever les
prélèvements pour payer les mêmes prestations aux retraités dont le
nombre ne cesse d’augmenter.
A
cette détérioration démographique s’ajoute l’évolution défavorable
puisque l’effectif des cadres parmi les pensionnés dépasse actuellement
30% contre seulement 6% en 1983.
Il
faut ajouter aussi que l’âge des affiliés qui était de 35 ans en 1982
est passé à plus de 42 ans actuellement..
D’autres facteurs structurels tels que la liquidation de la pension sur
la base de la dernière situation statutaire, la chute du niveau du
recrutement depuis 1983, l’allongement de l’espérance de vie… n’ont fait
qu’aggraver les équilibres financiers de tout le système de retraite
marocain.
Ainsi par exemple, l’étude actuarielle réalisée pour la CMR a relevé
qu’au cours des dernières années, le nombre de pensionnées a augmenté de
7% en moyenne tandis que celui des actifs ne s’est accru que de 2,5%. De
ce fait le rapport démographique a baissé en passant de 12 affiliés pour
un pensionné en 1983 à 6 affiliés en 1993 et à moins de 5 actuellement.
Afin de pérenniser le système et rechercher son équilibre financier, le
Mouvement Populaire propose un certain nombre de mesures et d’actions
concrètes visant la consolidation des ces structures financières. Il
s’agit en particulier :
D’harmoniser
tout le système à travers la poursuite de l’insertion des caisses de
retraites internes de certains établissements au sein du Régime
Collectif d’ Allocation de Retraites (RCAM) comme celles de l’ ODEP,
de l’ONE, de l’OCP…
- De la liquidation des
retraites sur la base de la moyenne des dix dernières années par exemple
au lieu de 3 et 5 ans actuellement ;
-De réformes des paramètres du
système : relèvement de l’âge de la retraite, du taux de cotisation ;
- De mener une réflexion sur la
mise en place d’un système de capitalisation du moins en partie. Un
système multipiliers basé sur un volet de cotisations obligatoires pour
une couverture minimale et un volet facultatif donnant la possibilité de
souscrire librement à un régime complémentaire.
Pour une
Stratégie du Commerce Extérieure
Il
ressort du diagnostic établi par le Mouvement Populaire que les
performances actuelles des exportations marocaines, par référence tant
au rythme de croissance qu’à la configuration de l’offre exportable, peu
diversifiée et peu élastique, ne sont pas en mesure notamment de :
-
compenser l’accélération de la progression des importations, surtout
compte tenu du démantèlement douanier programmé ;
-
garantir la pérennité à moyen et long termes de la balance des paiements
largement conditionnée par deux rubriques citées dans l’ordre
d’importance: les transferts des MRE et les recettes voyages;
-
induire un rythme de croissance économique soutenu, à même de répondre
aux besoins croissants de la population,
notamment en matière d’emploi.
Dans ce contexte, la réalisation d’une croissance forte, en partie
tributaire du dynamisme des exportations, dépend principalement de
l’adaptation de l’économie nationale à l’évolution de l’environnement
international de plus en plus marqué par les perturbations des marchés
et la compétitivité accrue.
A
ce titre, Le Mouvement Populaire conclut que la mise en place d’une
nouvelle stratégie de développement du
commerce extérieur marocain s’avère nécessaire. Inscrite dans le
prolongement logique de la politique de libéralisation commerciale dans
laquelle le Maroc s’est résolument engagé depuis les années 80, cette
stratégie pourrait s’articuler autour des orientations suivantes :
La poursuite de la protection du tissu productif national
Cette action de régulation devra être poursuivie à travers :
-
la
réduction des niveaux de la protection tarifaire pour l’adapter aux
engagements multilatéraux et tenir compte du démantèlement tarifaire
prévu dans le cadre des accords de libre-échange.
-
Le
renforcement du système de défense commerciale à l’encontre des
pratiques commerciales déloyales ou des importations massives
préjudiciables par l’adaptation du cadre juridique et institutionnel et
le renforcement des compétences nationales.
La
promotion des exportations :
L’analyse des exportations permet de dévoiler le niveau relativement
faible de la compétitivité externe de l’économie marocaine, en raison de
la persistance de la rigidité structurelle de l’offre exportable et du
renchérissement des principaux coûts de facteurs de production.
Aussi, une nouvelle vision
stratégique devra-t-elle répondre aux exigences suivantes :
L’amélioration de la compétitivité des entreprises exportatrices par
l’adaptation des coûts des facteurs aux conditions de la concurrence,
notamment à travers :
-
La
révision du système actuel d’incitations fiscales à l’exportation
qui ne répond plus aux exigences d’une économie ouverte et compétitive,
-
La
consolidation du système d’assurance à l’exportation afin de servir
d’outil d’accompagnement aux entreprises pour la conquête des marchés et
la diversification des débouchés,
-
Le
réaménagement du système de financement de l’exportation par
l’assouplissement et l’adaptation des conditions de financement aux
besoins des entreprises exportatrices et principalement les PME.
La
dynamisation de la promotion commerciale
Pour développer la promotion de proximité, la promotion commerciale
mérite d’être dynamisée à travers la mobilisation efficace des
ressources humaines et financières disponibles.
En accompagnement du plan Emergence et dans la logique de la
nouvelle vision de promotion commerciale, la réforme à entreprendre
devra porter sur :
-
Le
recentrage des actions promotionnelles du Centre Marocain de Promotion
des Exportations pour assurer le suivi des marchés et de la demande
internationale, la mise en œuvre d’une stratégie de communication
appropriée et l’assistance technique intégrée aux entreprises.
-
La
contribution à la dynamisation de la diplomatie économique en guise
d’appui à la dynamique d’ouverture de nouveaux marchés aux exportations
marocaines et d’attraction des investissements.
La
simplification des procédures
L’action de simplification et de rationalisation à entreprendre devrait
être menée suivant une démarche globale, coordonnée et concertée
mobilisant les différents intervenants du commerce extérieur, pour
supprimer ou du moins réduire les surcoûts liés à la complexité ou à la
lourdeur des procédures.
La
poursuite de l’allègement des procédures, la normalisation des documents
commerciaux, le renforcement de la promptitude des informations
commerciales, l’amélioration de la qualité et la compétitivité des
services de transport et de logistique et la dématérialisation des
procédures constituent autant d’actions à entreprendre pour faciliter
l’instauration d’un environnement propice à la facilitation des
échanges.
La
diversification de l’offre exportable
A
ce propos, le programme Émergence tente de répondre en procédant à
l’identification des secteurs à fort potentiel de développement,
répondant par là à l’exigence de la diversification de l’offre
exportable en guise d’appui à la promotion des exportations.
La
mise en œuvre de ce programme interpelle l’implication de tous les
intervenants en matière du commerce extérieur, d’autant plus que les
engagements du Maroc à l’échelon international constituent autant
d’opportunités qu’il conviendrait de saisir pour faire avancer et
accélérer les réformes.
A
cette fin, les opérateurs économiques sont invités à relever les
challenges de la mise à niveau, de l’innovation, de la qualité et de
l’anticipation de la demande des marchés.
De
leur côté, les pouvoirs publics sont invités à encourager le
développement des filières industrielles au travers de la sélection des
métiers porteurs d’exportation, et à appuyer la conception et le
développement de produits à haute valeur ajoutée.
La
diversification des débouchés commerciaux du Maroc
Hormis la poursuite de la consolidation de ses acquis auprès de son
principal partenaire, à savoir l’Union Européenne, le Maroc gagnera
à renforcer davantage ses relations commerciales avec son voisinage
africain, arabe et islamique.
L’activité économique mondiale est désormais impulsée par les moteurs
régionaux qui jouent le rôle de propagateurs du dynamisme économique.
Dans la plupart des zones géographiques, le rôle du commerce
intra-régional s’est avéré déterminant en matière de relance économique
et la réussite de l’ancrage régional constitue un facteur favorable à
une insertion réussie dans les flux d’échange et d’investissement
internationaux.
Le
Maroc peut tirer profit de cette orientation en procédant , notamment
à :
-
la
réactivation des relations commerciales avec les pays d’Afrique dont les
marchés offrent encore d’appréciables opportunités pour le tissu
industriel national comme en témoignent les résultats très satisfaisants
réalisés par les entreprises déjà présentes sur ces marchés ;
-
l’approfondissement des relations commerciales avec les pays arabes ;
-
la
participation à la redynamisation de la coopération commerciale
intra-islamique ;
-
la
mise en oeuvre du recentrage du commerce extérieur marocain sur l’axe
Amérique-Asie susceptibles non seulement d’améliorer le niveau des
échanges commerciaux avec ces pays mais également d’enclencher une
dynamique d’investissements étrangers en quête de délocalisation.
Réforme de
la justice
Une justice moderne, transparente,
efficace et rapide aussi bien au niveau du
traitement des dossiers qu’au niveau de leur exécution, permettra
le regain de la confiance des citoyens et des investisseurs et
contribuera à l’édification d’un état de droit qui garantit l’égalité
des chances et l’indépendance de l’appareil juridique de toute influence
politique, administrative ou financière.
Dans le cadre de la réforme entamée
il y’a quelques années, l’accent a été mis sur la motivation des
ressources humaines (à travers la promotion et la réforme de leur
système de salaire) , la formation, la moralisation de la justice et
l’exécution des décisions juridiques.
Bien que ces mesures soient
louables, notre justice reste loin d’être ce que tous les marocains et
les investisseurs attendent d’elle. Elle est trop lente, plus ou moins
corrompue, influençable par les pouvoirs politiques, et n’inspire pas
encore confiance.
De l’avis du Mouvement Populaire,
un plan d’action d’activation de la réforme s’avère nécessaire et
devrait comprendre les mesures et actions suivantes.
·
La mise en
place de délais pour le traitement des litiges et l’exécution des
verdicts.
·
La mise en
place d’une structure de supervision indépendante de système juridique
·
La formation
continue des juges
·
L’introduction
de la notion de « plea bargain», verdict négocié.
·
La réduction de
l’encombrement des prisons marocaines à travers l’augmentation de leur
capacité d’accueil à 50 milles (en construisant des prisons proches des
résidence des prisonniers) et en encourageant l’entente pour des cas ne
dépassant pas 2 ans de prison.
·
La
consolidation de l’indépendance des juges.
Gouvernance
et lutte contre la corruption
Au-delà de son caractère illégal
juridiquement et immorale éthiquement, le phénomène de la corruption
pollue le climat économique, politique et social, accentue les relations
de défiances entre les acteurs sociaux et altère fortement
l’attractivité de notre pays pour les investisseurs étrangers.
Il est certain que des efforts ont
été faits ces dernières années (réglementation des marchés publics…)
mais la perception des citoyens, des médias, des ONG nationales et
internationales en matière de moralité et de bonne gouvernance demeure
très négative.
Le sentiment dominant est que la
corruption s’est élargie au cours de ses dernières années. D’ailleurs le
Maroc qui occupait en 2000 , la 37ième place dans l’Indice de
Perception de la Corruption (IPC) réalisé par Transaparency
internationale a dégradé au 78ième rang en 2005.
Afin d’endiguer ce grand fléau et d’atténuer ces conséquences
très fâcheuses à tous les niveaux, le gouvernement a fait de la lutte
contre la corruption l’un de ses axes d’action les plus importants. Le
Mouvement Populaire souscrit globalement au plan d’action initié tout en
insistant sur la nécessité et l’urgence de sa mise en application
effective et efficace.
Les actions les plus importantes qu’il faudrait mettre en œuvre
de manière urgente sont :
- La ratification de
la convention internationale de lutte contre la corruption obligeant par
là le gouvernement à appliquer toutes ses dispositions et leur insertion
dans la législation nationale ;
- La création d’une instance véritablement indépendante
(politiquement, financièrement,…) de lutte contre la corruption
disposant de tous les moyens nécessaires pour intenter des actions en
justice, pour diligenter des investigations et enquêtes, pour mener des
compagnes de sensibilisation…
- La garantie de l’indépendance de la justice tout en comblant
les vides juridiques dans les lois pénales qui sanctionnent la
corruption et en activant les dispositions de la loi sur la déclaration
du patrimoine ;
- L’application effective des lois et règlements en vigueur en
matière de lutte contre la corruption tout en renforçant et en
dynamisant les organes d’investigation et de contrôle afin de pallier
leur défaillance chronique (la cours des comptes, l’inspection générale
des finances…) ;
- La mise en œuvre d’actions spécifiques au niveau des secteurs
les plus corrompus …
- Le renforcement des compagnes de prévention, des programmes
d’éducation et de formation de manière à contribuer à l’enracinement des
valeurs et normes d’éthique et de transparence dans tous les rouages de
la société ;
- L’établissement d’un partenariat avec les ONG, les groupements
professionnels et les pouvoirs publics pour coordonner leurs efforts
dans le domaine de la lutte contre ce fléau.
La
politique d’incitation à l’investissement.
Depuis son indépendance le Maroc a
fait le pari de l’option libérale fondée entre autre sur une politique
d’encouragement de l’investissement national et international. Cette
politique s’est matérialisée par l’initiation et l’application de codes
d’investissement comportant un ensemble de mesures fiscales et
financiers incitatives.
Ainsi, plusieurs codes se sont
successivement succédés (1958, 1960,1973,1 983) avant leur refonte
totale dans la charte d’investissement de 1996. Celle-ci a été fondée
sur quelques principes directeurs essentiels dont notamment :
- L’harmonisation des avantages consentis aux investisseurs entre
les secteurs économiques et les régions du Royaume. La politique de
sectorialisation et de régionalisation de la stratégie d’incitation a
été abondonnée ;
- La généralisation des stimulants fiscaux et financiers octroyés
à tous les investisseurs et opérateurs économiques.
- L’instauration d’un régime contractuel pour les gros
investisseurs prévoyant des encouragements plus spécifiques et plus
importants…
Sur un autre plan, la stratégie de l’ Etat dans ce domaine a été
complétée sur le plan institutionnel par le biais du renforcement de la
direction des investissements extérieurs, la mise en place d’une
commission interministerielle des investissements… De même afin de
faciliter et de promouvoir l’acte d’investissement et la création des
entreprises, des centres régionaux d’investissement (CRI) ont été mis en
place en 2002 au niveau de chaque région du pays.
En dépit des efforts déployés par
les pouvoirs publics dans ce domaine, l’investissement demeure toujours
insuffisant et son développement se heurte à plusieurs contraintes qu’il
faudrait dépasser afin d’atteindre un taux d’investissement de nature à
relancer la croissance économique, à atténuer le chômage et à contribuer
à lutter contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion.
Pour ce faire, le Mouvement
Populaire propose un certain nombre d’orientations essentielles de
réformes de nature à améliorer le climat général de l’investissement et
des affaires :
- Renforcer le rôle et la place des CRI en les transformant en
véritables guichets uniques et seuls interlocuteurs pour les
investisseurs et les entreprises. Ces CRI devraient être pourvus en
ressources financières et humaines suffisantes ;
- Améliorer l’environnement juridique de l’investissement et de
l’entreprise : simplification des formalités de création des
entreprises, suppression ou allégement des procédures administratives
relatives au demandes d’autorisation pour des projets d’investissement …
- Initier et mettre en œuvre une stratégie nationale visant à
desserrer les fortes contraintes de l’investissement en matière
financière, foncière… (développement des zones industrielles , promotion
de nouveaux modes de financement…)
- Faire aboutir les réformes structurelles engagées ou à initier
dans le domaine de la justice, de l’administration … de manière à créer
un climat propice aux affaires caractérisé par la transparence et la
bonne gouvernance ;
-
Aider efficacement à la création des entreprises au moyen de la
promotion de l’ esprit d’entreprise, du développement des incubateurs,
de la mise en place de cellules d’information/conseil…
-
Mettre en place
des mesures incitatives pour encourager l’investissement à même de
réduire les déséquilibres entre les régions
Code de la
grève et flexibilité de l’emploi
Le Code du Travail a été un grand
pas en avant dans la modernisation des relations sociales au Maroc et a
été le fruit d’un effort tripartite (syndicats, employeurs,
gouvernement). Les décrets d’application n’ont pas tardé. Actuellement,
le Maroc dispose d’un code qui est assez moderne et en harmonie avec les
recommandations internationales dans ce sens. Néanmoins, il reste du
travail à faire pour passer une loi organisant le droit à
la grève. Sans
code de grève, il est difficile d’attirer les investisseurs et gagner la
confiance du patronat et du monde des affaires. La grève est un droit
mais elle implique des responsabilités également.
Egalement important est la
flexibilité de l’emploi qui doit être basée sur la compétence et la
productivité et le principe de la survie de l’entreprise. Les
expériences internationales ont montré que là où l’emploi est flexible
les retombées sur la réduction du chômage sont importantes. Un dialogue
tripartite et franc dans ce sens doit être enclenché afin d’améliorer le
climat des affaires au Maroc du point de vue de l’emploi.
Faire sortir la loi spéciale sur le
travail domestique promise dans le code du travail revêt une urgence
importante et doit comprendre un volet sur l’interdiction claire du
travail domestique des enfants.
Réforme
plus rigoureuse du système de formation et de recherche.
Enseignement supérieur
L’enseignement supérieur est l’une des principales composantes de
la formation du citoyen marocain. Il occupe une position privilégiée
dans l’instruction et dans
l’acquisition du savoir de
par son rôle dans la formation de l’élite du pays et sa situation en
tant que berceau de la recherche scientifique, de la créativité, du
développement de la pensée et de la diffusion de la science.
Conscient de cette importance, le Mouvement Populaire
préconise une formation universitaire en phase avec l'évolution sociale,
économique et culturelle du pays. Celle-ci
s'articule autour
des principaux axes suivants:
·
Apporter aux
étudiants une formation
solide et équilibrée avec des contenus
en prise avec l’évolution des connaissances universelles et sa
dimension qui exploite la richesse de la démarche scientifique.
·
Opter pour d’autres
approches pédagogiques qui s’écartent du modèle courant
d’apprendre et de réciter.
·
Développer chez
l’étudiant l'esprit de l'effort personnel, la prise d’initiative, la
capacité d’autonomie et la technicité
de la communication.
·
Garantir une bonne
lisibilité des cursus proposés afin de permettre aux étudiants
de mieux choisir leur voie d'avenir.
·
Eviter une
spécialisation prématurée qui pourrait
avoir comme conséquence de priver
les étudiants des larges choix d’orientation.
·
Créer des structures
qui rapprochent les élèves du lycée du nouveau contexte de l’université
pour mieux les préparer à prendre en charge leur choix de carrière.
La réforme pédagogique entrée en application depuis trois ans est censée
répondre à ces objectifs. Rappelons qu'elle est basée sur le système LMD
( Licence- Master- Doctorat) selon une organisation semestrielle en
filières et modules avec capitalisation et un mode d'évaluation des
connaissances par le biais des contrôles continus.
La réforme pédagogique est actuellement au stade de la licence ,
depuis sa mise en application en 2003.Son déroulement rencontrent de
nombreux problèmes dont la gravité dépend des effectifs des
établissements de masses concernés. Mais, d'une manière générale, ces
difficultés résultent d'un manque important de moyens humains et de
matériels et de vision permettant d'élaborer des cursus en prise les
attentes sociales et économiques et l'évolution qui s'opère à tous les
niveaux.
La formation universitaire du troisième millénaire être
qualifiante pour appréhender l'évolution technologique et s'adapter aux
besoins du marché de l'emploi.
Partant de ces concepts, Le programme politique du Mouvement Populaire
préconise un ensemble de mesures dont principalement :
§
Mettre en place les conditions
les mieux appropriées, moyens humains et matériels, pour un déroulement
favorable de la réforme pédagogique selon le système LMD,
§
Revoir la conception
et la définition de certaines filières et les contenus pour répondre aux
objectifs de la réforme attendue,
§
Assurer les
conditions d'un encadrement de proximité garant de la qualité des
formations,
§
Créer le maximum de
connexions avec les entreprises pour les impliquer dans les cursus des
formations et surtout celles à caractère appliqué,
§
Veiller à introduire
des contenus des cursus qui apportent une innovation et une valeur
ajoutée à notre enseignement supérieur,
§
Les TIC doivent être
au centre des formations universitaires en raison de leur rôle actuel et
futur dans tous les domaines de la vie,
§
Introduire
l'évaluation en tant qu'outil de régulation et de suivi pour la gestion
pédagogique et organisationnelle,
§
Les conditions de vie
des étudiants doivent être prises en compte en tant que composante
principale de l'université,
§
Renforcer la
formation destinée aux ressources humaines des entreprises,
§
Ouvrir la perspective
pour introduire d'autres types de formations délocalisées: formation à
distance et formation par alternance,
§
Relancer l’offensive
vers les collectivités locales et les chambres professionnelles en vue
de réinstaurer les liens de
la collaboration qui
connaissent un certain relâchement, ces derniers années,
§
Mener une compagne
d’information sur les enjeux de la réforme universitaire pour permettre
aux partenaires d’en prendre connaissance afin de solliciter leur
adhésion et leur contribution,
§
Mener une compagne
d’information vers les lycées afin de permettre aux futurs étudiants
d’appréhender les différents mécanismes des études universitaires.
§
Activer la création
de l'Agence Nationale d'Evaluation prévue par la loi 01.00.
Recherche scientifique
Notre
Recherche Scientifique, malgré les efforts déployés et les
résultats obtenus, souffre d'un manque de lisibilité, de visibilité et
de stratégie. Une évaluation, bien que limitée,
a permis de mettre
en exergue des dysfonctionnements importants et des défaillances
ayant limité la portée de la production scientifique
et le développement de la recherche durant les quarante dernières
années. Elle est caractérisée par ailleurs par un effet solitaire et un
élan volontariste.
De façon succincte, il est difficile de voir fleurir une
recherche scientifique dans le contexte de :
·
l'absence de
structuration et de stratégie d’envergure de la recherche scientifique;
·
le manque
d'évaluation et de régulation du système de recherche;
·
la prédominance
de la recherche individuelle et l'absence de pérennité des thématiques
de recherche;
·
l'insuffisance
et la dispersion des moyens financiers alloués.
Le Mouvement Populaire estime
aujourd’hui que, parallèlement au domaine de la formation, la
recherche scientifique doit :
·
être en mesure
de suivre l’évolution technologique et être au service du progrès socio-
économique,
·
s’imprégner des
problèmes de la société en prenant
en charge les sujets au progrès économique et social de notre
pays. (eau, environnement)
·
participer et
être impliquée dans le
décollage économique et le processus de transfert des
technologies et au rayonnement
scientifique et à la veille technologique,
·
Par ailleurs,
il incombe au secteur de la
recherche : d’accompagner la restructuration et la mise à niveau
des entreprises en leur prêtant assistance, conseils et formation de
manière à les rendre
plus compétitives et
performantes;
·
Mettre en place
des cellules de recherche- développement et d’interface avec le monde
industriel et les entreprises.
·
de développer
les formations de pointe;
·
d’assurer
l’innovation et de veille technologique.
Mesures à prendre :
·
Il faut
procéder à une évaluation de la situation établir un état des lieux afin
de mieux cerner la réalité et la problématique sur le terrain. Mettre en
place d’un programme de restructuration qui s’adapte aux évolutions en
tenant compte des nouvelles donnes et
des préoccupations de l’heure.
·
Soutenir le rapprochement entre
les Universités et les entreprises afin d’orienter davantage la
recherche vers le développement technologique.
·
Le financement de la recherche
devrait, dorénavant, relever progressivement des contrats avec le monde
extérieur. Pour cela il faut développer ce
côté relationnel avec le monde de l’activité économique,
convaincre et gagner la confiance des partenaires.
·
IL devient nécessaire de mettre
en place une recherche qui vise à contribuer à la création de la
richesse, à stimuler le
progrès social et à provoquer la veille technologique.
·
Le
libre choix des thèmes est peut-être considéré comme une tradition
académique dans certains pays, mais l’évolution impose d’accompagner ces
degrés de liberté par des choix prioritaires qui eux sont liés au
développement du pays.
·
Il y a lieu
d’exiger des universités de fournir un rapport annuel sur leurs
activités de recherche qui servira comme base pour l’attribution des
budgets et de présenter un projet d’établissement, tous les deux ans,
qui tient lieu de bilan et de programme qui fixe les priorités à court
terme
·
Selon la
production scientifique, il est tout à fait concevable d’établir un
classement des universités à l’instar de nombreux pays à travers le
monde.
·
La coopération
internationale est vitale pour le secteur de la recherche, le
développement de ce volet doit occuper une place importante dans nos
programmes des échanges internationaux.
Formation professionnelle
La charte nationale d’éducation et de formation, résultat d’une
approche consensuelle, entre les forces vives de la nation, est
considérée comme un référentiel de la réforme de notre système de
l’éducation et de la formation. qui s’est assignée comme objectif la
formation d’un bon citoyen capable d’acquérir les connaissances
scientifiques et la technologie avancée qui constituent la voie idéale
pour vaincre le sous-développement et être en mesure d'accompagner le
progrès et les mutations que connaît actuellement le monde.
La période 2000 -2009 est déclarée
décennie de l’éducation et de la formation.
La réforme engagée conformément aux principes de
la charte, place la formation professionnelle en tant que levier pour la
satisfaction des besoins en compétences des entreprises, la promotion de
l’emploi des jeunes, et l’amélioration de l’employabilité des
travailleurs par le développement de la formation continue.
Pour ouvrir de nouveaux horizons de
formation devant les jeunes, des passerelles internes doivent être
instituées pour permettre aux lauréats les plus méritants d’accéder au
niveau immédiatement supérieur..
La stratégie doit être basée sur
une nouvelle approche globale et intégrée pour ancrer le dispositif de
formation dans le secteur productif. Cette approche reposera sur :
ü
la réalisation
de programmes sectoriels de formation professionnelle dans un cadre
contractuel avec les professionnels;
ü
Le
développement et la mise à niveau de l’appareil de formation, tous modes
confondus, pour répondre à la demande du marché du travail.
ü
L’extension de la formation
alternée, le développement de la formation par apprentissage et la
formation en cours d’emploi, qui consacrent le milieu du travail, comme
espace privilégié pour l’acquisition des compétences, et
l’imprégnation de la culture de l’entreprise.
ü
la
généralisation de la réingénierie du dispositif de FP selon l’Approche
par compétences, pour permettre aux bénéficiaires d’acquérir les
compétences répondant aux besoins identifiés, valoriser l’expérience
professionnelle par la validation des acquis, rendre plus transparente
la gestion du marché de l’emploi, et améliorer le rendement du
dispositif de formation professionnelle.
La stratégie doit être également
fondée, , sur une politique d’ouverture et de partenariat dynamique
associant les pouvoirs publics, les collectivités locales, les chambres
et associations professionnelles, les partenaires sociaux, les ONG,
etc…, et consiste en l’
implication des professionnels dans la planification et la gestion du
système.
Ainsi, l’implication davantage
des organisations professionnelles dans le cadre de cette
politique contractuelle, visera l’élaboration de programmes de création
d’établissements sectoriels, qui seront cogérés avec les branches
professionnelles. Ce qui les motivera à réaliser les études
d’opportunité de création des centres de formation et de développement
des compétences, et à conclure avec les pouvoirs publics des conventions
qui définissent les mécanismes de leur cogestion.
Afin d’accompagner le développement
et la mise à niveau des secteurs stratégiques des programmes sectoriels
doivent être arrêtés avec les organisations professionnelles
tenant compte à moyen et à long terme des secteurs potentiels
porteurs pouvant être régénérateurs
d’emplois tels que le tourisme/hôtellerie/restauration, le
textile/habillement, les Technologies de l’Information et de la
Communication (TIC),les nouveaux métiers émergeants comme l’off-shoring
et l’intermédiation , les pêches , les BTP ...etc.
Pour ancrer le dispositif de
formation dans le secteur productif, les projets sectoriels doivent être
structurés autour des
axes pouvant contribuer au développement des
compétences des entreprises, et assurer l’intermédiation sur le
marché du travail;
La politique de formation doit
préserver aussi les droits des populations socialement vulnérables à la
formation en vue de favoriser leur insertion socioprofessionnelle tels
les détenus, les
handicapés, et autres
couches sociales.
S’agissant des détenus, généraliser
le programme pilote engagé
avec la Fondation Mohammed VI
pour la Réinsertion des Détenus et le Ministère de la Justice aux
différents établissements pénitentiaires..
Quant aux handicapés, prendre
les dispositions particulières permettant à ceux et celles
remplissant les conditions de niveau scolaire requis d’accéder à la
formation ; et élaborer
un plan d’action, de concert avec les parties concernées, devant
porter sur le développement de filières qui leur sont adaptées.
De même, un programme spécial doit
être mis en place en vue de qualifier les jeunes en rupture de scolarité
et n’ayant pas nécessairement les conditions de niveau et d’âge requises
pour l’accès à la formation professionnelle résidentielle ou alternée,
en utilisant le tissu économique des PME/PMI et en impliquant les
chambres et organisations professionnelles dans l’apprentissage des
métiers
Pour la population du monde rural,
une stratégie de développement de la formation professionnelle dans ce
milieu s’impose, afin d’assurer aux jeunes ruraux une formation adaptée
à leur contexte pour les fixer dans leur milieu et améliorer la
production agricole. et un programme d’urgence est à mettre en place,
telle que l’acquisition des
unités mobiles pour dispenser la formation
dans les zones enclavées ou à habitat dispersé, et le
développement de la formation par apprentissage dans des centres à créer
pour cette fin , et encourager les programmes de formation dans un cadre
conventionnel avec les ONG notamment les maisons familiales rurales.
Afin d’améliorer l’employabilité
des diplômés des universités en quête du travail,
le programme de formation de courte durée ayant donné des
résultats encourageants en matière d’insertion des bénéficiaires doit
être reconduit avec des stages en entreprise dans les filières qui
offrent un potentiel d’emploi (TIC, gestion,l’off-shoring...).
La mise à niveau continue des
compétences constitue, de nos jours, la meilleure protection contre les
aléas économiques dans un monde où les évolutions du marché et des
technologies exigent des entreprises des restructurations et des
adaptations perpétuelles de leurs organisations et de leurs outils de
production.
Dans ce cadre, il faut sensibiliser
et encourager le patronat
et le partenaire social à intégrer la formation continue des ressources
humaines en tant que vecteur stratégique du plan de développement de
l’entreprise au moyen des deux mécanismes GIAC (Groupements
Interprofessionnels d'Aide au Conseil) et CSF (Contrats Spéciaux de
Formation), crées dans ce but. Et pour permettre la pérennité de ces
mécanismes une loi ou un décret doivent être institués ,de même leur
externalisation devient une nécessité afin d’améliorer les sources de
financement et le rendement du service fourni aux entreprises pour
répondre aux exigences dictées par la compétitivité, la productivité et
la mondialisation.
Gestion basée sur les
résultats
La gestion basée sur les résultats
ne doit pas être seulement un slogan mais une politique reposant sur une
loi stipulant que tout utilisateur (gouvernemental et non
gouvernemental) de l’argent des contribuables doit planifier, gérer, et
faire le reporting en se basant sur des résultats arrêtés auparavant et
faisant l’objet d’une contractualisation entre le bailleur des fonds et
le prestataire de service. Des outils de planification, de gestion et de
reporting (cadre logique ou arbre de résultats, grille de reporting,
plan de monitoring de la performance etc.) doivent être arrêtés et
adoptés en tant que règles stipulant que les prestataires de service
utilisant les fonds publics s’y conforment. Le contrôle se fait par le
bailleur de fonds qui est lui-même contrôlé par le Parlement. Cette
gestion ne doit pas remplacer mais complémenter le travail du CED et
celui de la Cours des Comptes puisqu’il met l’accent sur le respect des
engagements au niveau des résultas escomptés. L’évaluation externe doit
être exigée dans toute prestation mais elle doit être également
budgétisée et planifiée à l’avance.
Réforme
administrative
La réforme administrative est
fondamentale pour le processus de développement du Maroc. Le dernier
rapport de Transparency Maroc érige la réforme administrative en
priorité pour le Maroc.
Parmi les problèmes auxquels le Maroc
est confrontés on trouve la réforme de l’Administration. Les handicaps
de notre administration sont multiples ce qui entrave le développement
et l’investissement. Parmi les maux de notre Administration, on peut
insister sur l’absence d’une vision stratégique, le manque de
planification, l’existence d’une culture de bureaucratie, la lourdeur
dans la prise de décision et la complexité des processus administratifs.
Le départ volontaire de
l’Administration Publique dans le cadre de l’opération « Intilaka »,
l’horaire continu, le
guichet unique, la loi sur la motivation des décisions (qui n’est pas
régulièrement appliquée),
les textes sur la simplification des procédures et le redéploiement des
ressources humaines restent des mesures insuffisantes en l’absence d’une
vision stratégique d’une administration efficace, souple et crédible
dans laquelle les citoyens et les investisseurs fond confiance.
La
modernisation de l’administration et son ouverture dépendent
de sa reforme
Le mouvement Populaire voit dans
l’Administration Marocaine un outil de développement du pays et non une
institution qui l’handicape. Nous nous engageons à trouver des solutions
en mesure de la moderniser et la rendre ainsi un outil efficace au
service du développement, l’adapter aux divers changements de la société
et aux exigences de la conjoncture nationale et internationale. Pour
cela, nous proposons les axes d’action suivants:
-
Le rattachement de la réforme administrative à la
Primature afin de garantir une vision globale et l’adhésion de tous
les départements à la réforme.
-
La réforme radicale et la mise à niveau des services
du Ministère de Modernisation des Secteurs Publics pour qu’ils
servent en tant que modèles à suivre par les autres. La charité
commence par soi-même ;
-
La consolidation et la mise en place de la
décentralisation et la déconcentration pour répondre aux exigences
du développement par le renforcement des attributions des services
décentralises et déconcentres ;
-
La recherche de plus d’efficacité et de qualité au
sein de l’Administration. Son ouverture et partenariat avec le
secteur privé et l’adaptation de ses attributions à la conjoncture
politique, économique et sociale du pays doivent être développés;
-
La suppression des services non indispensables et
l’externalisation d’autres;
-
L’insertion des nouvelles technologies dans le but
d’arriver à une administration électronique capable de
faciliter et de bien gérer le service public ;
-
La transparence dans les recrutements et l’accès aux
postes de responsabilités par le biais de la compétence au lieu du
clientélisme ;
-
La révision des procédures administratives en vue de
leur simplification pour avoir une Administration au service du
citoyen ;
-
La révision du statut de la fonction publique et
l’adapter à une réforme administrative efficace ;
-
Indépendance dans la prise de décision et la
séparation entre les pouvoirs ;
-
Obligation pour les responsables des Administrations
publiques de gérer par les résultats et de présenter leurs rapports
d’activités pour des raisons d’évaluation et d’audit ;
-
Révision des grilles de salaires et la suppression
des avantages exagérés étant donné que la masse salariale au Maroc
reste au dessus des normes mondiales ;
-
Le redéploiement efficace des fonctionnaires au sein
de l’administration publique ;
-
La bonne gouvernance.
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