Mouvement Populaire

 

 

Programme Economique

 

 

Février 2006

 

 

 

Coordination:

 

 

Comité de Rédaction :

 

 

Comité de finalisation :

 

 

Contributions :

 


 

Table de matières

 

 

1- PREAMBULE : LE CONTEXTE GENERAL DE L’ECONOMIE NATIONALE

 

 

2- ORIENTATIONS STRATEGIQUES ET EQUILIBRES MACRO ECONOMIQUES

 

1 Les orientations stratégiques

 

      2  Equilibres  macro – économiques

 

 

3. SECTEURS CLEFS DE L’ECONOMIE NATIONALE

 

I- Stratégie industrielle du Mouvement Populaire

1 - Faiblesses de l’industrie marocaines 

2 - Les forces 

3 - Les facteurs de risque 

4 - Les opportunités 

5 -  L’analyse SWOT 

6 - Quelles stratégies pour l’industrie marocaine?

 

II - Secteurs clefs de l’industrie marocaine

I- Secteurs industriels émergents :

1 - Offshoring 

2 - Automobile

3 - Electronique

4 - Aéronautique

            III - Secteurs industriels stratégiques à consolider :

1 - Agroalimentaire                                

2 - Produits de la mer 

3 - Textile

4 - Artisanat

 

IV - Le développement agricole et rural

1 - Stratégie de développment social

2 - Modèle de développement du secteur agricole

3 - Axes stratégiques de développement agricole

4 - Vers une autre politique d’aménagement du territoire

5 - Mesures indispensables d’accompagnement

 

V - Energie et mines 

1 - L’énergie

2 - Les mines

 

VI - Habitat et BTP 

 

Transport :            

      1 - Transport routier 

2 - Sécurité routière 

3 - Transport ferroviaire 

4 - Transport aérien 

5 - Transport maritime

 

 

Transferts des MRE

 

Tourisme :

1 - Vision 2010

2 - Vision 2010 : les six grands chantiers

3 - Les défis à relever

 

Secteur des pêches

 

NTIC et Télécom

 

 

 

 

4. STRATEGIE TRANSVERSALE: MESURES D’ACCOMPAGNEMENT

 

I - Protection de l’environnement et des ressources naturelles

1 - Ressources naturelles

2 - Protection de l’environnement

3 - Propositions du  MP pour la protection des ressources naturelles

4 - Zones de montagnes

5 - Les zones arides et semi-arides

6 - Les oasis et la lutte contre la désertification 

 7 -  Lutte contre  la pollution

 

II - Réforme du foncier

1 - Les structures foncières : un facteur de blocage de la modernisation de l’agriculture et un obstacle à la diffusion du progrès en milieu rural

2 - Politique du Mouvement Populaire en matière de structures foncières

                  2 – 1 :L’unification des régimes fonciers 

2 – 2 :La levée des entraves juridiques à la mobilité et à l’accès au foncier

2 – 3 : Inciter les agriculteurs à travailler en groupe

 

 

Pour une meilleure gestion de l’eau

                        La stratégie de développement des ressources en eau

 

Aménagement du territoire : un facteur de  compétitivité face au défi de la mondialisation

 

            Réforme fiscale

 

            Réforme financière et bancaire

 

Réforme du système des retraites

 

Pour une stratégie de développement du commerce extérieur

 

            Gouvernance et lutte contre la corruption

 

Pour une meilleure réforme de la justice

 

La politique d’incitation à l’investissement

 

Code la grève et flexibilité de l’emploi

 

Ressources humaines : réforme plus rigoureuse du système de formation

                        Enseignement supérieur

               Recherche scientifique

Formation professionnelle

 

Gestion basée sur les résultats

 

Réforme administrative

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Programme Economique du Mouvement Populaire

 

1-    PREAMBULE : LE CONTEXTE GENERAL DE L’ECONOMIE NATIONALE.

 

Le programme économique du Mouvement Populaire s’inscrit dans un contexte général peu porteur et marqué par des éléments endogènes et exogènes défavorables .Il s’agit notamment de la faible progression du taux de croissance, de l’explosion du prix du pétrole, de l’aggravation des déficits du commerce extérieur.

Sur le plan international, le contexte de  l’économie nationale est dominé par l’intensification du phénomène de la mondialisation et par l’accroissement des flux des échanges de biens et services et d’investissement à l’échelle planétaire. Le corollaire de ce processus irréversible et universel est la régionalisation dans la mesure où la globalisation s’articule autour de quelques grands pôles régionaux. C’est dans ce cadre justement que l’UE poursuit son élargissement à l’Est tout en renforçant ses liens avec ses voisins du sud dont le Maroc avec la mise en place d’un espace de libre échange Euro- méditerranéenne.

Sur le plan des perspectives- économiques pour l’année 2006, l’activité de l’économie mondiale devrait connaître selon les estimations du FMI une croissance de quelque 4,3%. Ainsi, une certaine reprise est escomptée dans les pays de l’OCDE grâce notamment au développement des échanges commerciaux et de l’investissement international. De même, l’effet d’entraînement de la croissance chinoise, japonaise et indienne serait important sur les économies émergeantes.

En Europe, la reprise économique prévue proviendrait de la faiblesse des taux d’intérêt conjuguée avec une forte demande d’investissement en dépit des niveaux très élevés du prix du pétrole et de l’appréciation de l’euro par rapport au dollar. D’ailleurs, les insuffisances constatées au niveau des capacités de raffinage qui s’ajoutent aux incertitudes géostratégiques (Irak, Iran, Nigeria…) continuent d’alimenter les tensions sur les cours du pétrole.

De même, le desserrement des conditions monétaires et le soutien budgétaire à la demande notamment aux USA et surtout en Europe contribuent à  relancer l’activité économique mondiale.

Cependant la poursuite du rythme de progression du commerce mondial qui continue de doper la croissance internationale serait tributaire des progrès à réaliser en matière de libéralisation commerciale à l’échelle multilatérale notamment dans le cadre du cycle de Doha. La libéralisation du commerce international des produits agricoles demeure l’un des principaux facteurs de blocage de ce cycle de Doha. De même, les négociations en matière du commerce des services connaissent beaucoup de difficultés. D’ailleurs la sixième conférence ministérielle de l’OMC à HongKong en décembre 2005 n’a pas débouché sur des avancées tangibles et significatives même si l’UE et l’US ont  accepté de supprimer les subventions aux exportations agricoles à l’horizon 2013.

Le Maroc a fait de l’ouverture sur l’extérieur un choix stratégique. Ce choix a été définitivement consacré par son adhésion au GATT en 1987 puis la signature du traité portant création de l’OMC en 1994 à Marrakech. Cette stratégie a été encore renforcée par la signature et la mise en œuvre de multiples accords de libre échange avec l’UE, les USA, la Turquie…

Sur le plan régional, l’évolution de l’économie marocaine est fortement liée à l’espace européen en raison de sa position géo-stratégique privilégiée et de ces relations intenses et multiformes avec la zone Euro.

Globalement, cette zone bénéficiera de conditions favorables à une amélioration de sa croissance économique. Il s’agit notamment d’une demande externe croissante qui devrait soutenir ses exportations, des possibilités de financement très larges induites par la progression soutenue des bénéfices des entreprises.

Ainsi, en 2006, le PIB de la zone Euro progressait de 1,8% avec quelques écarts entre les différents pays dont les économies ont tendance à se rétrécir. Ces écarts s’expliquent par des différences dans le potentiel de croissance qui reflètent les difficultés plus ou mois importantes rencontrées dans la mise en œuvre et la réussite des réformes structurelles.

Il faut ajouter également qu’une meilleure coordination des politiques monétaires et budgétaires dans ces pays visant entre autre l’assainissement des finances publiques serait de nature à générer une dynamique de croissance accrue dans cette zone Euro.

C’est dans le cadre de ces perspectives que l’ancrage du Maroc dans son environnement régional est appelé à prendre de l’ampleur avec l’avancement dans le processus de libre échange avec l’UE et de la mise en place de la nouvelle politique de voisinage. Cet arrimage croissant à l’Europe a obligé le Maroc à accélérer le processus de mise à niveau de son économie et la cadence de ses réformes structurelles relatives au climat des affaires, à l’administration publique, à la dynamisation du secteur financier, au développement des secteurs sociaux…

Avec l’élargissement de l’UE à 25, une nouvelle politique de voisinage a été proposée le 11 Mars 2005 par l’UE à ses voisins de l’Est et du Sud dont le Maroc. Notre pays a répondu favorablement à cette nouvelle politique qui correspond dans une large mesure au statut avancé demandé par le Maroc et à l’engagement européen vers un partenariat qui serait « plus que l’association et moins que l’adhésion ».

Dans cette perspective, le Maroc et l’UE ont signé un plan d’action couvrant six domaines : dialogue politique et stratégique de haut niveau, coopération économique et sectorielle et marché intérieur…Il s’agit d’un ensemble d’engagements visant le rapprochement de la législation marocaine des standards européens dans ce domaines favorisant par là une intégration plus profonde du Maroc à l’espace européen.

Sur le plan national enfin, la conjoncture économique est marquée tout d’abord par le renchérissement sans précèdent de la facture pétrolière qui découle aussi bien de l’accroissement en volume mais surtout de la hausse du prix moyen de la tonne importée. Pour l’année 2005, les produits énergétiques sont devenus les premiers à l’import et le prix moyen à la tonne a augmenté de 42,4 % en s’élevant à 3394dhs à fin 2005.

Ensuite le ralentissement de l’activité économique nationale peut s’expliquer également par les fortes pressions concurrentielles extérieures réduisant par là nos parts de marchés à l’export notamment au niveau du secteur textile/ habillement à la suite de la suppression des accords multifibres depuis le 1- janvier 2005 et des rigidités structurelles de nos exportations.

En fin la demande étrangère (surtout européenne qui évoluerait de 5,3% en 2006) adressée au Maroc constitue toujours un facteur pénalisant pour l’économie nationale.

Cette conjoncture très difficile se traduit par une grande faiblesse de la croissance économique nationale dont le taux se situerait aux alentours de + 1,8% en 2005 et par des déséquilibres inquiétants de nos échanges commerciaux. Ainsi le taux de couverture des importations par les exportations serait de quelque 55% en 2005.

En dépit de ces multiples facteurs défavorables et pénalisants, certains éléments positifs pourraient contrebalancer les effets de cette conjoncture très difficile. C’est le cas notamment de l’orientation haussière des recettes voyages, de la progression significative des recettes MRE, de l’amélioration continue de l’attractivité de l’économie nationale…De même, la poursuite des réformes structurelles dans le domaine financier, du climat des affaires, de l’administration publique… permettraient de renforcer les performances économiques et les progrès sociaux affichés par notre pays à moyen et long termes.

Cette amélioration prévisible des résultats socio–économiques en matière de croissance économique et de développement humain suppose la maîtrise des équilibres macro–économiques, la libéralisation des échanges, l’adoption d’un régime de change souple et adapté, la mise à niveau du tissu productif national…

 

2- ORIENTATIONS STRATEGIQUES ET EQUILIBRES MACRO ECONOMIQUES.

 

Les orientations stratégiques du Mouvement Populaire sont fondées sur des principes généraux qui guideront l’action du parti dans tous les domaines de la gestion des affaires publiques. Ces principes directeurs s’inscrivent dans le cadre général de la préservation des équilibres macro économiques de notre pays.

 

1-   Les orientations stratégiques

Les orientations stratégiques du Mouvement Populaire partent d’une vision libérale, sociale et solidaire. Cette vision est basée sur un certain nombre d’éléments qui seront à la base de l’action de notre parti dans sa gestion des affaires publiques.

        - Liberté de propriété et d’entreprendre dans le cadre d’un libéralisme économique à visage humain. La promotion du secteur privé qui constitue l’acteur principal et le moteur essentiel de notre économie ainsi que sa mise à niveau doivent être l’une des grandes priorités de notre parti.

 Ce mode économique dominant est considéré comme étant le plus à même de développer les initiatives individuelles et collectives et de favoriser les compétences et la créativité. Cette stratégie devrait néanmoins être contenue par un certain nombre de gardes fous afin d ‘éviter certains dérapages et leurs conséquences fâcheuses en matière économique et  sociale

       - Rôle de direction et de régulation de l’Etat : La vision du MP au niveau du rôle de l’Etat dans l’économie nationale se résume dans la formule « peu d’Etat, mieux d’Etat ». En effet, si les conditions des décennies post indépendance ont obligé l’Etat à intervenir partout et sous toutes les formes, les exigences actuelles incitent l’Etat à un large retrait dans beaucoup de secteurs et d’activités économiques.> Ceci ne veut pas dire que l’Etat n’est pas appelé à adopter des politiques volontaristes dans des domaines stratégiques comme l’investissement, le développement indutriel, le toursime, les grands projets structurants, et surtout le développement humain mais il doit le faire en garantissant la durabilité des interventions par le biais de la capacitation des acteurs, l’adoption des mesures incitatives, la mise en place des réformes nécessaires, et la garantie de l’accès aux sources de financement et de l’assistance technique. 

Dans ce domaine, il ne s’agit pas pour le Mouvement Populaire d’un retrait total de l’Etat, mais beaucoup plus d’un redéploiement des ses activités et de ses interventions dans les domaine de direction, de régulation et de promotion des activités économiques du secteur privé national et étranger.

Dans cette perspective, l’Etat demeure le garant de l’intérêt général, le promoteur des orientations stratégiques de la nation et le protecteur des individus et de la société contre toutes les formes d’exploitation , d’exclusion, et d’injustice.

Le désengagement de l’Etat doit être effectif dans les domaines où le secteur privé est plus performant et dans les activités productives de biens et services qui pourraient obéir aux lois du marché et aux critères purement financiers et commerciaux.

    - Développement durable et préservation des ressources naturelles nationales : La politique économique de notre parti fixe pour l’une de ses priorités le développement durable. Tout développement doit se faire dans le respect de notre environnement et la préservation des ressources naturelles nationales. Les besoins des générations futurs ne doivent pas être aucunement sacrifiées sur l’autel des gaspillages du présent.

  - Une politique de croissance volontariste et soutenue: L’émergence économique souhaitée repose sur la mise en œuvre d’un certain nombre de leviers essentiels novateurs de nature à promouvoir l’investissement, l’emploi et la création de richesses. Ces leviers concernent en particulier la politique incitative de l’Etat,  le partenariat privé/publics, les contrats – programmes…, la dynamisation de la diplomatie économique….

Toute relance économique visant la résorption des déficits sociaux accumulés ainsi que la mise à niveau du tissu productif national passe nécessairement par la capacité des différents acteurs à mobiliser toutes leurs potentialités.

 L’implication des différents opérateurs socio économiques et la coordination des multiples programmes seraient d’une extrême importance dans ce domaine.

 - Priorité à l’emploi et à la jeunesse : Le souci majeur du Mouvement Populaire réside dans une lutte efficace et implacable contre le chômage à travers une politique judicieuse de création massive d’emploi au profit des jeunes diplômés et non diplômés. Le dépassement de ce grand fléau social redonnerait la dignité à notre jeunesse qui est pleine de dynamisme et de bonne volonté tout en lui ouvrant des horizons d’espoir

La réalisation d’un fort taux croissance avec un niveau élevé d’investissement constitue la condition préalable indispensable à toute véritable politique de résorption du chômage. Dans ce cadre, la réorganisation et la gestion du marché de travail, l’adaptation du système éducatif et de la formation professionnelle aux exigences et aux besoins de l’économie s’avèrent prioritaires dans notre stratégie en la matière.

  - Politique de développement régional: L’un des piliers essentiels de la stratégie socio- économique du MP est la mise en œuvre d’une politique de développement régional équilibré et harmonieux. La lutte contre les multiples déséquilibres spatiaux entre les différentes régions, entre le milieu urbain /rural,  constitue l’un des principes directeurs de la stratégie économique et sociale de notre parti. Celle – ci s’articulera autour des principaux axes suivants :

  • Création des pôles sectoriels de développement local et régional intégré ;
  • Accélération de la réalisation des infrastructures de base en milieu rural : eau, électricité, pistes, écoles, dispensaires…
  • Création et développement de nouvelles activités adaptées aux spécificités locales comme l’élevage, l’agriculture des zones arides et semi-arides et des oasis, l’artisanat, le tourisme rural, la pêche côtière…
  • Initiation et mise en oeuvre d’un vaste programme  national de réforestation et de lutte contre la désertification…
  • Application d’une véritable politique de répartition équitable des richesses nationales et des fruits de la croissance économique

   - Développement humain et lutte contre la pauvreté : Le développement économique doit mettre l’homme et la femme au centre de ses préoccupations. Dans ce domaine prioritaire et stratégique, le M.P adhère totalement à l’Initiative Nationale du Développement Humain (INDH) lancée par S.M le Roi à l’occasion de son discours du 18 mai 2005. La réussite de cette initiative exige l’engagement de tous les partenaires à tous les niveaux, l’amélioration de la gouvernance publique, le renforcement de l’efficacité des interventions publiques.

- Une stratégie nationale visant un meilleur équilibre économique et un renforcement de ces assises à travers la promotion des activités productrices de richesses et à forte valeur ajoutée. De même, l’esprit et la culture d’entreprises doivent être encouragés. La création d’entreprises doit constituer l’une des grandes priorités du Mouvement Populaire dans ce domaine.   

     Par ailleurs, l’économie de rente dans tous les domaines doit être éliminée progressivement de à manière créer les bases d’une économie productive et saine.

    - La gouvernance économique et les principes de la transparence doivent guider l’action des différents acteurs et intervenants dans la scène économique nationale : Etat, Entreprises et organismes publics, secteur privé… De nouveaux modes relationnels doivent être mis en place concernant notamment la gestion de la chose publique, les rapports de l’Etat avec les opérateurs économiques…

 

2 - Equilibres  macro–économiques

       Dans le contexte général de l’économie nationale, la stabilité du cadre macro-économique global représente l’une des priorités de la stratégie économique du Mouvement Populaire. Cette stabilité constitue une condition nécessaire mais pas suffisante pour une croissance économique soutenue, pour une amélioration de la compétitivité  du tissu productif national, pour une meilleure visibilité pour tous les acteurs économiques.

Cette indispensable stabilité impose la préservation des grands équilibres macro – économiques de manière  à contenir les principaux indicateurs dans des limites raisonnables et soutenables :

- Un déficit budgétaire compris entre 3 et 4 % du PIB dans l’objectif de ne pas aggraver la forte contrainte financière de l’Etat et de la limiter dans des proportions supportables financièrement.

         Un déficit budgétaire trop faible prive l’Etat d’un instrument essentiel de relance économique mais un déficit budgétaire élevé est source d’effet d’éviction, d’alourdissement de l’endettement public et de notation faible de la part des institutions de rating ce qui serait défavorable à l’investissement étranger et aux efforts de financement des projets et de gestion activeynamique de la dette extérieure. Dans cette perspective, une politique de rationalisation des dépenses publiques et d’élargissement des recettes fiscales est seule de nature à consolider les finances publiques et à créer des espaces budgétaires pour l’investissement et le développement social.

- Un taux d’inflation qui ne devrait pas excéder 3% par an de manière à ne pas éroder la compétitivité des exportations nationales et à diminuer le pouvoir d’achat de la population. Dans un contexte national et international caractérisé entre autre par une forte concurrence et par la nécessité de lutter contre la pauvreté et la précarité, juguler le taux d’inflation représente un objectif important de la stratégie économique de notre parti.

- Un taux d’endettement public raisonnable qui ne doit pas dépasser 50% du PIB contre plus de 76% actuellement. En effet, un taux d’endettement élevé se traduit par des charges financières considérables en teRMEs d’intérêts et d’amortissement qui alourdissent les dépenses publiques, accaparent une part importante des ressources budgétaires et nuirent à l’image de solavabilité du pays au niveau international.  

Le recours massif aux emprunts publics (surtout internes) pour financer les découverts budgétaires ôtent également au secteur privé une grande partie de ses moyens de financement surtout si la surliquidité actuelle serait atténuée par une forte demande de financement de la part des acteurs privés.

La réduction progressive du taux d’endettement public prônée par notre parti impose la poursuite de la politique de la gestion active de la dette extérieure, la réduction du recours à la dette intérieure par le biais de l’élargissement des recettes budgétaires, l’amélioration de l’épargne budgétaire et la mise en œuvre d’une vraie réforme fiscale.

Cette gestion prudente de la dette publique devrait constituer une composante essentielle de l’amélioration du cadre macro-économique global.

- Une maîtrise rigoureuse de la masse salariale afin de réduire sa forte pression sur les finances publiques. Ce qui représente un axe principal du programme de réforme de l’administration publique proposée par le MP.  Il faut dire que celle–ci représente au Maroc quelque 13% du PIB contre une moyenne de 9,8% dans les pays du Moyen Orient et de l’Afrique du nord et seulement 7,7% dans les pays asiatiques.

Ce qui  pèse lourdement sur les finances publiques au détriment de ses aspects économiques et sociaux.

Cette maîtrise doit s’appuyer sur un redéploiement du personnel administratif, la poursuite de la politique de départ volontaire  en ciblant les ressources humaines les moins productives mais sans effet pervers ni sur le budget ni sur la solvabilité des caisses de retraite,  une révision de la grille des salaires, et des systèmes des rémunérations, la réduction des grands écarts existants entre les salaires.

- La recherche d’un certain équilibre de nos échanges commerciaux dans

l’objectif de rééquilibrer notre balance commercial dont le déficit atteint des niveaux très inquiétants et qui ne cesse de s’aggraver d’une année sur l’autre. Celui-ci représente une moyenne de 12,7% du PIB entre 2001 et 2004.

   Ce déséquilibre provient d’une forte progression des importations liéeà l’ouverture croissante de l’économie nationale tandis que l’évolution des exportations connaît une décélération en raison notamment de la faible performance du secteur textile/ habillement et du repli des exportations des produits agricoles et des produits de la mer. La bonne santé des exportations dans le secteur des mines a eu un effet modérateur mais pas suffisant. 

Une politique agissante et agressive pour le développement des exportations à travers la dynamisation des actions et des stratégies d’exportation, la mise en place d’un cadre incitatif pour l’encouragement des exportations, la création de nouvelles zones franches seront l’une des priorités de la stratégie  économique et commerciale de notre parti dans ce domaine.

 

 

3. SECTEURS CLEFS DE L’ECONOMIE NATIONALE :

 

I - Stratégie industrielle du Mouvement Populaire

L’industrie est appelée à jouer un rôle prépondérant dans l’économie marocaine dans l’avenir. Ce rôle dépendra d’une compréhension profonde des ses limites, ses atouts ainsi que des facteurs exogènes qui sont susceptibles de l’influencer d’une façon positive ou négative. L’adoption d’une politique volontariste et proactive est nécessaire et découlera du diagnostic exhaustif qui a été fait par McKinsey et  a abouti à l’élaboration du Plan Emergence, de développement stratégique de l’industrie nationale. La mise en exécution de ce plan doit être dynamique, agressive, basée sur les résultats et nécessitant un suivi rigoureux et une capacité  d’adaptation rapide et soutenue. L’analyse de l’industrie marocaine à  partir de ses forces et ses faiblesses ainsi que des menaces et opportunités qui existent dans son contexte aussi bien national qu’international permettrait de dégager une idée sur l’influençabilité positive des faiblesses (leur neutralisation ou leur transformation en forces) et les possibilités de consolidation de ses forces en fonction des menaces. Cette analyse doit également nous aider à dégager les mécanismes de capitalisation des opportunités et les mesures susceptibles d’immuniser le tissu industriel national  contre les facteurs qui menacent sa compétitivité, voire son existence. 

                      

1 - Faiblesses de l’industrie marocaine :  

L’un des facteurs qui impactent négativement sur l’industrie marocaine est la faible croissance de l’économie marocaine durant les dix dernières années ainsi que sa fragilité financière presque chronique. En plus, la contribution de l’industrie marocaine au PIB national est moyenne (16 %) mais son rôle dans la création de l’emploi est trop limité (12 %). Néanmoins, au niveau des exportations, l’industrie joue un rôle primordial (50 % des exportations).

            L’industrie marocaine s’est ouverte sur le contexte international mais cette ouverture a été peu maîtrisée à cause de la faiblesse du tissu et la faiblesse de l’économie en général. Le tissu est fragmenté, dominé par des structures de taille moyenne et petite (sans grands meneurs de jeu), avec une prépondérance de l’actionnariat familial, un degré faible de concentration, des capacités de développement limitées, des structures de gouvernance assez faibles, espérance de vie de l’entreprise très réduite et taux de performance très variable.

            L’industrie marocaine connaît un taux faible d’investissement dû à une sous-capitalisation continue. Le taux d’encadrement reste également faible.

            L’industrie marocaine est peu diversifiée avec une nette dominance de deux secteurs, notamment le textile (20 % du PIB, 47 % de l’emploi et 40 % des exportations) et l’agroalimentaire  (33 % du PIB, 21 % de l’emploi et 32 % des exportations). 

            Les obstacles qui entravent la consolidation demeurent importants. L’informel continue à jouer un rôle prépondérant dans l’économie et continue à se développer ce qui constitue un risque permanent pour l’industrie et pour l’économie en général.

 

2 - Les forces de l’industrie marocaine:

Les forces de l’industrie marocaine concernent l’accès aux différents marchés et les différents accords de libre échange. La proximité géographique, culturelle et historique du marché européen est également un atout important.  La connexion logistique et en terme de transport est adéquate. Une main d’œuvre moyennement qualifiée et bon marché demeure un avantage par rapport à l’Europe.

 

3 - Les facteurs de risque importants :

En plus du rôle grandissant de l’économie informelle, l’industrie marocaine souffre de la faiblesse de la demande intérieure. Les procédures et formalités administratives lourdes,la non efficacité de l’administration et de la justice, et la faiblesse de la recherche scientifique et technique sont aussi des facteurs qui affectent négativement sa compétitivité. Le taux élevé de la fiscalité et de l’énergie (+ de 15 % par rapport à la compétition) constituent des obstacles à son développement.  La non flexibilité de l’emploi et l’accès limité aux matières premières représentent également des handicaps supplémentaires.  

                                          

4 - Les opportunités essentielles :

Néanmoins, des opportunités importantes existent pour l’industrie marocaine. Parmi celles-ci, on peut citer l’influençabilité des facteurs négatifs, surtout la formation de la main d’ouvre, le coût de l’énergie, le climat des affaires, la mise en place des zones économiques et la taille de l’économie.  L’existence d’une volonté politique de réforme et l’adoption d’une politique volontariste en matière de développement économique sont susceptibles de créer un climat adéquat. Egalement important est la prédisposition des industriels d’aller au-delà des réflexes du cosy capitalism (capitalisme timoré). La proximité du marché européen ainsi  que la mise en place des ALEs avec l’Europe, les USA et la Turquie et les quatre pays arabes membres de la Convention d’Agadir sont également des atouts importants pour l’économie nationale. 

5- L’analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités et menaces) :

En analysant les forces et les faiblesses en fonction des menaces et des opportunités, le Mouvement Populaire note la possibilité d’influencer une bonne partie des faiblesses à condition que le volontarisme soit maintenu sur le long terme. Le Mouvement Populaire propose les orientations suivantes pour les stratégies du développement industriel qui découleront de ce volontarisme:

  • Revoir le rôle du Maroc dans les circuits de l’économie mondiale et apprendre de l’expérience de pays comme la Chine, l’Inde, et la Turquie.
  •  Les équilibres macro-économiques doivent être maintenues et renforcées par la réduction du déficit budgétaire à 3,5 % à l’horizon 2009 (surtout en mettant en place une réforme fiscale courageuse susceptible d’élargir l’assiette fiscale tout en renversant ou au moins freinant le développement de l’informel), la réduction de la dette intérieure (avec l’augmentation des recettes fiscales le recours aux bons de trésor est potentiellement appelé à stagner) et la réduction du déficit de la balance commerciale (tributaire de la croissance des exportations surtout dans les domaines des mines, des pêches, de l’agroalimentaire et du textile).
  • Il est nécessaire de poursuivre la politique des grands chantiers de réforme et de développement économique et social mais avec plus de rigueur en matière de planification, de gestion et de suivi
  • La modernisation de l’économie marocaine et le renforcement de sa compétitivité surtout dans un monde de plus en plus globalisé est vitale  pour la stratégie de développement industriel
  • Le gouvernement doit travailler en partenariat avec les industriels en adoptant une attitude proactive et en étant fortement impliqué.
  • Les stratégies industrielles que le Mouvement Populaire propose mettront l’accent sur les secteurs porteurs qui joueront un rôle de locomotive et qui devront contribuer d’une façon significative à la croissance de l’industrie durant les dix prochaines années. Les ressources financières et humaines étant assez limitées, le ciblage rigoureux est recommandé et doit porter dans une première étape sur quatre secteurs à consolider (agro-alimentaire, textile, artisanat et produits de la mer) et quatre secteurs émergents mais à forte valeur ajoutée (électronique, offshoring, aéronautique, automobile) .
  • Les secteurs à consolider gagneraient énormément d’une modernisation du tissu. Les secteurs émergents quant à eux nécessitent la mise en place de structures et de politiques susceptibles de les pousser en avant. Le maintien de l’équilibre entre ce qui est à consolider et ce qui est émergent est important.
  • La mise à niveau doit être plus positive et proactive plutôt que réactive à l’échéance 2012 (date de la mise enplace de la zone de libre échange avec l’Europe). Les mesures prises dans le cadre de la mise à niveau n’ont eu jusqu’ à  maintenant qu’un impact mitigé. Ces mesures doivent être renforcées, modernisées, et développées et doivent cibler en priorité les secteurs porteurs et les aspects susceptibles de donner un coup de fouet à la modernisation du secteur. Ceci veut dire que l’allocation des ressources doit être gérée d’une façon stratégique selon les enjeux en question, l’importance du secteur (en terme d’emploi, d’exportation, de valeur ajoutée et de contribution au PIB) ainsi qu’en terme des priorités prédéfinies. La stratégie de mise à niveau doit porter essentiellement sur l’amélioration de la gestion technique et le management, l’accès durable et simplifié au financement (tout en évitant le surendettement de l’entreprise), la création d’un climat d’affaires favorable (surtout au niveau de la fiscalité, des contrats programmes, et de la lutte contre l’informel), le renforcement du tissu par le biais de la consolidation et la mise en place  des partenariats solides et durables…
  • Sans des réformes sérieuses au niveau transversal, notamment en matière de fiscalité, de la flexibilité de l’emploi, de l’administration, de l‘éducation et de la formation, de la justice et de l’énergie, les mesures liées aux aspects intrinsèques du secteur seraient insuffisantes. 

 

Les axes stratégiques du développement de l’industrie marocaine

 

Les stratégies doivent avoir comme objectif la modernisation et l’augmentation de la compétitivité. Les moyens consentis doivent être à la mesure  des résultats escomptés et doivent être bien ciblés afin de produire le meilleur impact possible en mettant l’accent sur les acteurs, les zones et les secteurs clefs de l’industrie marocaine. Ces stratégies doivent être basées sur une refonte radicale de la mise à niveau qui visera l’ensemble des aspects de modernisation, sur un choix rationalisé des mesures et outils adéquats, sur le groupement des entreprises avec des objectifs appropriés, et sur la mise en place des critères tangibles et objectifs (tout en visant la croissance en terme d’emploi, d’exportation et d’investissement).

Au niveau du financement, il faut consolider les mesures entreprises pour améliorer l’accès au FOMAN (réduction de l’apport en fonds propres, l’augmentation de la contribution du FOMAN, la comptabilisation des investissements immatériels comme la formation et autres, la simplification des critères d’éligibilité  et l’élargissement aux secteurs émergents) et au FGRF (Fonds de la Garantie de la Restructuration Financière qui apporte une garantie institutionnelle au retraitement de la dette).

Au niveau de l’assistance technique, le Parti entend renforcer le repositionnement de l’ANPME (Agence Nationale des Petites et Moyennes Entreprises)  en adaptant ses services aux besoins, en augmentant la capacité des associations professionnelles et en renforçant la communication et la promotion et en promouvant l’expertise nationale.

Ce plan stratégique vise la modernisation de l’industrie et de l’économie afin de faciliter l’investissement, la production et l’exportation. Les retombées sur l’emploi et le PIB seront importantes. La vision se base sur une approche sectorielle et des mesures d’accompagnement adéquates qui visent des grandes réformes sérieuses entreprises  par le gouvernement dans le cadre d’une politique volontariste. Ce plan donnera plus de visibilité et permettra de gagner la confiance des investisseurs et favorisera le partenariat, la concertation et la gestion dynamique des politiques et plans d’actions.

 

II - Secteurs clefs de l’industrie marocaine

I - Secteurs industriels émergents

1 - Offshoring :

Selon le rapport McKinsey, la proximité géographique et la connaissance des cultures et langues européennes font de l’offshoring un secteur naturel pour le Maroc avec des possibilités énormes de croissance. Une politique volontariste dans ce sens est susceptible de générer un chiffre d’affaires de 2 Milliards de dollars à l’horizon 2012 et plus de cent mille emplois. Le coût marocain est avantageux et les ressources humaines moyennement qualifiées mais potentiellement susceptibles d’amélioration dans le cadre d’une meilleure réforme universitaire et un partenariat dynamique et efficace entre les prestataires de la formation et le monde des affaires. Les langues qui sont à la portée du marché marocain sont l’Espagnol surtout au Nord, le Français au centre et potentiellement l’Anglais  surtout sur les axes Meknes-Ifrane-Fes et Kenitra-El Jadida.

2 - Automobile :

Le Maroc peut-il jouer le même rôle par rapport à l’Europe que le Mexique joue par rapport aux USA ? C’est tout à fait possible surtout par rapport à l’Espagne et le Sud de la France qu’on peut atteindre en moins de trois jours à partir de Tanger.  La mise en place d’unités d’équipement en première monte ainsi que des unités d’assemblage et de pièces de rechanges au Nord du Maroc alimentera les besoins des quelques trente unités de production  situées en  Espagne et au sud de la France et qui produisent presque 7 millions de véhicules par an.  Si la Turquie et l’Europe de l’Est sont des fournisseurs naturels de l’Allemagne, le Maroc ne sera pas rivalisé sur l’Espagne et la France. A long terme, il devra viser l’Italie et le Royaume Uni, surtout avec la création de lignes maritimes à partir du nouveau port de Tanger. Un milliard de dollars à l’horizon 2012 (avec à peu près 70 milles emplois) est à la portée du Maroc avec la possibilité de doubler ce chiffre d’affaires à l’horizon 2020. Ce bilan n’est possible qu’à l’aide d’une politique volontariste, une gestion dynamique, une politique de promotion et le développement de la demande intérieure.  

 

3 - Electronique :

Un marché à forte valeur ajoutée et susceptible de connaître une croissance importante au Maroc. Une politique volontariste entraînera une croissance en chiffre d’affaires de plus de 100 % et la création de quelques 20 milles emplois à l’horizon 2012. Le potentiel existe surtout en électronique spécialisée intégrée mais à long terme l’électronique de grande masse reste un potentiel à explorer.

 

4 - Aéronautique :

C’est un secteur appelé à connaître une croissance importante. Déjà, on note l’existence de grandes marques internationales importantes qui se sont installées au Maroc. Il n’est pas difficile d’atteindre les quelques 15 mille emplois à l’horizon 2012 comme bilan d’un volontarisme affiché. 

 

III - Secteurs industriels stratégiques à consolider:

1 - Agroalimentaire :

            En agroalimentaire, le Maroc dispose d’un avantage compétitif important qu’il faut consolider. Cet avantage concerne surtout la transformation des produits de la mer, les fruits et légumes, les corps gras et les boissons. Le taux de croissance sur cinq ans n’est pas aussi important que celui des secteurs émergents  (surtout au niveau des emplois: un peu plus de 6 milles emplois) mais l’ampleur du secteur est très importante : 80 mille emplois et 2 milliards de dollars de chiffres d’affaires. Les potentiels de croissance de 0,5 milliard de dollars est réalisable mais ce secteur reste fragmenté et handicapé par la non disponibilité des matières premières et le manque de prévision et de planification des contrats d’approvisionnement à long terme de la part des industriels.  

Les potentiels de développement des fruits/légumes et corps gras peuvent être réalisés par le développement accéléré des filières à fort potentiel comme les maraîchages, les herbes/épices et petits fruits, l’investissement en nouvelles branches comme les produits bio et les plats cuisinés et la réinvention de la place du Maroc sur les filières où il peut être naturellement compétitif comme l’huile d’olive, huile d’argan et jus d’orange.

 

2 - Produits de la mer :

Le Maroc est leader dans ce domaine par rapport à la compétition. Le secteur est appelé à connaître 100 % de croissance en PIB et plus de 60 % en termes d’emploi à l’horizon 2012. L’accent doit être mis sur l’optimisation des pélagiques, le développement du décongelé (avec approvisionnement régulier), le développement des produits haute gamme et l’investissement en plats cuisinés ou marinés et les produits à valeur pharmaceutique. Comme l’agroalimentaire, ce secteur souffre des problèmes d’approvisionnement qui nécessitent une stratégie de diversification d’accès aux matières premières.  

 

3 - Textile 

Le textile reste un secteur stratégique pour l’industrie marocaine aussi bien en terme d’exportations que d’emploi. La fin de l’accord multifibre depuis le 1er Janevier 2005 et la montée de la Chine représentent des menaces réelles mais une politique volontariste et une modernisation de la compétitivité du secteur auront comme effet la transformation de ces menaces en opportunités sur le court et moyen termes. A cibler en premier lieu,  l’intégration basée sur la logique des filières et l’encouragement de l’investissement. Les mesures incitatives doivent comprendre les facilités douanières, l’accès facile aux plateformes d’exportation et une amélioration du transport et de la logistique. La modernisation compétitive du secteur comprendra l’ accès facile au financement, la formation des ressources humaines, la réduction du coût de l’énergie, l’assistance technique axée sur l’amélioration de la qualité. Une politique volontariste doit cibler également la diversification des marchés, la promotion et le renforcement du fond de promotion du secteur.

 

 

 

4 - Artisanat

            L’artisanat constitue également un secteur stratégique. Il joue un rôle socio-économique très important dans l’économie nationale. Sur le plan économique, l’artisanat contribue à hauteur de 10% au PIB et représente 5% des exportations. Sur le plan social, le secteur emploie 1,5 million de personnes et fait vivre 6 millions  d’habitants, soit le cinquième de la population nationale. C’est la seconde activité pourvoyeuse d’emplois après l’agriculture.

C’est également un secteur qui regroupe 250 métiers et qui joue un rôle essentiel dans la promotion du patrimoine culturel et artistique national .Il constitue un véritable répertoire d’arts traditionnels.

            En raison de sa place déterminante au sein de l’économie nationale,  une attention particulière doit lui  être  accordée par le Mouvement Populaire en vue d’assurer sa modernisation et son développement. Ainsi des efforts importants seraient entrepris dans cette perspective en vue de dépasser les multiples contraintes qui continuent d’entraver son évolution et risquent à terme de mettre en danger son existence et sa pérennité

          Parmi ces contraintes, le Mouvement Populaire met l’accent en particulier sur :

 - les conditions de travail très difficiles des artisans (problèmes des locaux professionnels, absence d’une couverture sociale appropriée…) ;

   - La grande dépendance des artisans vis à vis des intermédiaires aussi bien en amont qu’en aval ;

    - L’insuffisance qualitative des ressources humaines des artisans en termes d’apprentissage, de formation professionnelle et de formation continue ;

   - Les grandes difficultés rencontrées en matière de commercialisation des produits artisans tant sur le marché interne que sur les marchés étrangers ;

-L’emploi des enfants dans le secteur constitue une source de nuisance quant à «l’auditabilité sociale» du secteur

    Autant de contraintes qui expliquent le marasme du secteur et sa perte de compétitivité et de rayonnement national et international. 

   Afin de faire sortir ce secteur de sa léthargie, un plan d’action de relance et de dynamisation du secteur doit être initié et mis en oeuvre. Il s’agit de  donner à ce secteur un véritable rôle économique parallèlement à sa vocation sociale :

       - En rationalisant les activités tout en mettant l’accent sur les potentialités compétitives des différentes filières artisanales ;

     -En réorganisant les métiers de manière à les préserver et à assurer leur pérennisation  et leur créativité ;

      -En  renforçant la promotion des produits artisanaux au moyen d’une stratégie commerciale efficace et ciblée des différents marchés du secteur ;

    -  En améliorant l’apprentissage et la formation professionnelle  afin  de promouvoir les qualifications des artisans et de renforcer leurs aptitudes d’innovation à travers une véritable mise à niveau;

         - En développant les infrastructures du secteur tels que les zones d’activités et villages d’artisans,  restauration des ensembles artisanaux…

      - En reformant les chambres artisanales …

   L’artisanat ne doit plus être considérée comme une simple  activité vivrière mais également un secteur qui renferme des potentialités de développement et de création de richesses appréciables.

 

IV - Développement agricole et rural

 

1 - Stratégie du Mouvement Populaire

Conscient de l’ampleur des enjeux que confrontent l’agriculture et le monde rural au Maroc à savoir ceux de l’ouverture et de la mondialisation des échanges, de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté et ceux de la sécurité alimentaire, et partant du constat des acquis et des échecs enregistrés dans les domaines agricole et rural, le Mouvement Populaire préconise une stratégie de développement agricole et rural volontariste et réalisable fondée sur les principes directeurs et options suivants :

 

·        Le secteur agricole et le monde rural recèlent des potentialités et des marges de progrès en fiche en mesure, si elles sont exploitées, de réduire la pauvreté et contribuer au développement économique et social du pays. La vocation agricole du Maroc demeurera à long terme une constante importante dans la détermination du PIB et constituera par conséquent un enjeu fondamental dans la formulation et la mise en œuvre des politiques économiques et de la politique agricole en particulier ;

 

·        L’adoption de la multifonctionnalité de l’agriculture comme approche, étant donné que cette multifonctionnalité peut avoir des  rôles qui ne se limitent pas uniquement à la simple fonction productive, mais également des fonctions sociale, sociétale, environnementale et culturelle, etc… ;

 

·        un agriculture moderne et compétitive, libéralisée et ouverte sur le marché de manière raisonnée et maîtrisée dans le temps pour mieux développer sa compétitivité et réduire les risques de la marginalisation de la petite exploitation des ruraux moins compétitifs ;

 

·        la promotion de l’agriculture familiale et la préservation de ses spécificités en raison de son rôle notamment dans l’emploi, la gestion de l’espace rural, la cohésion de la société et dans la valorisation des ressources et du savoir-faire locaux ;

 

·        la consolidation du développement rural et du secteur agricole est l’un des fondements stratégiques du projet de société du Maroc ; et

 

·        nécessité d’une politique agricole et rurale spécifique, volontariste et intégrée. Le désengagement de l’Etat tant prôné dans le processus du libéralisme ne signifie pas un retrait de l’Etat, bien au contraire, un plus de mieux d’Etat pour faciliter et inciter à l’investissement et en même temps soutenir les adaptations et limiter les risques d’une libéralisation et ouverture sauvages.

 

2 - Modèle de développement du secteur agricole

Le modèle de développement agricole et rural choisi par le MP dans le cadre de sa stratégie s’articule autour des deux orientations:

 

  1. Promouvoir une agriculture moderne, compétitive ouverte sur le marché, mais associée étroitement à une politique de développement rural cohérente et opérationnelle, visant le développement humain, l’équilibre social, l’efficacité économique et la participation démocratique ; autrement dit, assurer, comme l’ajustement recommandé S.M Le Roi Med VI, la transition d’une agriculture traditionnelle vers une agriculture moderne

 

  1. Inscrire le développement agricole et rural dans un champ plus large de réflexion et d’enjeux (ruralité, aménagement du territoire et de l’espace, types de relations villes-campagnes) et donner un sens et un contenu opérationnel au concept de développement rural.

 

3 - Axes stratégiques de développment agricole

Les axes suivants doivent servir de toile de fond à ce modèle:

  • allocation efficiente des ressources (eau, terre, main-d’œuvre, capital,…), utilisation des nouvelles technologies et amélioration  de la productivité des facteurs de production en vue d’accroître la performance de la production agricole dans toutes ses composantes végétales et animales ;
  • diversification et territorialisation des systèmes de production (conventionnelle et biologique) sur la base d’une meilleure valorisation des avantages comparatifs et un développement de niches à forte valeur ajoutée et de débouchés porteurs aussi bien au niveau du marché national qu’à l’export ;
  • structuration des filières à grands enjeux économiques et à haute valeur-ajoutée et intégration à l’agro-industrie ;
  • amélioration des conditions de vie des populations avec, d’une part, le développement des infrastructures et des services locaux dans le cadre d’un aménagement raisonné du territoire et d’autre part, la promotion de la décentralisation et incitation à la création d’activités créatrices d’emploi et génératrices de revenu; et
  • gestion durable des ressources naturelles qui sont la base de production des ruraux, la protection de l’environnement et des paysages ainsi que le choix de systèmes de production adaptés et moins vulnérables à la sécheresse.

 

4 - Vers une autre politique d’aménagement du territoire

Le résultat attendu de cette stratégie de développement agricole et  rural est de créer des richesses en milieu rural à même d’assurer un emploi rémunérateur et de garantir un revenu décent et partant favoriser le bien-être des agriculteurs et des ruraux.  

La stratégie que Le Mouvement Populaire préconise à l’avenir, a pour souci majeur, et l’aura davantage à l’avenir, de soutenir l’agriculture dans les régions de montagne et dans les régions défavorisées, avec comme objectifs de mettre un frein à l’exode agricole et à l’exode rural.

Notre stratégie défendra l’idée d’une autre politique d’aménagement du territoire. Les nouvelles technologies de communication et du transport rapide sont de nouveaux facteurs de compétitivité et permettent de retrouver une meilleure cohésion sociale à moindre coût.

La transition d’une agriculture traditionnelle à une agriculture moderne ne doit pas signifier la déclaration de l’arrêt de mort de l’agriculture familiale, qui est le pivot de l’économie rurale. Comme le montre le vécu de certains pays du Nord et du Sud, la ruralité de ces sociétés est restée vivace et sauvegardée grâce aux capacités d’adaptation et d’innovation et à l’efficacité économique (productivité du travail élevée) des petites exploitations familiales.

Au Maroc, l’agriculture traditionnelle et familiale peut encore constituer, moyennant soutien et appui, un facteur de maintien d’une population rurale importante et en même temps un filet de sécurité social décisif dans un environnement économique et social incertain et changeant. Ces forces de l’agriculture familiale au Maroc méritent d’être soulignées et peuvent servir de levier à toute stratégie nationale de développement économique et social. Face aux changements rapides du contexte mondial et aux défis de l’ouverture de l’économie agricole et rural d’une part, et aux impératifs de satisfaire une demande alimentaire croissante et d’assurer des revenus et donc des emplois d’autre part, les agricultures traditionnelles sont dans l’obligation de maîtriser l’adaptation de leurs outils de production et d’explorer leurs forces intrinsèques. Elles sont appelées à mieux s’organiser pour améliorer leurs capacités techniques et de gestion et renforcer leur pouvoir de négociation avec les organismes de crédit et de commercialisation afin de défendre leurs intérêts.

Partant du fait que le monde des agriculteurs est pluraliste, en ce sens qu’il comprend des catégories dont les stratégies et intérêts diffèrent profondément, le Mouvement Populaire veillera à une différenciation au niveau des actions, entre les exploitations agricoles orientées vers l’autosubsistance, la petite exploitation familiale dont une partie de la production est destinée au marché et les exploitations commerciales spécialisées dans les spéculations agricoles.

Comme nous l’avons souligné, les pays qui ont systématiquement mis en œuvre des politiques et des programmes de soutien aux petites exploitations agricoles (Corée du Sud, Taiwan, Malaisie, l’Indonésie, la Chine), ont connu un succès en matière du développement rural et de réduction de la pauvreté. Ce sont des pays qui ont réalisé des investissements importants dans l’infrastructure agricole et la technologie agricole. Ils ont également soit taxé légèrement soit pas du tout leurs secteurs agricoles par discrimination directe (impôt) ou indirecte (politiques des prix agricoles favorables).

 

 

5 - Mesures d’accompagnement indispensables      

La stratégie du Mouvement Populaire pour le développement agricole et rural suppose une forte implication de la profession agricole et du secteur privé. Leur engagement ne peut être acquis si un certain nombre de conditions ne sont pas réunies, à savoir en particulier :

  • l’amélioration des conditions et du climat de l’investissement ;
  • le traitement de la dette ;
  • le développement des services financiers privés dans les zones rurales, principalement là où la pauvreté est dominante (micro-crédit) ;
  • la promotion des associations privées, telles que les organisations des producteurs, les associations commerciales, les chambres du commerce, ainsi que la coopération public-privé.

Si les moyens de l’Etat au Maroc sont relativement limités, notamment financiers, pour mettre à niveau son agriculture et opérationnaliser sa politique de développement rural, il n’en demeure pas moins que des instruments alternatifs peuvent être utilisés pour atteindre ces objectifs. Il s’agit en effet, (i) d’outils macro-économiques (taux de change, taux d’intérêt, fiscalité, etc…), (ii) de réformes de structures (foncier, commercialisation, gestion des infrastructures publiques, systèmes de financement, gestion du risque climatique,…), (iii) de leviers de la gouvernance portant sur la démocratisation, la décentralisation et la participation des acteurs, et (iv) du levier de l’eau d’irrigation en tant qu’instrument d’orientation de la production.

 

- Conditions critiques de développement

En conclusion, le Mouvement Populaire estime que le devenir de l’agriculture et du monde rural demeure lié à un certain nombre de conditions, parmi lesquelles :

 

  • la capacité des gouvernants et décideurs à promouvoir des connaissances et des techniques nouvelles en tant que conditions d’un développement durable ;
  • le renforcement des capacités des organisations de producteurs, des autres acteurs du privé et des pouvoirs centraux et locaux pour assurer des fonctions essentielles  tels que :

 

-         le pilotage effectif des actions du développement rural et de l’agriculture en particulier à partir de la base ;

-         la maîtrise de l’amont et de l’aval de la production ;

-         la capacité des acteurs de base à être des chefs d’entreprise, notamment en faisant valoir le professionnalisme en réponse à des préoccupations majeures comme la productivité, la compétitivité et la durabilité ;

-         la maîtrise par les acteurs de base des questions relatives à la gestion durable des ressources naturelles et à la préservation de l’environnement.

 

 

V - Energie et mines :

 

Le secteur de l’Energie et Mines tient une place de choix au sein de l’économie nationale en tant que facteur de développement économique et social. En effet, ce secteur participe à hauteur de 15% au PIB national, représente 18% de la valeur de nos exportations, contribue avec 13 ,5 milliards de dirham aux recettes fiscales et offre près de 65 000 emplois  directs. Pour ces raisons, le mouvement populaire accorde un intérêt particulier à ce secteur et considère  que son essor doit faire partie de toute stratégie de développement économique et social du pays.

 

 

1 - L’énergie

            En matière de l’Energie, le Maroc est dépendant de l’extérieur pour la quasi-totalité de son approvisionnement (95%).

Pour faire face à cette dépendance le Maroc a développé une stratégie adaptée qui s’articule autour des  principes suivants :

Ø      Sécurité de l’approvisionnement à travers la diversification  des formes d’énergie utilisée et des sources d’approvisionnement, la complémentarité du raffinage local et de l’importation des produits raffinés et enfin le relèvement des niveaux des stocks stratégiques.

Ø      Développement des ressources énergétiques locales à travers l’intensification de l’exploration pétrolière et le développent des énergies renouvelables.  

Ø      Recherche du meilleur coût en favorisant les secteurs productifs et en tenant compte du pouvoir d’achat des consommateurs.

Ø      Extension de l’accès à l’énergie notamment à travers l’électrification rurale (PERG)

Ø        Préservation de l’environnement (énergies alternatives à celles qui dégradent les ressources naturelles).

Ø      Répondre à la demande énergétique à travers l’anticipation des équipements et des infrastructures nécessaires à la satisfaction des besoins en énergie.

Ø      Libéralisation et restructuration des filières énergétiques.

La mise en œuvre de cette stratégie se déroule selon un plan d’action spécifique pour chaque composante :

                  -En matière d’électricité :

Dans ce domaine, le Maroc a réalisé d’importants projets et d’autres sont en cours ou programmés en vue de consolider la capacité électrique globale du pays et lui conférer plus de flexibilité :

·        Station d’AFOURER

·        Station de TAHADART

·        Doublement de la capacité de connexion avec l’Espagne

·        Augmentation de la capacité de connexion ave l’Algérie.

·        Station d’ALWAHDA avec le gaz naturel

·        Développement de l’énergie Eolienne.

L’électrification rurale dans le cadre du PERG a été une des réalisations remarquables dans ce domaine, puisque elle atteint le niveau de couverture de 81% en 2005 et sera généralisée en juin 2007.

- En Matière de Pétrole

Les efforts dans le domaine du Pétrole ont concerné l’intensification de la recherche et le développement des industries de raffinage, de réception, de stockage et de distribution. En matière de recherche, 20 sociétés opèrent actuellement au Maroc, 72 permis de recherche on été accordés ainsi que 5 permis de prospection. Ainsi, les investissements dans l’activité de la recherche pétrolière on atteint 1,2 milliards de dirham en 2004.

En matière de raffinage une convention d’investissement a été signée en Décembre 2004 entre le gouvernement et la société SAMIR pour un montant de 6 milliards de dirhams. De même, la capacité de réception a été renforcée dans les différents ports du pays. 

-         En matière de Gaz naturel

La mise en service en Janvier de 2005 de la station Tahadart constitue le début de l’utilisation effective du gaz naturel. Dans ce domaine, il a été procédé à l’augmentation de la capacité du gazoduc Maghreb-Europe de 8,5 à 12 milliards de m³.

-         En matière d’énergie renouvelable

Il a été procédé aux opérations principales suivantes :

·              Lancement du programme d’accès au chauffe-eau solaire

·              Mise à niveau énergétique des Hammams par l’introduction des chaudières améliorées en ville et des foyers et fours améliorés pour les zones rurales.

·              Lancement des services énergétiques de proximité à travers la création des maisons de l’énergie (micro-entreprises).

Le Mouvement Populaire constate donc que ce secteur bénéficie d’une stratégie cohérente qui protège le pays contre les risques inhérents à cette ressource sensible qu’est l’énergie. C’est pourquoi le Mouvement Populaire appuie cette stratégie et approuve les projets futurs envisagés. Le parti pense cependant que la composante nucléaire devrait bénéficier de plus d’intérêt dans les programmes futurs. En effet, sauf découverte importante de gisement pétrolier, cette source d’énergie demeure le seul espoir pour réduire la dépendance de notre pays en matière énergétique. La flambée récente dans prix du pétrole a pesé lourdement sur les équilibres économiques et financiers du pays. Les niveaux atteints demeureront pour longtemps et rien ne permet d’espérer de revenir à des prix inferieurs à 50$.

L’orientation entamée vers l’utilisation de plus en plus du gaz naturel pour la production de l’électricité est une option à encourager. En ce qui concerne les prix intérieurs des produits pétroliers, compte tenu de leur impact sur le pouvoir d’achat de la population et sur le niveau compétitive des entreprises le Mouvement Populaire pense qu’il y a lieu de trouver un compromis entre les recettes fiscales provenant des produits pétroliers et les équilibres budgétaires de l’Etat.

 

2 - Les Mines       

            Le secteur des mines a réalisé en 2005 un chiffre d’affaires de l’ordre de 23 milliards de dirhams et exporte pour une valeur de 18,7 milliards de dirhams. Il assure près de 36 000 emplois directs. Les phosphates et leurs dérivées, exploités par l’OCP, représentent l’activité principale de ce secteur.  C’est pourquoi l’essentiel des investissements réalisés ou projetés sont l’œuvre de cet important établissement public.

            Le département de tutelle prépare actuellement les conditions favorables au décollage de ce secteur notamment pour les produits miniers autres que les phosphates en préparant les textes juridiques nécessaires et en établissant les cartes permettant de mieux connaître les gisements et les conditions de leur exploitation.

            L’orientation retenue concernant l’association de l’investissement étranger au développement de l’activité minière est à encourager. De même, l’élaboration du plan des mines à petites échelles permettra à ce secteur de contribuer au développement du monde rural vu la large répartition des gisements miniers à travers le territoire national.                        

 

VI - Habitat et BTP :

 

Le secteur de l’habitat est considérablement affecté par le rythme accéléré de l’urbanisation. Il connaît une inadéquation de l’offre à la demande en logements et un déficit en perpétuelle augmentation. On note également un dysfonctionnement dans l’usage du parc de logements et la présence relative du secteur privé dans la production du logement social. Une grande partie de la production a été assurée par l’Etat même si le rôle du secteur privé n’a pas cessé d’accroître durant les dernières vingt années.

Les principaux facteurs qui ont conduit à ces dysfonctionnements sont la rareté et coût exorbitant du foncier et la déficience de la gestion urbaine, le faible impact des instruments d’urbanisme sur le développement urbain, la faible implication du système bancaire dans le financement du logement, la pléthore des textes et la complexité du système fiscal immobilier, et la faible industrialisation du secteur et faible implication des intervenants. 

Les principaux axes d’une nouvelle stratégie de l’habitat que le Parti prône comprennent un nouveau rôle de l’Etat consistant beaucoup plus de l’orientation que la production, une plus grande stimulation de l’offre et la demande, un nouveau traitement de l’habitat insalubre basé sur la proximité et un produit concurrentiel,  une nouvelle approche foncière, financière, fiscale et de gestion urbaine pour l’élargissement de l’accès au logement des ménages à faibles revenus.  

Les réformes et mesures que le Parti propose sont : mobilisation du foncier public, consolidation des fonds de garantie (Fogaloge Public et FOGARIM), l’augmentation des ressources du « Fonds Solidarité Habitat » et diversification de ses emplois, l’assouplissement des règles d’urbanisme, la restructuration des établissements publics de l’habitat, la révision du rôle des agences urbaines et la généralisation de la couverture territoriale et la réforme de l’arsenal juridique de l’habitat et de l’urbanisme avec plus grand contrôle de la construction.

Les implications économiques et sociales de la stratégie proposée sont : l’augmentation de la production des unités d’habitat, la promotion du rôle du secteur privé, l’augmentation de la consommation du ciment ainsi que l’extension des capacités de production, l’augmentation de l’encours bancaire, l’accroissement de la population active dans le secteur et l’augmentation de la  contribution du secteur de la construction au PIB  non agricole.

 

I - Secteur des Transports

Le secteur des transports avec ses branches : transport des voyageurs et celui des marchandises, en plus de sa dimension sociale, joue un rôle important dans la stratégie du développement de notre pays. C’est un secteur qui ne cesse de connaître une progression en quantité et en qualité en raison de l’évolution économique et sociale qui anime la société marocaine ( mobilité, voyages, vacances, distribution, alimentation des marchés, etc…) .

C’est donc un domaine qui mérite une attention particulière à la hauteur des enjeux de la dynamique du développement économiques que connaît actuellement le Maroc.

Le Mouvement Populaire conscient de ces enjeux et de l’importance économique,  politique et culturelle d u secteur des transports, a arrêté un programme politique qui prend en ligne de compte les considérations sociales et commerciales de ce secteur et qui vise à lui assurer une intégration dans  le développement durable affiché par le Parti.

A l’instar des autres secteurs socio-économiques la modernisation des transports publics et privés constitue un axe majeur dans les actions préconisées par Le Mouvement. Il y a lier donc d’œuvrer pour asseoir une politique à même d ‘attirer les investisseurs pour répondre aux nouvelles exigences des voyageurs et de la distribution des marchandises.

Les orientations que nous adoptons sont exposées pour chaque branche comme suit :

 

1 - Transport Routier

Le réseau routier un développement notable ces derniers années. Il y a une progression significative au niveau du réseau des autoroutes, des routes destinées au désenclavement du monde rural avec  un programme de 1500 km /an sans oublier le renforcement et la maintenance  du réseau routier existant. Mais ces efforts restent en deçà des attentes des usagers de la route marocaine.

 Comme il a été souligné le transport routier comprend les volets du transport des voyageurs et celui des marchandises. Chacun de ses domaines connaît des besoins importants qui appellent à des solutions appropriées si l’on veut qu’ils continent de jouer leur rôle de façon satisfaisante dans le développement socio-économique de notre pays.

Le Mouvement National propose dans son programme politique les actions suivantes :

-         Continuer de développer les infrastructures nationales à un rythme plus soutenu,

-         Renforcer la maintenance du réseau national dans toutes les régions du Maroc,

-         Mettre l’accent sur le désenclavement du monde rural,

-         Revoir la tarification dans les autoroutes qui ne sont pas encourageants pour inciter les usagers à les utiliser,

-         Adopter une transparence pour l’attribution des agréments pour le transport public,

-         Assurer un contrôle rigoureux pour le transport des marchandises.

 

2 - Sécurité routière

La sécurité routière est un point fondamental qui doit accompagner l’amélioration de la qualité du service dans le secteur des transports. Nous avons actuellement que le Maroc occupe le sommet au niveau des accidents de la circulation. Les causes sont multiples dont certaines reviennent à la qualité de la route.

Pour remédier à cette situation le Mouvement National appelle à l’adoption des mesures appropriées  en particulier :

-         Sensibiliser la jeunesse au problème de la sécurité routière  au niveau des programmes scolaires,

-         Instaurer des programmes de formation continue pour les conducteurs des transports publics,

-         Veiller sur le bon déroulement de l’examen du permis de conduire,

-         Veiller sur la bonne application des sanctions prévues en cas du manquement au respect du code de la route,

-         Continuer les programmes de sensibiliser la population contre les excès de vitesse et la mauvaise conduite.

 

3 - Transport ferroviaire

L’importance du transport via le chemin de fer s’est manifestée ces derniers temps à travers la forte demande sociale. En effet de plus en plus de voyageurs préfèrent l’utilisation du train pour leurs déplacements. De là émane la nécessité de l’amélioration de la qualité du service offert par l’ONCF qui permet d’une part de satisfaire la clientèle en progression continue et d’autre part  de répondre à cette demande par l’extension du réseau national.

Dans cette perspective, le Mouvement National, préconise une politique qui considère ce secteur comme un élément  émergent dans l’économie national, par conséquent il doit bénéficier des conditions qui lui permettent de :

·        moderniser ses structures,

·         étendre son réseau,

·        doubler ses voies,

·        assurer un bon service pour la clientèle.

 

Les Marocains Résidents à l’Etranger

 

La communauté marocaine à l’étranger constitue une composante essentielle de notre société. Elle contribue de manière importante au développement de notre pays et à son rayonnement à travers le monde.

Selon les estimations du ministère des affaires étrangères, la population des RME serait de 2,6 millions dont 85% en Europe. La France regroupe a elle seule 47% du total de notre communauté à l’étranger.

Les RME représentent une richesse inestimable pour notre pays puisque leurs transferts sont devenus parmi les principales sources de devise pour notre économie. Ces transferts sont passés de 23 milliards de dirhams en 1997 à 37,4 milliards en 2004. En 2005, les RME ont rapatrié quelques 40,5 milliards de dirhams dépassant par là les recettes du tourisme et du phosphate. Le Maroc arrive en 4ième position sur le plan international dans ce domaine après l’Inde, le Mexique et les Philippines.

Sur un autre plan, les transferts des RME contribuent à hauteur de 15% aux dépôts bancaires et à l’effort d’investissement national à travers la création d’entreprises et la réalisation de projets d’investissement dans leur pays.

Dans l’objectif de renforcer les liens de cette diaspora avec son pays et de promouvoir sa contribution au développement économique et social de notre pays, le Mouvement Populaire propose un certain nombre d’actions en faveur de cette communauté. Il s’agit en particulier de :

-  Renforcer sa participation effective aux débats nationaux et à la gestion des affaires publiques ;

-  Promouvoir leurs projets d’investissement dans le pays à travers l’amélioration des procédures, l’octroi d’avantages fiscaux et non fiscaux…

-  Réinvestir les relations avec notre diaspora au niveau de la 2ième et 3ième générations ;

   - Défendre ses intérêts économiques, sociaux, culturels et politiques dans l      eurs pays de résidence ;

    - Faciliter les synergies RME avec les différents  acteurs locaux…

 

II - Tourisme

Le tourisme est un secteur stratégique de l’économie Marocaine. Il demeure un secteur émergent vu que les objectifs escomptés ne sont pas encore réalisés. Le Maroc s’est doté d’une stratégie prospective pour aborder le secteur du tourisme avec une vision à long terme confortée par un contrat programme chiffré et détaillé.

1 - Vision 2010

En matière d' arrivées touristiques, il est prévu d’atteindre 10 millions de touristes, dont 7 millions de touristes internationaux (contre 5,5M en 2005) .

-         En matière de capacité hôtelière, 160.000 lits seront crées (dont 130.000 lits balnéaires et 30.000 lits dans les destinations culturelles du pays) portant la capacité nationale à 230.000 lits ;

-         Iinvestissements: le volume devrait atteindre 8 à 9 milliards €, (aménagement des nouvelles stations balnéaires, infrastructures, hôtellerie et animation) ;

-         Recettes: le montant prévu est de 48 milliards € de recettes en devises,

-         Emploi: 600.000 emplois nouveaux seront créés ;

-         Contribution du tourisme au PIB: elle devrait progresser en moyenne annuelle de 8.5%, ce qui la porterait à près de 20% à l'horizon 2010.

2 - Vision 2010 : les six grands chantiers
      Pour le  développement socio-économique du pays, un arsenal de mesures et d’actions précises a été arrêté, avec des plannings d’exécution, des opérations de suivi, et d’évaluation.
      Cette « vision 2010 » s’articule autour de 6 chantiers fondamentaux, qui sont de véritables leviers opérationnels, permettant de concrétiser les objectifs de cette stratégie.
      Ces chantiers se rapportent au Produit, à la Formation, à l’Aérien, au Marketing et à la Communication, à l’Environnement Touristique et à l’Organisation Institutionnelle.

3 - Les défis à relever :  

 La vision 2010 est la résultat d’un consensus national avec une implication forte des opérateurs, des pouvoir publiques et des autorités provinciales et régionales mais avec 5 millions de touristes en 2005, le secteur doit progresser d’un million de touristes par an d’ici 2010 si on vent rendre cette vision une réalité. La tâche n’est pas impossible mais elle doit faire l’objet d’une politique sans faille mettant l’accent sur l’amélioration du produit, le développement de l’offre, le promotion, la diversification et la réduction des facteurs de risque (informel, manque de sécurité, qualité de service très moyenne) et le développement de la demande intérieure.

En ce qui concerne le produit, il faux aller au-delà de la conception du tourisme en tant que phénomène naturel: c’est une industrie qui répond à une demande dans un contexte de compétition rude. Comme toute industrie, le tourisme met sur place des produits (séjours, packages, voyages, événements, et animation) qui doivent respecter les critères les plus rigoureux de qualité afin d’en assurer la durabilité. Bien que des efforts ont été consentis récemment, le secteur reste en de ça de son potentiel de développement. Les produits sont généralement mal conçus et mettent l’accent sur le naturel, l’histoire et une conception stéréotypique de la culture (articulée par des guides généralement mal formés).

L’animation est généralement médiocre, non–diversifiée et souffre de l’absence de ressources humaines qualifiées en la matière et maîtrisant les langues européennes ainsi que le japonais, le coréen et le chinois. Le Mouvement Populaire propose l’élaboration de standards de mise en place des produits touristiques qui met l’accent sur l’équilibre entre le divertissement culturel, l’animation, le bien être physique (confort et nourriture) et la gestion individualisée des besoins des clients.

Le plan Azur donnera un coup de fouet important au développement de l’effort. C’est une stratégie qui aura des retombées positives sur le tourisme national. L’une de ces limites est qu’il met l’accent sur le balnéaire. Il y a lieu de développer l’axe des vallées et de désert avec Ouarzazate, Tinghir, Zagora et Merzouga comme pôles de support, d’insérer  le plan stratégique de Fès dans une vision régionale qui comprend Meknes, Volubilis et le Moyen Atlas et axer la vision d’un million de touristes par an à  Casablanca sur le tourisme d’affaires tout en l’étendant sur El Jadida, Bouznika, Rabat, le projet Bouregreg et Kenitra. Il faut noter que l’axe Tanger Tétouan  souffre toujours de problèmes endémiques : produit non diversifié, qualité très limitée, infrastructures en délabrement. Arrimer cet axe à  la station de Larache et l’enrichir par le produit Assilah et Chefchaouen dans le cadre d’une vision régionale intégrée est susceptible de rendre au tourisme du nord la place qui est la sienne.

La promotion ne veut pas dire seulement l’augmentation du budget de l’ONMT et la présence aux foires internationales mais également l’élaboration d’une stratégie avec résultats, indicateurs, moyens, partenariats, rôles et responsabilités claires. Le Maroc souffre de l’inexistence d’une stratégie agressive, réelle et réalisable dans ce sens. Des plans de promotion existent mais ils restent des séries d’actions éparpillées et sans obligation de résultats.

Les facteurs de risque sont énormes: la mendicité, les faux guides, l’arnaque des bazaristes (en complicité avec les guides, les agents de sécurité et même les agents de sécurité affiliés au Ministère du tourisme), le manque de sécurité en général dans nos médinas et dans nos villes, le harcèlement sexuel, la qualité très moyenne des compétences de nos ressources humaines (surtout les garçons, les guides, les voyagistes, les staff d’accueil et le staff d’animation) et la faiblesse de contrôle de la part du Ministère de tutelle. Si on ne vise pas à réduire ces éléments à travers la formation continue, la motivation, la mise en place des mesures de protection du touriste et la sécurisation de nos espaces urbains, notre vision n’aura qu’un succès limité.

Le tourisme est un secteur fondamental avec des retombées économiques colossales aussi bien directs qu’indirects. En 2010, il jouera le rôle d’une locomotive en terme d’emplois, de PIB, et de balance commerciale. Mais le chiffre de 10 millions ne doit pas nous pousser à brader la destination Maroc.  Il faut penser le nombre de touristes et PIB en même temps.S’il faut arriver aux résultats escomptés en chiffre d’affaires avec moins de touristes tant mieux. Le tourisme de qualité protégera le Maroc également des effets négatifs d’un tourisme développé à la hâte sans étude de son impact sur l’environnement (les cas des Caraïbes, de Cancun et de Costa del Sol sont à étudier). 

Toute industrie a besoin d’un marché intérieur pour pouvoir se développer même si elle est orientée vers l’exportation. Kounouz Biladi a eu pas mal de succès, mais il faut développer mieux le produit, l’intégrer dans des packages qui comprennent transport et animation et l’adopter aux spécificités des destinations et des besoins des touristes nationaux.

 

III - Secteur des pêches

Le secteur des pêches maritimes joue un rôle socio – économique important. C’est un secteur très porteur et à fort potentiel de développement. En effet, quelques chiffres montrent la place stratégique de ce secteur :

- Le Maroc dispose d’un littoral de 3500 Km et d’une superficie maritime d’un million de Km;

- La flotte nationale est estimée à quelque 20000 unités dont 18000 barques artisanales ;

- Le nombre de marins pêcheurs actifs dépasse les 152000 personnes ;

- Le Maroc est le premier exportateur mondial de conserves de sardines, le 3ième d’agar agar…

      Le développement de ce secteur se heurte à plusieurs contraintes en dépit des grands efforts déployés par le département de tutelle. Parmi ces facteurs pénalisants, on peut insister sur :

- La lenteur et le retard importants constatés dans la mise à niveau de toute la filière afin de pouvoir faire face à la forte concurrence internationale.

- L’inexistance d’une véritable vision claire au niveau de la profession  concernant la modernisation et l’équipement de la flotte  qui est devenue archaïque et vétuste ;

- L’absence de tout principe de gouvernance de la ressource halieutique au sein d’un milieu professionnel privilégiant les intérêts individuels et catégoriels ;

- L’insuffisance des différents moyens mis à la disposition du secteur en matière de recherche, de surveillance et de contrôle…

   Toutes ces contraintes et bien d’autres représentent autant de défis que le secteur doit relever afin de lui donner un grand dynamisme et une forte compétitivité. Dans cette perspective, le Mouvement Populaire propose un plan d’action et une stratégie d’ensemble fondée sur les principaux axes suivants :

- L’amélioration de la gestion des ressources halieutiques au moyen de plans d’aménagement et de protection de la ressource ;

- L’initiation et l’application d’un code de la pêche de manière à garantir la préservation des éco systèmes halieutiques et la protection du milieu marin ;

- La mise à niveau du secteur à travers la modernisation de la flotte, la certification des halles, la construction de points de débarquement aménagés pour la pêche artisanale tout en mettant l’accent sur la pêche cotière vu son role social important…

- Le développement de la recherche halieutique et le renforcement des compétences et des qualifications des ressources humaines du secteur…

- La promotion de la normalisation et la certification : ISO, normes programme de gestion de la qualité (PGQ), normes spécifiques aux produits de la pêche…

 - La valorisation des produits de la pêche à travers l’augmentation de leur valeur ajoutée…   La stratégie du Mouvement Populaire au niveau de ce secteur est fondée donc sur la mise en place d’un système efficace et efficient de gestion des ressources halieutiques appuyé par des moyens institutionnels juridiques, financiers humains et nécessite l’implication de tous les acteurs (pouvoirs publics, organisations professionnelles…) qui est un préalable essentiel à sa réussite.

 

1- NTIC et Télécommunications

Le rôle des TIC dans la réalisation de la croissance économique d’un pays et dans son développement au sens large, n’est plus à démontrer. Les expériences ont montré que la contribution des TIC dans la croissance de certains pays pouvait atteindre des proportions considérables dépassant parfois les 30%. Au delà du fait que ces technologies sont à forte valeur ajoutée et donc créatrices de richesses, leur diffusion potentielle à travers tous les domaines de la vie économique, sociale, culturelle et politique, leur confère une force d’action et de changement inégalée et en fait aujourd’hui, l’un des vecteurs de développement le plus important voir sur certains égards le plus indispensable.

Nous pensons, au  Mouvement Populaire, que le  renforcement de la formation dans le secteur des NTIC doit s’élargir d’avantage pour subvenir aux besoins de l’enseignement  des TIC et par le fait  que ce sont des métiers d’avenir qui  ouvriront de bonnes perspectives pour l’emploi et donc un moyen de résorber le chômage galopant des jeunes diplômés. On estime que près de 10% des étudiants universitaires doivent suivre des filières  de formations diplômantes en TIC.

C’est dans ce contexte d’engagement total en faveur de la modernisation de notre pays et de son économie et de la mise à contribution des TIC pour soutenir sa croissance et sa diversification, que le programme politique du MP soutient   l’impulsion d’une  dynamique de création d’entreprises innovantes en TIC. Cette politique s’inscrit totalement dans l’esprit du grand projet inauguré par Sa Majesté Mohammed VI que constitue la création du   Centre Des Technologies Nouvelles à Salé. Avec un tissu   de parcs technologiques large et réparti sur l’ensemble des Régions et d’entreprises innovantes notre pays peut se positionner  comme un partenaire de choix pour concrétiser des modèles de coopération et de partenariat  adaptés aux besoins et réalités des pays de la région et du continent.

Le Mouvement Populaire acteur potentiel dans la société marocaine,  ne peut qu’afficher une politique claire en matière de TIC portée sur l’avenir et   basée sur des  indicateurs prometteurs pour l’évolution  de des NTIC dans notre pays. Nous pouvons retenir  les principaux éléments  suivants :

L’engouement des entreprises pour les TIC
Le marché des TIC est en développement constant au Maroc. 2005 a été une bonne année avec une bonne croissance. Les entreprises s’équipent de plus en plus, aussi bien au niveau des grands comptes que pour les PME/PMI. Il y a une prise de conscience grandissante sur l’apport des TIC dans l’entreprise et l‘administration pour innover, se développer et améliorer la productivité.

 

L’ouverture du marché de la téléphonie

L’ouverture à la concurrence de la téléphonie fixe, à côté du mobile, est une excellente opportunité de voir les offres autour d’Internet se multiplier et assister ainsi à une pénétration soutenue de l’Internet au sein des foyers marocains.  L’attribution de nouvelles licences permettra à plus long terme,  la démocratisation de l’Internet sur le marché marocain. 

                                                                                                              

Les Assises de l’Internet
L’année 2005 était marquée par croissance exponentielle du nombre d'accès ADSL au Maroc avec près de 240.000 abonnés tout fournisseur d’accès confondu, soit une croissance de 300% par rapport à l’année 2004. Le Maroc est désormais leader Internet en Afrique sur le nombre d'accès ADSL et sur la capacité de la bande passante internationale qui atteint le niveau de 7 Giga. Sur un autre registre, le Royaume a enregistré une croissance importante du marché Internet estimé à plus de 4.2 Millions d'internautes mensuels en septembre 2005.

En résumé Notre Parti, le Mouvement Populaire, préconise un programme d’actions  présenté comme suit :

*   préparer toutes les conditions requises pour l’insertion du Maroc dans la société de l’Information et du Savoir.

*   Généraliser les TIC à tout le système éducatif : une salle multimédia par école, par collège, par lycée, par institut et par faculté.

*   Mise en place de mécanismes souples et adaptés de financement des entreprises innovantes : capital-risque, capital-investissement, capital amorçage et fonds de garantie.

*   Mise en œuvre de mécanismes de soutien à l’introduction des TIC dans les PME-PMI.

*   Définir et mettre en œuvre une politique incitative en faveur du secteur qui encourage la création d’emplois et l’investissement par les entreprises TIC.

*   Développement d’un nouveau concept de zone d’accueil intelligente dédiée aux TIC.

*   Étude et dimensionnement de la problématique de l’Administration en ligne et sa généralisation

*   Développement de la Société de l’Information : adoption de lois relatives à la signature électronique et aux messages de données, à la protection de la vie privée et des données nominatives, et à la protection de la propriété intellectuelle.

 

  4. STRATEGIE TRANSVERSALE : MESURES D’ACCOMPAGNEMENT

I - Protection de l’environnement et des ressources naturelles

Résultat de plusieurs dysfonctionnements et du peu d’intérêt qui à été réservé à leur conservation, les ressources naturelles de notre pays subissent une forte dégradation qui menace désormais leur capacité de renouvellement voire leur pérennité. En effet, le constat réalisé en matière de dégradation des écosystèmes naturels révèle des situations préoccupantes que ce soit au niveau des sols, du couvert végétal notamment des forêts, de la biodiversité (faune et flore), des eaux, ou de l’environnement de façon générale.

 

1 - Ressources naturelles

 Au niveau des sols, l’érosion hydrique constitue la menace la plus déterminante, en effet 93% du territoire national est soumis à un climat aride ou semi-aride et les phénomènes d’ensablement et de désertification touchent une grande partie du pays :

·                     11 millions d’hectares parmi l’étendue des bassins versants du pays présentent des risques majeurs d’érosion hydrique. Si leur érosion appauvrit les sols, elle occasionne l’envasement des barrages qui se voient ainsi perdre chaque année une capacité de 75 millions de m³ soit la perte de possibilité d’irrigation de 10.000ha ;

·                     2 millions d’hectares de terres de culture sont soumis à ce type d’érosion;

·                     Les parcours perdent chaque année près de 65 000ha et sont surexploités;

·                     La pression anthropique, les pratiques culturelles inappropriées et l’utilisation des terres contribuent largement à la dégradation des sols et des ressources naturelles en général.  

Les ressources forestières ont subi les effets conjugués de la pression anthropique et des conditions climatiques très défavorables et perdent ainsi l’équivalent de 30 000ha/an.

·                     5 à 6000ha de forêts sont défrichés chaque année;

·                     Prélèvement sous forme de bois de feu de plus de 10 million de m³ soit plus de 3 fois la production de ces espaces;

·                     Surpâturage des parcours forestiers où la charge dépasse de 3 à 5 fois la possibilité qu’ils permettent ;

·                     3 à 4000 ha/an sont détruits par les incendies de forêts.

Sur le plan de la biodiversité, le Maroc, de par sa situation géographique, la diversité de son climat et la variété des bioclimats qu’il recèle, dispose d’une diversité biologique remarquable.

Cette richesse est également menacée par les phénomènes de dégradation des ressources naturelles en plus d’autres facteurs tels la surpêche et la pollution pour les espèces marines, le drainage et la pression sur les zones humides pour la flore et la faune.

Au niveau des systèmes forestiers remarquables la cédraie notamment au moyen Atlas et l’Arganeraie au sud sont sérieusement menacées.

 

2 - Protection de l’environnement

La protection de l’environnement est une préoccupation relativement récente au niveau international, le premier sommet mondial consacré à cette problématique date du 1992 avec « Le sommet de la Terre » réuni à RIO où la notion de développement durable a été introduite associant l’équité sociale, et l’efficacité économique à la protection de l’environnement.

Notre pays, pendant longtemps a négligé les aspects liés à la protection de l’environnement et à la conservation des ressources naturelles privilégiant ainsi les intérêts à court terme au détriment des équilibres des systèmes écologiques nationaux.

Ainsi nos ressources naturelles terrestres, hydriques et marines se trouvent sérieusement menacées tant en qualité qu’en quantité par des risques de plus en plus sérieux.

Les villes et les zones industrielles continuent à se développer en l’absence souvent d’infrastructures de base notamment d’assainissement et de traitement des eaux usées, faisant de ces espaces des points noirs pour l’environnement et portant atteinte à la santé des populations.

Les déchets solides (17500T/j en 1999) et les déchets industriels (93 000 t/an) posent des problèmes de gestion et présentent des risques pour l’environnement

                                                                                                         

3 -  Propositions du  Mouvement Populaire pour la protection des ressources naturelles

Le parti du Mouvement Populaire, de par l’importance des espaces concernés par les phénomènes de dégradation des ressources naturelles, accorde une importance particulière à la correction des déséquilibres créés par plusieurs décennies de négligence.  D’autant plus que les espaces menacés par l’érosion abritent une population nombreuse qui n’a que très peu bénéficié des fruits de la croissance du pays.  La surexploitation des milieux concernés résulte de la marginalisation de ces populations sur le plan du développement et du manque d’alternative économique viable.

L’intérêt de sauvegarder nos ressources naturelles, s’il émane de la nécessité de laisser aux générations futures un patrimoine de valeur, procède également de la recherche d’une équité sociale pour une frange importante de notre société.  La pression anthropique étant le facteur déterminant dans la dégradation des ressources naturelles, il est normal que les actions à envisager doivent permettre de résoudre la problématique à laquelle sont confrontés les habitants des zones dégradées ou menacées de dégradation à savoir les zones de montagnes, les zones arides et semi-arides et les oasis.

 

4 - Zones de montagnes

Le parti propose de doter cet espace d’une politique spécifique adaptée qui vise à répondre aux besoins des populations concernées sur les plans économique (revenus alternatifs), énergétique (chauffage et cuisson), et pastoral (fourrage).  Ce traitement spécifique doit permettre également de combler les déficits sociaux et économiques de ces zones (santé, éducation, désenclavement, etc.).

Pour ce faire, un effort de l’ensemble de la collectivité nationale est requis par le recours à la solidarité interrégionale et nationale en faveur de zones marginalisées.

Etant le château d’eau du pays, il est proposé qu’une partie de la plus-value créée à l’aval par irrigation soit réaffectée pour financer le développement des zones de montagnes.  L’action au niveau national concerne les équipements socio-économiques et la protection des ressources naturelles notamment dans les bassins versants.

Les zones montagneuses peuvent consituter une ressource formidable pour le toursime terroire du monde rural. 

 

5 - Les zones arides et semi-arides

            Dans ces zones, les conditions climatiques sont souvent défavorables aux cultures, c’est pourquoi auparavant elles étaient essentiellement réservées au parcours. La politique céréalière menée pendant longtemps, notamment la politique des prix favorables au développement du blé tendre, avait conduit à la mise en culture d’une grande partie de ces espaces pastoraux augmentant ainsi leur fragilité face au phénomène de l’érosion. On estime que 65 000 ha/an ont été défrichés et pris sur les parcours pour augmenter la surface agricole utile. Celle-ci est passée de 7 à 8,7 millions d’hectares entre 1970 et 2000.

Dans ce cadre le Mouvement Populaire recommande de favoriser la conservation et la mise en valeur des espaces pastoraux et de mener une compagne de sensibilisation pour réduire les cultures annuelles qui ont été installées sur les terres marginales. 

   

6 - Les oasis et la lutte contre la désertification :

            La désertification est devenue un phénomène qui intéresse l’ensemble du territoire national y compris certains systèmes forestiers qui font la fierté du Maroc à savoir la cédraie, l’arganeraie et les palmeraies du sud-est.   La lutte contre ce phénomène requiert un véritable plan d’action spécifique visant à lutter contre l’avancement du désert et comprenant des actions socio-économiques de façons à résorber la pauvreté que connaissent ces zones.

 

7 -  Lutte contre  la pollution

            Les actions à mener dans ce volet concernent le rattrapage du déficit en infrastructures de traitement des eaux usées et l’aménagement des unités appropriées de stockage voire de traitement des ordures ménagères. Il s’agit également de mener des actions destinées à dépolluer un certain nombre de cours d’eau dont la pollution a atteint un niveau alarmant.

De même la pollution industrielle devrait être combattue et des mesures de prévention dans ce domaine devraient êtres prévues et appliquées rigoureusement. 

 

 

II - Réforme du foncier

Parmi les facteurs et les leviers les plus importants qui doivent être pris en considération dans l’élaboration de la stratégie de développement du secteur agricole et du monde rural en général figurent le milieu physique en tant que support de la production et les exploitations agricoles en tant qu’unités économiques.

 

1- : Les structures foncières : un facteur de blocage de la modernisation de l’agriculture et un obstacle à la diffusion du progrès en milieu rural :

Au Maroc, la terre est, non seulement une denrée rare, mais une ressource fragile est menacée dont l’usage doit être rationalisé en fonction des vocations naturelles et qu’il convient de protéger contre toutes les foRMEs de dégradation.

A la dégradation de la ressource foncière, s’ajoutent les problèmes liés à la diversité des régimes juridiques et des formes d’exploitation dont la plupart n’offrent pas la sécurité et les garanties nécessaires à la réalisation d’investissements conséquents pour l’intensification agricole.

A ces contraintes juridiques s’ajoutent celles inhérentes à la structure de la propriété et de l’exploitation agricole, marquée par l’exiguïté, le morcellement et la dispersion, ce qui pénalise l’efficience de ces exploitations et rend difficile leur adaptation à la mondialisation des échanges notamment en matière de compétitivité.  Une telle parcellisation contribue à l’extension de la pauvreté en milieu rural, ainsi les structures foncières participent à la persistance de la pauvreté qui est au Maroc un phénomène éminemment rural.

La majeur partie des exploitations (2/3) ont moins de 5ha, le nombre moyen de parcelles par exploitation est de 6,4 avec une superficie moyenne par parcelle de 0,92ha.

En définitive, les structures foncières constituent un frein au développement économique et au progrès social à travers la pluralité des régimes juridiques, la rigidité du marché foncier, la faiblesse de la sécurisation des propriétés (10% des terres uniquement sont couverts par l’immatriculation) et l’indivision qui touche toutes les catégories d’exploitation. Jusqu’à présent les pouvoirs publics, dans le domaine des structures agraires, ont privilégié une vision plus politique qu’économique, une tendance à intervenir plus par le biais de la réglementation au lieu de l’incitation et la négociation et ont opté pour une approche trop centralisée et dirigiste avec souvent une logique techniciste.

 

2 - Politique du Mouvement Populaire en matière de structures foncières.

Le Mouvement Populaire œuvre pour la mise en place d’une politique foncière qui apporte des solutions aux contraintes qui résultent des structures foncières.  Cette politique, qui doit tenir compte du nouveau contexte sociopolitique et des nouveaux défis économiques  du pays, doit créer les mécanismes nécessaires pour lever les contraintes rencontrées et les conditions favorisant l’intensification de la production dans un environnement stable et sécurisant.  Elle vise les objectifs suivants :

Ø      l’efficacité économique à travers la recherche de la sécurité foncière de la propriété et de l’exploitation à même de peRMEttre l’accès au crédit et d’encourager l’investissement productif;

Ø      L’équité sociale en permettant à la paysannerie d’améliorer ses revenus et donc de rester à la campagne.

Ø      La flexibilité par l’utilisation des mécanismes incitatifs et par l’arbitrage autour des solutions négociées qui tiennent compte des us et coutumes locaux.

Pour concrétiser ces grandes orientations, les mesures et les réformes suivantes devraient être entreprises :

- La sécurisation du droit de propriété des transactions et de l’exploitation par :

v     L’extension de l’immatriculation foncière seule à même de sécuriser le droit de propriété.  Les actions à mener à ce niveau concernent la simplification des procédures, le raccourcissement des délais, et la réduction des coûts ;

v     L’amélioration du système d’établissement des actes traditionnels constitutifs et translatifs de propriété ;

v     La généralisation du cadastre national qui constitue un outil indispensable à la connaissance et au suivi de l’évolution des structures foncières ;

v     Le renforcement des instances judiciaires spécialisées dans le foncier agricole.

v     L’apurement de la situation juridique des terres de la réfoRME agraire.

 

2-  1 : L’unification des régimes fonciers 

      Il s’agira à ce niveau d’unifier les statuts en melk immatriculé par résorption progressive des autres statuts collectifs, guiche, domanial, réforme agraire.

      Pour le cas particulier des terres collectives, il convient de poursuivre et d’accélérer leur melkisation à l’intérieur des périmètres d’irrigation, et d’engager cette opération sur les terres collectives en zone bour lorsque cela est possible et à la demande des ayants-droit.  Lorsque la melkisation individuelle des terres collectives situées en zone bour s’avère difficile à mettre en œuvre, il faudra envisager, avec les collectivités concernées, des formes alternatives de gestion par le biais d’associations, de coopératives, de location à longue durée à des investisseurs ou de partenariat.

 

2-2 : La levée des entraves juridiques à la mobilité et à l’accès au foncier

      En vue de dynamiser le marché foncier, seul à même d’opérer une réallocation des terres sur des bases économiques, le Mouvement Populaire préconise l’abrogation des textes juridiques qui limitent la mobilité et l’accès au foncier notamment ceux qui interdisent l’acquisition des propriétés agricoles aux personnes physiques étrangères et aux sociétés par actions (dahir n°1-73-645 du 23 Avril 1975).

 

   2 – 3 :  Inciter les agriculteurs à travailler en groupe

 Pour lutter contre les contraintes de l’exigüité des exploitations et de l’indivision et par conséquent rendre l’exploitation agricole compétitive, il devient nécessaire d’inciter les agriculteurs à travailler en groupe (coopératives, sociétés d’exploitation,…).

      En ce qui concerne les propriétés en indivision, les indivisaires pourraient être incités à se constituer en groupes fonciers d’indivisaires (GFI).

      Conscient des contraintes majeures que la problématique du foncier fait peser sur le développement de l’agriculture et sur la promotion du monde rural, le Mouvement Populaire prône ces orientations et réformes dont la mise en œuvre nécessite un engagement fort du gouvernement, comme elles requièrent une harmonisation de la vision et une collaboration étroite entre plusieurs acteurs et intervenants.

 

Meilleure Gestion du Domaine de l’Eau

La stratégie de développement des ressources en eau revêt une importance particulière pour un pays comme le Maroc, caractérisé par la rareté de plus en plus accrue de cette ressource.  La problématique de l’eau est désormais une préoccupation sérieuse des pouvoirs publics surtout suite à la sécheresse des dernières décennies, à l’augmentation de la demande sous l’effet de la démographie et de la pression croissante des secteurs utilisateurs notamment l’agriculture, l’industrie et le tourisme.

Sachant que les efforts déployés depuis le lancement de la politique des barrages par feu SM Hassan II ont permis de réaliser des niveaux élevés de mobilisation et de régularisation des ressources en eau superficielles (80 à 85%), il devient impératif que les politiques d’aménagement des ressources en eau s’orientent de plus en plus vers leur préservation et la rationalisation de leur utilisation en tant que fondements d’une gestion intégrée des ressources en eau.

L’efficacité d’une telle gestion requiert :

·                    La conservation des ressources en eau par la protection des bassins versants contre l’érosion en vue d’atténuer l’envasement des retenues.

·                    La protection du milieu hydrique des déversements des effluents domestiques et industriels.

·                     La gestion durable des aquifères par une exploitation rationnelle compatible avec leurs potentiels renouvelables.

·                    L’utilisation rationnelle des ressources à travers l’économie de l’eau, désormais un impératif incontournable de l’usage de l’eau.

L’agriculture, premier utilisateur de l’eau dans notre pays avec 80 à 90% des ressources mobilisées, se positionne en tant que premier secteur appelé à adopter les techniques les plus efficientes.  Dans ce domaine il y’a  lieu de veiller à l’extension de l’irrigation localisée, à la maintenance préventive et le renouvellement des infrastructures et à la valorisation la meilleure de ces ressources par la pratique de cultures peu exigeantes en eau et à haute valeur ajoutée.

Dans le secteur de l’AEP, les efficiences dans les réseaux de transport et de distribution ne sont pas partout satisfaisantes.  Un effort particulier doit être déployé pour pallier ces insuffisances.

Des efforts considérables et des progrès notables ont été réalisés dans les domaines d’aménagement des eaux, des extensions de l’irrigation et de la généralisation de l’eau potable.  Il demeure cependant que ces efforts doivent être poursuivis et soutenus dans les domaines de la préservation, de la protection et de la rationalisation de l’utilisation de l’eau.

Le Maroc dispose actuellement pour l’eau d’un cadre légale et réglementaire qui permet une gestion intégrée des ressources en eau du pays.  Toutefois, les défis demeurent énormes car la mise en œuvre des programmes d’action relatifs à l’eau nécessitent des investissements énormes que les disponibilités budgétaires ne peuvent satisfaire.  De ce fait le recours au partenariat public-privé se révèle la seule démarche susceptible de drainer des investissements nécessaires à ce secteur.

Tenant compte de ces considérations, le programme du Mouvement Populaire dans le domaine de l’eau s’articule autour des axes suivants :

 

 

 

La planification.

·              Mise à jour des schémas d’aménagement intégré des ressources en eau à l’échelle des bassins versants.

·              L’établissement d’un plan national de l’eau privilégiant la gestion intégrée des ressources en eau (mobilisations optimale des ressources superficielles et souterraines, dessablement de l’eau de mer pour l’AEP et l’industrie, réutilisation des eaux usées).

 

 

Mise en œuvre du cadre juridique et institutionnel.

·              Parachever la mise en œuvre de la loi 10-95 par l’adoption des textes d’application y afférents et la précision des missions et des responsabilités des agences de bassins.

·              Rendre opérationnelles les agences de bassins.

·              Participation plus effectives des usagers de l’eau des associations professionnelles et des collectivités locales aux organes de concertation en matière de gestion des ressources en eaux.

·              Instaurer une police de l’eau efficace.

 

Poursuite des efforts de mobilisation des ressources en eau.

·              poursuite de la mobilisation des eaux de surface par les barrages.

·              examen approfondi des possibilités de transfert de l’eau pour assurer un meilleur équilibre dans l’accès à l’eau entre les différentes régions et limiter les pertes d’eau à la mer.

·              Modernisation de la petite et moyenne hydraulique en tant qu’axe de développement rural.

·              poursuite de la recherche et de la mobilisation des eaux souterraines.

·              renforcement et modernisations du système de suivi et d’évaluation des ressources en eau.

 

Valorisation et économie de l’eau d’irrigation.

·              Résorption du décalage entre les superficies irriguées dominées par les barrages existants et celles effectivement irriguées (108.000ha).

·              Améliorer les performances du secteur irrigué par la réhabilitation des réseaux vétustes et le renforcement de la maintenance et l’entretien des équipements.

·              Amélioration du cadre institutionnel de l’irrigation (méthode de gestion et d’intervention).

·              Encouragement de l’utilisation des techniques d’irrigation modernes et économes en eau.

·              Amélioration de la productivité des terres irriguées.

 

Rationalisation de l’alimentation en eau potable et industrielle

(Economie, amélioration de rendement, sensibilisation des usagers).

 

Sauvegarde des ressources en eau souterraines.

·              Amélioration de la connaissance des nappes souterraines (potentiel, qualité, etc.).

·              Recharge des nappes.

·              Clarification des responsabilités notamment avec les agences de bassins.

·              Encourager les projets assurant l’économie de l’eau.

·              Appliquer la législation de contrôle des pompages.

 

 Aménagement des bassins versants.

Mise en œuvre du plan national des bassins versants pour lutter contre l’érosion et l’envasement des barrages.

Sauvegarde des écosystèmes fragiles

La sauvegarde et la protection des écosystèmes fragiles comme les oasis et les zones humides doivent constituer une préoccupation importante de la politique de l’eau.

 

Prévention et protection contre les inondations

·              Prévision et annonce des crues et préparation des plans de gestion des inondations.

·              La réalisation des infrastructures de protection pour les zones les plus menacées.

 

 

Assainissement, traitement et réutilisation des eaux usées.

·              Généralisation des réseaux d’assainissement et développement des dispositifs d’épuration des eaux.

·              Réduire la pollution des ressources en eaux.

 

 

Aménagement du territoire : un facteur de  compétitivité face au défi de la mondialisation

Le Maroc est un grand pays par l’étendue de son territoire et l’effectif de sa population .

La forte pression démographique que le Maroc a connue entre les années 1950 et 1970 se traduit actuellement par une forte pression sur les ressources et les milieux naturels, dont l’acuité ira sûrement en grandissant au cours des deux prochaines décennies. La population marocaine serait de 33,5 millions d’habitants en 2010 et de 40 millions d’habitants en 2020.

La dynamique de l’espace marocain depuis le début du XXème siècle est dominée par une forte concentration de la population et des activités économiques dans les zones littorales. Cette évolution a fini par donner

à ces espaces, ainsi qu’aux eaux territoriales correspondant une importance inégalée au niveau du développement et de l’aménagement du territoire.

La force de la structuration du territoire national réside dans la rente de situation géographique du Maroc, à la croisée de deux grands axes particulièrement importants au plan des relations internationales : l’axe Europe-Afrique, dans le sens Nord-Sud, et l’axe Sud méditerranéen qui, de l’Ouest à l’Est, relie les pays du Maghreb à ceux du Machrek arabe.  Cette rente de situation se distingue aussi par la double ouverture maritime du Maroc, sur la Méditerranée et sur l’Atlantique.

En outre, la diversité des milieux géographiques, en contribuant à la diversification des ressources, des genres de vie et des patrimoines locaux, constitue une richesse de grande importance, qu’il conviendrait de valoriser, non seulement à travers la dynamisation des mécanismes de complémentarité et de solidarité entre les espaces, mais également en prenant appui sur cette diversité pour accroître l’attractivité du territoire national vis à vis des investisseurs et des touristes.

La valorisation des capacités des différentes composantes de la géographie physique et humaine du territoire national est tributaire de la résorption des déséquilibres existants et de la levée des différents facteurs qui, au Maroc, freinent la dynamique de développement. Dans cette perspective, la politique d’aménagement du territoire vise à relever un ensemble de défis, dont les plus importants résident dans: le dualisme, hérité de l’époque du Protectorat, qui existe de nos jours  entre le « Maroc utile » et le « Maroc inutile », la faiblesse du rythme de la croissance économique, l’accumulation des retards de développement dans le monde rural, la crise des milieux urbains et l’accentuation de la pression sur les ressources naturelles.

A la lenteur de la croissance économique, s’ajoute son inégale diffusion dans l’espace et parmi les différentes catégories sociales. C’est ainsi que du fait de la focalisation des efforts de l’Etat -et dans son sillage le secteur privé- sur les zones réunissant les conditions propices à l’investissement lucratif (Axe atlantique entre Kénitra et Jorf Lasfar, périmètres d’irrigation moderne et certains îlots le long des zones littorales). Le cordon littoral revêt une importance particulière, en abritant 61% de la population des grandes villes, 80% des salariés de l’industrie et 53% des capacités d’hébergement du secteur touristique. Le reste du territoire national est en marge de la dynamique générale de développement économique et social; d’où exode rural, pauvreté dans les ceintures des villes et en milieu rural, approfondissement des inégalités entre les différentes catégories sociales et entre les villes et les campagne et forte accélération des processus d’exclusion et de marginalisation.

Le monde rural en particulier est  au coeur des grandes questions que soulève l’aménagement du territoire au Maroc. La population rurale est actuellement le double de ce qu’il était au début du XXème siècle, et elle est appelée à croître au cours des prochaines décennies. De ce fait, l’agriculture ne pourra pas, à elle seule, procurer l’emploi et les ressources de vie pour l’ensemble des ruraux. D’où l’importance de  l’impulsion de l’investissement, dans l’agriculture certes mais aussi dans des activités non agricoles.

Ces différents déséquilibres qui caractérisent l’espace national, sont en partie dus aux insuffisances de la gestion publique, qu’il s’agisse des options de développement retenues, des structures d’intervention ou des méthodes de travail.

Ainsi, les choix en vigueur tout au long des quatre dernières décennies ont été largement déterminés par l’approche sectorielle et la logique de la rentabilité économique, entraînant l’ancrage des tendances spontanées de structuration de l’espace national,    dont particulièrement : le renforcement de la  centralité de l’axe atlantique moyen et la polarisation de la dynamique de développement à l’extérieur de cet axe sur les périmètres irrigués, les grandes villes et les centres d’estivage littoraux. De même, les secteurs sociaux et culturels ont accusé beaucoup de retard, et de grands préjudices ont été portés aux ressources naturelles et aux équilibres de l’environnement. A cause de la pauvreté et de la marginalisation de vastes espaces du territoire national, les phénomènes anthropiques ont autant dégradé que les effets des calamités naturelles.

            Si depuis le début des 1970 les pouvoirs publics ont opté pour une approche qui place la question du développement dans le cadre global de l’aménagement du territoire, et adopter la régionalisation en tant que méthode de mise en oeuvre des choix de développement, cette première expérience de régionalisation n’a pas été probante, à cause des raisons suivantes:

            - la réduction de la régionalisation à la répartition entre les          régions économiques des programmes prévus dans le cadre des       plans de développement et leur gestion de façon centralisée ;

-                     l’incapacité des Assemblées Régionales d’assurer le rôle de structure d’animation du développement sur leur territoire, du fait des missions, à caractère consultatif, dévolues à ces assemblées, sans beaucoup de moyens matériels et humains ni ressources financières conséquentes ;

            - la fragilité de l’institution de l’aménagement du territoire,          induite par l’hésitation qui, tout au long de trois décennies, marqua             la politique publique dans ce domaine;

A l’heure actuelle, si l’aménagement du territoire constitue un Département ministériel à part entière, il n’aura d’effet sur la réalité que si des mesures sont prises pour lever les blocages qui freinent l’action du ministère principalement à deux niveaux :

-         l’insuffisance des ressources financières et humaines, dont dépend la représentation du ministère au niveau régional et sa capacité à prendre en charge efficacement les questions de l’aménagement du territoire ;

-         l’absence de mécanismes institutionnels et réglementaires à même d’assurer la coordination en matière d’aménagement du territoire entre les différents intervenants et de donner à l’action du Ministère l’efficacité requise par le développement, dans le contexte actuel, aux niveaux interne et externe.

Aujourd’hui, le Maroc, sous la conduite éclairée de SM le roi Mohamed VI,  inscrit de nouveau sa politique de développement dans le cadre global de l’aménagement du territoire, dans un contexte marqué au  niveau national, particulièrement, par l’élargissement de l’espace d’exercice des libertés démocratiques, l’accomplissement de l’édification des institutions constitutionnelles, la promotion de la région au rang de collectivité locale décentralisée, la réalisation de l’alternance politique et l’orientation vers l’instauration de la déconcentration de l’administration.

Le Mouvement Populaire s’inscrit dans cette nouvelle voie qui répond aux impératifs de faire face aux contraintes de la mondialisation et de relever les défis du développement.

Dans les années à venir, le Maroc est appelé à agir vite pour maîtriser la croissance spatiale de ses villes, rationaliser l’exploitation des ressources naturelles et trouver une solution efficiente à la rupture des équilibres  d’antan dans les campagnes entre les populations et les ressources.

Le développement rural, avec tout ce qu’il implique comme rattrapage des retards accumulés dans les domaines des infrastructures de base, sociales et sanitaires et des conditions de vie, comme développement des compétences des ressources humaines, amélioration des performances du secteur agricole et diversification des bases de l’économie rurale et protection des ressources et de l’équilibre des milieux naturels est enregistré à la tête des priorités du développement national.  Un choix stratégique qui est, selon le Mouvement Populaire, dicté par les considérations suivantes :

-         malgré la poursuite prévisible des flux de migration des populations des campagnes vers les villes au cours des prochaines décennies et la diminution du poids de la population rurale par rapport à la population totale du pays, l’effectif absolu des ruraux en 2020 restera au même niveau actuel. En conséquence, le développement national ne pourra nullement se réaliser si un tel effectif de concitoyens demeurerait exclu du bénéfice des résultats du développement économique et social du pays;

-         faute d’un développement du secteur agricole, en particulier, et de l’économie rurale, en générale, l’économie nationale serait privée de l’un de ses piliers majeurs, l’exode rural s’accélérerait et viendrait accentuer les déséquilibres urbains;

-         le risque est grand aussi d’assister par le maintien de ce retard du monde rural à l’accélération des processus de dégradation des ressources naturelles, ce qui hypothéquerait le développement national dans sa globalité.

Mouvement Populaire met l’accent sur les actions suivantes :

            - la mise en place de mécanismes de financement des déficits dont

pâtit la majorité des zones rurales dans les domaines des infrastructures de base et des équipements sociaux et culturels ;

            - la rupture de la situation de blocages structurels dont souffre le monde rural, et qui ne peut être atteinte sans la modernisation des statuts fonciers ;

            - la conciliation entre les exigences du développement et les intérêts de la population, d’une part, et les contraintes inhérentes à la nécessité de sauvegarder les ressources naturelles, qui deviennent d’autant plus aiguës quand il est question de l’eau et des milieux écologiques fragiles, d’autre part ;

            - l’élaboration de solutions techniquement viables, économiquement

rentables et à moindre coût socialement pour des problèmes épineux, tels que le transport, l’adduction d’eau potable et la collecte et le traitement des déchets solides et liquides.

 

Réforme fiscale

            Au Mouvement Populaire, on estime que pour plus d’efficience, toute réforme fiscale doit nécessairement porter aussi bien sur la fiscalité d’Etat que celle des collectivités locales (fiscalité locale).

 

Réforme de la fiscalité de l’Etat

      Depuis la réforme des années 80, la fiscalité marocaine comporte  quatre composantes principales : l’impôt général sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, la taxe sur la valeur ajoutée ainsi que quelques impôts cédulaires comme la patente, la taxe urbaine…

Cette fiscalité se caractérise par plusieurs déséquilibres qui altèrent sa structure en la rendant injuste et peu productive. Il s’agit notamment de la prédominance des taxes sur la consommation comme la TVA qui pèsent lourdement sur les couches sociales défavorisées ainsi que de l’importance démesurée des impôts sur les revenus salariaux et sur les grandes entreprises au niveau des impôts directs.

Quant à la pression fiscale, elle  apparaît relativement lourde puisqu’ elle représente quelque 23% du PIB (Tunisie 20 %, Turquie 19 %), ce qui est pénalisant pour l’économie nationale. Elle constitue de ce fait un surcoût qui réduit la compétitivité de nos entreprises.

La fiscalité marocaine souffre aussi de sa grande complexité puisqu’ elle comporte une multitude d’impôts et taxes qui frappent parfois le même revenu et/ou la même consommation. Ce qui rend son application très difficile pour les contribuables et coûteuse pour l’administration fiscale.

Dans l’objectif de faire de cette fiscalité un véritable levier de développement économique et de justice sociale, le Mouvement Populaire insiste sur sa réforme dans le sens de la rendre plus équitable, plus simple, plus incitative et plus productive. Ainsi des principes généraux tels que la simplification, l’équité, la productivité  et l’incitation doivent guider toute restructuration du système fiscal national :

Pour atteindre ces principaux objectifs, plusieurs axes de réforme sont proposés :

1ier axe : Elargir l’assiette fiscale à travers l’imposition de certains revenus sous imposés ou exonérés (immobilier, capital, agriculture à  haute valeur ajoutée…), la lutte efficace contre l’évasion et la fraude fiscales (renforcement des moyens de contrôle fiscal, sensibilisation au civisme fiscal…).

2ième axe : Renforcer les aspects sociaux de notre fiscalité en allégeant le taux supérieur de l’IGR de 44%, en augmentant le seuil d’imposition à 24000 dhs, en réduisant les taux de la TVA sur les produits de 1ere nécessité…

3ième axe : Simplifier le système fiscal en réduisant le nombre des taux de la TVA et en supprimant le régime forfaitaire basé sur les indices de l’impôt des patentes et son remplacement par un régime de forfait concerté, assis sur des indicateurs de dépense du contribuable.

4ième axe : Moderniser, restructurer et mettre à la disposition de l’administration fiscale les ressources humaines et techniques suffisantes afin qu’elle puisse faire face à ses missions de manière efficace et efficiente ;

5ième axe : Assurer une répartition équitable de la charge fiscale entre les différentes catégories socio – professionnelles et entre les divers secteurs et activités économiques. La contribution de chacun doit être proportionnelle à ses capacités contributives et à son potentiel avéré.

6ième axe : Création d’un espace fiscal spécifique, dédié à la promotion de la petite et moyenne entreprise

 

Réforme de la fiscalité locale

L’expérience acquise par le Mouvement Populaire dans la gestion des affaires locales lui permet d’affirmer que le besoin de réforme de la fiscalité locale obéit à deux expériences essentielles :

·        Nécessité d’adaptation de cette fiscalité aux nouvelles exigences de la décentralisation

·        Nécessité d’articulation de la fiscalité locale avec la fiscalité de l’Etat, pour éviter des surcroîts fiscaux nuisibles à la compétitivité des entreprises. 

Pour mener à bien cette réforme, le Mouvement Populaire relève la pertinence des orientations suivantes :

·        Distinction tranchée entre taxes et redevances ;

·        Suppression des taxes et redevances à caractère nuisible et à faible rendement ;

·        Articulation de la fiscalité locale sur un impôt central en l’occurrence l’impôt foncier, qui présente l’avantage de la stabilité et de la transparence ;

·        Intégration d’une fiscalité de l’environnement (écotaxes) ;

·        Suppression de l’impôt des patentes devant se traduire par la mise en place d’un mécanisme de péréquation au profit des collectivités locales. 

La réforme proposée de la fiscalité locale doit être  approuvée et mise en oeuvre avec une grande efficacité afin d’accroître et de sécuriser les ressources des collectivités locales. Il s’agit de mettre fin à la multiplication des taxes locales, de renforcer leur productivité et de rationaliser leur application. La nouvelle réforme introduira également deux innovations de taille : primo l’instauration du système déclaratif comme au niveau national et secundo l’introduction du mode de paiement trimestriel au lieu du système annuel actuellement 

 

Réforme financière et bancaire

Le système bancaire national se caractérise toujours après plus de deux décennies de la réforme de 1993 par une forte concentration et par la quasi absence de toute concurrence entre les banques. En effet, une dizaine de grandes banques apparaissent en situation d’oligopole appliquant leurs propres conditions financières (taux d’intérêt, commissions, agios,…) qui sont par ailleurs presque identiques d’une banque à une autre et quasiment prohibitives.

Dans ce contexte très peu concurrentiel, les conditions débitrices et créditrices appliquées par le cartel bancaire ne permettent nullement ni de mobiliser efficacement l’épargne nationale, ni de faciliter grandement le financement de l’économie nationale. Ainsi, les différentes formes d’épargne (compte sur carnet, dépôt à terme…) sont faiblement rémunérées tandis que  les crédits octroyés quelque soit leur nature et leur durée sont très onéreux.

Or, le rôle et l’importance du système bancaire et financier dans la promotion de l’investissement et dans le développement économique de manière générale ne sont plus aujourd’hui à démontrer. Un lien très étroit  et très fort existe et bien établi entre les performances du système financier en matière de collecte des fonds et de distribution des crédits  et le niveau de développement économique.

Dans l’objectif de dynamiser le secteur financier national et de lui faire jouer amplement son rôle, une réforme de deuxième génération s’avère indispensable afin de renforcer les acquis tout en mettant en place un système performant, moderne et concurrentiel.

Dans cette perspective, le Mouvement Populaire  propose les axes de reformes suivants :

     - La consolidation des réformes du marché des capitaux à travers :

     * L’élargissement des techniques de titrisation des différents secteurs économiques afin d’en constituer un véritable levier de financement de l’investissement ;

   * La mise en place d’un cadre approprié pour l’exercice de l’activité des organismes de placement en capital risque ;

   * La réforme du marché des valeurs du trésor public : amélioration du cadre contractuel, système de télétransmission…

 - La libéralisation et la modernisation du système financier national   par le biais de :

           * La réforme de la réglementation prudentielle afin d’être au diapason des standards internationaux (Bales II) ;

          * La création d’une centrale de bilan par Bank al Maghrib ;

          * La mise en œuvre de la réforme bancaire en cours de discussion ;

          * L’instauration d’une discipline de marché

          * L’organisation et le renforcement du rôle du secteur de la micro finance en tant qu’instrument de développement humain et social ;

  - Renforcement des mécanismes de direction et de contrôle à travers ;

          * L’application effective de la loi sur le nouveau statut de Banque Al Maghrib ;

          * La mise en place d’un nouveau processus de surveillance prudentielle.

         * L’amélioration du fonctionnement et de la gestion du système bancaire public afin de dépasser ces importants dysfonctionnements et de prévenir les scandales financiers qu’il a connu ces derniers années…

 

Système des retraites

Le système marocain des retraites peu être qualifié de dual. En effet, à côté  des grands régimes comme celui de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) ou le Régime Collectif d’Allocation de Retraite (RCAM) existe plusieurs régimes particuliers : OCP, ONE, ODEP…

Ces différents systèmes de retraite (CMR, CNSS, RCAM, CIMR…) fonctionnent selon le régime de la répartition : les salariés d’aujourd’hui sont imposés pour payer les retraités des salariés d’hier.

D’après les études actuarielles menées, la réforme des systèmes de retraite se pose avec une grande acuité dans la mesure où leurs équilibres financiers et leur pérennité sont remis eu cause.

Les maux de notre système sont nombreux .Les systèmes de retraite : CMR, CNSS, RCAM, CIMR…versent des pensions qui varient en fonction de la rémunération des salariés. Ils sont fondés sur le régime de la répartition

Avec le vieillissement de la population, il faut relever les prélèvements pour payer les mêmes prestations aux retraités dont le nombre ne cesse d’augmenter.

A cette détérioration démographique s’ajoute l’évolution défavorable puisque l’effectif des cadres parmi les pensionnés dépasse actuellement 30% contre seulement 6% en 1983.

Il faut ajouter aussi que l’âge des affiliés qui était de 35 ans en 1982 est passé à plus de 42 ans actuellement..

D’autres facteurs structurels tels que la liquidation de la pension sur la base de la dernière situation statutaire, la chute du niveau du recrutement depuis 1983, l’allongement de l’espérance de vie… n’ont fait qu’aggraver les équilibres financiers de tout le système de retraite marocain.

Ainsi par exemple, l’étude actuarielle réalisée pour la CMR a relevé qu’au cours des dernières années, le nombre de pensionnées a augmenté de 7% en moyenne tandis que celui des actifs ne s’est accru que de 2,5%. De ce fait le rapport démographique a baissé en passant de 12 affiliés pour un pensionné en 1983 à 6 affiliés en 1993 et à moins de 5 actuellement.

Afin de pérenniser le système et rechercher son équilibre financier, le Mouvement Populaire propose un certain nombre de mesures et d’actions concrètes visant la consolidation des ces structures financières. Il s’agit en particulier :

    D’harmoniser tout le système à travers la poursuite de l’insertion des caisses de retraites internes de certains établissements au sein du Régime Collectif d’ Allocation de Retraites (RCAM) comme celles de l’ ODEP,  de l’ONE,  de l’OCP…

  - De la liquidation des retraites sur la base de la moyenne des dix dernières années par exemple au lieu de 3 et 5 ans actuellement ;

 -De réformes des paramètres du système : relèvement de l’âge de la retraite, du taux de cotisation ;

 - De mener une réflexion sur la mise en place d’un système de capitalisation du moins en partie. Un système multipiliers basé sur un volet de cotisations obligatoires pour une couverture minimale et un volet facultatif donnant la possibilité de souscrire librement à un régime complémentaire.

 

Pour une Stratégie du Commerce Extérieure

Il ressort du diagnostic établi par le Mouvement Populaire que les performances actuelles des exportations marocaines, par référence tant au rythme de croissance qu’à la configuration de l’offre exportable, peu diversifiée et peu élastique, ne sont pas en mesure notamment de :

-         compenser l’accélération de la progression des importations, surtout compte tenu du démantèlement douanier programmé ;

-         garantir la pérennité à moyen et long termes de la balance des paiements largement conditionnée par deux rubriques citées dans l’ordre d’importance: les transferts des MRE et les recettes voyages;

-         induire un rythme de croissance économique soutenu, à même de répondre aux besoins croissants de la population,  notamment en matière d’emploi.

 

Dans ce contexte, la réalisation d’une croissance forte, en partie tributaire du dynamisme des exportations, dépend principalement de l’adaptation de l’économie nationale à l’évolution de l’environnement international de plus en plus marqué par les perturbations des marchés et la compétitivité accrue.

A ce titre, Le Mouvement Populaire conclut que la mise en place d’une nouvelle stratégie de développement du  commerce extérieur marocain s’avère nécessaire. Inscrite dans le prolongement logique de la politique de libéralisation commerciale dans laquelle le Maroc s’est résolument engagé depuis les années 80, cette stratégie pourrait s’articuler autour des orientations suivantes :

 

            La poursuite de la protection du tissu productif national

Cette action de régulation devra être poursuivie à travers :

-         la réduction des niveaux de la protection tarifaire pour l’adapter aux engagements multilatéraux et tenir compte du démantèlement tarifaire prévu dans le cadre des accords de libre-échange.

-         Le renforcement du système de défense commerciale à l’encontre des pratiques commerciales déloyales ou des importations massives préjudiciables par l’adaptation du cadre juridique et institutionnel et le renforcement des compétences nationales.

 

 

La promotion des exportations :

L’analyse des exportations permet de dévoiler le niveau relativement faible de la compétitivité externe de l’économie marocaine, en raison de la persistance de la rigidité structurelle de l’offre exportable et du renchérissement des principaux coûts de facteurs de production.

       Aussi, une nouvelle vision stratégique devra-t-elle répondre aux exigences suivantes :

 

 

 

L’amélioration de la compétitivité des entreprises exportatrices par  l’adaptation des coûts des facteurs aux conditions de la concurrence, notamment à travers :

-         La révision du système actuel d’incitations fiscales à l’exportation  qui ne répond plus aux exigences d’une économie ouverte et compétitive,

-         La consolidation du système d’assurance à l’exportation afin de servir d’outil d’accompagnement aux entreprises pour la conquête des marchés et la diversification des débouchés,

-         Le réaménagement du système de financement de l’exportation par l’assouplissement et l’adaptation des conditions de financement aux besoins des entreprises exportatrices et principalement les PME.

 

La dynamisation de la promotion commerciale

Pour développer la promotion de proximité, la promotion commerciale mérite d’être dynamisée à travers la mobilisation efficace des ressources humaines et financières disponibles.

      En accompagnement du plan Emergence et dans la logique de la nouvelle vision de promotion commerciale, la réforme à entreprendre devra porter sur :

-         Le recentrage des actions promotionnelles du Centre Marocain de Promotion des Exportations pour assurer le suivi des marchés et de la demande internationale, la mise en œuvre d’une stratégie de communication appropriée et l’assistance technique intégrée aux entreprises.

-         La contribution à la dynamisation de la diplomatie économique en guise d’appui à la dynamique d’ouverture de nouveaux marchés aux exportations marocaines et d’attraction des investissements.

 

La simplification des procédures

L’action de simplification et de rationalisation à entreprendre devrait être menée suivant une démarche globale, coordonnée et concertée mobilisant les différents intervenants du commerce extérieur, pour supprimer ou du moins réduire les surcoûts liés à la complexité ou à la lourdeur des procédures.

La poursuite de l’allègement des procédures, la normalisation des documents commerciaux, le renforcement de la promptitude des informations commerciales, l’amélioration de la qualité et la compétitivité des services de transport et de logistique et la dématérialisation des procédures constituent autant d’actions à entreprendre pour faciliter l’instauration d’un environnement propice à la facilitation des échanges.

 

La diversification de l’offre exportable

A ce propos, le programme Émergence tente de répondre en procédant à l’identification des secteurs à fort potentiel de développement, répondant par là à l’exigence de la diversification de l’offre exportable en guise d’appui à la promotion des exportations.

 

La mise en œuvre de ce programme interpelle l’implication de tous les intervenants en matière du commerce extérieur, d’autant plus que les engagements du Maroc à l’échelon international constituent autant d’opportunités qu’il conviendrait de saisir pour faire avancer et accélérer les réformes.

A cette fin, les opérateurs économiques sont invités à relever les challenges de la mise à niveau, de l’innovation, de la qualité et de l’anticipation de la demande des marchés.

De leur côté, les pouvoirs publics sont invités à encourager le développement des filières industrielles au travers de la sélection des métiers porteurs d’exportation, et à appuyer la conception et le développement de produits à haute valeur ajoutée. 

 

La diversification des débouchés commerciaux du Maroc

Hormis la poursuite de la consolidation de ses acquis auprès de son principal partenaire, à savoir l’Union Européenne, le Maroc gagnera à renforcer davantage ses relations commerciales avec son voisinage africain, arabe et islamique.

      L’activité économique mondiale est désormais impulsée par les moteurs régionaux qui jouent le rôle de propagateurs du dynamisme économique. Dans la plupart des zones géographiques, le rôle du commerce intra-régional s’est avéré déterminant en matière de relance économique et la réussite de l’ancrage régional constitue un facteur favorable à une insertion réussie dans les flux d’échange et d’investissement internationaux.

 

Le Maroc peut tirer profit de cette orientation en procédant , notamment à :

-         la réactivation des relations commerciales avec les pays d’Afrique dont les marchés offrent encore d’appréciables opportunités pour le tissu industriel national comme en témoignent les résultats très satisfaisants réalisés par les entreprises déjà présentes sur ces marchés ;

-         l’approfondissement des relations commerciales avec les pays arabes ; 

-         la participation à la redynamisation de la coopération commerciale intra-islamique ; 

-         la mise en oeuvre du recentrage du commerce extérieur marocain sur l’axe Amérique-Asie susceptibles non seulement d’améliorer le niveau des échanges commerciaux avec ces pays mais également d’enclencher une dynamique d’investissements étrangers en quête de délocalisation.

 

Réforme de la justice

Une justice moderne, transparente, efficace et rapide aussi bien au niveau du  traitement des dossiers qu’au niveau de leur exécution, permettra le regain de la confiance des citoyens et des investisseurs et contribuera à l’édification d’un état de droit qui garantit l’égalité des chances et l’indépendance de l’appareil juridique de toute influence politique, administrative ou financière.

Dans le cadre de la réforme entamée il y’a quelques années, l’accent a été mis sur la motivation des ressources humaines (à travers la promotion et la réforme de leur système de salaire) , la formation, la moralisation de la justice et l’exécution des décisions juridiques.

Bien que ces mesures soient louables, notre justice reste loin d’être ce que tous les marocains et les investisseurs attendent d’elle. Elle est trop lente, plus ou moins corrompue, influençable par les pouvoirs politiques, et n’inspire pas encore confiance.

De l’avis du Mouvement Populaire, un plan d’action d’activation de la réforme s’avère nécessaire et devrait comprendre les mesures et actions suivantes.

·        La mise en place de délais pour le traitement des litiges et l’exécution des verdicts. 

·        La mise en place d’une structure de supervision indépendante de système juridique

·        La formation continue des juges

·        L’introduction de la notion de « plea bargain», verdict négocié.

·        La réduction de l’encombrement des prisons marocaines à travers l’augmentation de leur capacité d’accueil à 50 milles (en construisant des prisons proches des résidence des prisonniers) et en encourageant l’entente pour des cas ne dépassant pas 2 ans de prison.

·        La consolidation de l’indépendance des juges.

 

Gouvernance et lutte contre la corruption

    Au-delà de son caractère illégal juridiquement et immorale éthiquement, le phénomène de la corruption pollue le climat économique, politique et social, accentue les relations de défiances entre les acteurs sociaux et altère fortement l’attractivité de notre pays pour les investisseurs étrangers.

Il est certain que des efforts ont été faits ces dernières années (réglementation des marchés publics…) mais la perception des citoyens, des médias, des ONG nationales et internationales en matière de moralité et de bonne gouvernance demeure très négative.

Le sentiment dominant est que la corruption s’est élargie au cours de ses dernières années. D’ailleurs le Maroc qui occupait en 2000 , la 37ième place dans l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) réalisé par Transaparency internationale a dégradé au 78ième rang en 2005.

      Afin d’endiguer ce grand fléau et d’atténuer ces conséquences très fâcheuses à tous les niveaux, le gouvernement a fait de la lutte contre la corruption l’un de ses axes d’action les plus importants. Le Mouvement Populaire souscrit globalement au plan d’action initié tout en insistant sur la nécessité et l’urgence de sa mise en application effective et efficace.

       Les actions les plus importantes qu’il faudrait mettre en œuvre de manière urgente sont :

    -  La ratification de la convention internationale de lutte contre la corruption obligeant par là le gouvernement à appliquer toutes ses dispositions et leur insertion dans la législation nationale ;

     - La création d’une instance véritablement indépendante (politiquement, financièrement,…) de lutte contre la corruption disposant de tous les moyens nécessaires pour intenter des actions en justice, pour diligenter des investigations et enquêtes, pour mener des compagnes de sensibilisation…

    - La garantie de l’indépendance de la justice tout en comblant les vides juridiques dans les lois pénales qui sanctionnent la corruption et en activant les dispositions de la loi sur la déclaration du patrimoine ;

   - L’application effective des lois et règlements en vigueur en matière de lutte contre la corruption tout en renforçant et en dynamisant les organes d’investigation et de contrôle afin de pallier leur défaillance chronique (la cours des comptes, l’inspection générale des finances…) ;

   - La mise en œuvre d’actions spécifiques au niveau des secteurs les plus corrompus …

  - Le renforcement des compagnes de prévention, des programmes d’éducation et de formation de manière à contribuer à l’enracinement des valeurs et normes d’éthique et de transparence dans tous les rouages de la société ;

   - L’établissement d’un partenariat avec les ONG, les groupements professionnels et les pouvoirs publics pour coordonner leurs efforts dans le domaine de la lutte contre ce fléau.

 

La politique d’incitation à l’investissement.

Depuis son indépendance le Maroc a fait le pari de l’option libérale fondée entre autre sur une politique d’encouragement de l’investissement national et international. Cette politique s’est matérialisée par l’initiation et l’application de codes d’investissement comportant un ensemble de mesures fiscales et financiers incitatives.

Ainsi, plusieurs codes se sont successivement succédés (1958, 1960,1973,1 983) avant leur refonte totale dans la charte d’investissement de 1996. Celle-ci a été fondée sur quelques principes directeurs essentiels dont notamment :

   - L’harmonisation des avantages consentis aux investisseurs entre les secteurs économiques et les régions du Royaume. La politique de sectorialisation et de régionalisation de la stratégie d’incitation a été abondonnée ; 

    - La généralisation des stimulants fiscaux et financiers octroyés à tous les investisseurs et opérateurs économiques.

    - L’instauration d’un régime contractuel pour les gros investisseurs prévoyant des encouragements plus spécifiques et plus importants…

   Sur un autre plan, la stratégie de l’ Etat dans ce domaine a été complétée sur le plan institutionnel par le biais du renforcement de la direction des investissements extérieurs, la mise en place d’une commission interministerielle des investissements… De même afin de faciliter et de promouvoir l’acte d’investissement et la création des entreprises, des centres régionaux d’investissement (CRI) ont été mis en place en 2002 au niveau de chaque région du pays.

En dépit des efforts déployés par les pouvoirs publics dans ce domaine, l’investissement demeure toujours insuffisant et son développement se heurte à plusieurs contraintes qu’il faudrait dépasser afin d’atteindre un taux d’investissement de nature à relancer la croissance économique, à atténuer le chômage et à contribuer à lutter contre la pauvreté, la précarité  et l’exclusion.

Pour ce faire, le Mouvement Populaire propose un certain nombre d’orientations essentielles de réformes de nature à améliorer le climat général de l’investissement et des affaires :

    - Renforcer le rôle et la place des CRI en les transformant en véritables guichets uniques et seuls interlocuteurs pour les investisseurs et les entreprises. Ces CRI devraient être pourvus en ressources financières et humaines suffisantes ;

    - Améliorer l’environnement juridique de l’investissement et de l’entreprise : simplification des formalités de création des entreprises, suppression ou allégement des procédures administratives relatives au demandes d’autorisation pour des projets d’investissement …

  - Initier et mettre en œuvre une stratégie nationale visant à desserrer les fortes contraintes de l’investissement en matière financière, foncière… (développement des zones industrielles , promotion de nouveaux modes de financement…)

  - Faire aboutir les réformes structurelles engagées ou à initier dans le domaine de la justice, de l’administration … de manière à créer un climat propice aux affaires caractérisé par la transparence et la bonne gouvernance ;

-                                 Aider efficacement à la création des entreprises au moyen de la promotion de l’ esprit d’entreprise, du développement des incubateurs, de la mise en place de cellules d’information/conseil…

-               Mettre en place des mesures incitatives pour encourager l’investissement à même de réduire les déséquilibres entre les régions  

 

Code de la grève et flexibilité de l’emploi

Le Code du Travail a été un grand pas en avant dans la modernisation des relations sociales au Maroc et a été le fruit d’un effort tripartite (syndicats, employeurs, gouvernement). Les décrets d’application n’ont pas tardé. Actuellement, le Maroc dispose d’un code qui est assez moderne et en harmonie avec les recommandations internationales dans ce sens. Néanmoins, il reste du travail à faire pour passer une loi organisant le droit à la grève. Sans code de grève, il est difficile d’attirer les investisseurs et gagner la confiance du patronat et du monde des affaires. La grève est un droit mais elle implique des responsabilités également.

Egalement important est la flexibilité de l’emploi qui doit être basée sur la compétence et la productivité et le principe de la survie de l’entreprise. Les expériences internationales ont montré que là où l’emploi est flexible les retombées sur la réduction du chômage sont importantes. Un dialogue tripartite et franc dans ce sens doit être enclenché afin d’améliorer le climat des affaires au Maroc du point de vue de l’emploi.

Faire sortir la loi spéciale sur le travail domestique promise dans le code du travail revêt une urgence importante et doit comprendre un volet sur l’interdiction claire du travail domestique des enfants.       

 

Réforme plus rigoureuse du système de formation et de recherche.

   Enseignement supérieur

         L’enseignement supérieur est l’une des principales composantes de la formation du citoyen marocain. Il occupe une position privilégiée dans l’instruction et  dans l’acquisition  du savoir de par son rôle dans la formation de l’élite du pays et sa situation en tant que berceau de la recherche scientifique, de la créativité, du développement de la pensée et de la diffusion de la science.

      Conscient de cette importance, le Mouvement Populaire préconise une formation universitaire en phase avec l'évolution sociale, économique et culturelle du pays. Celle-ci  s'articule autour  des principaux axes suivants:

·        Apporter aux étudiants  une formation solide et équilibrée avec des contenus  en prise avec l’évolution des connaissances universelles et sa dimension qui exploite la richesse de la démarche scientifique.

·        Opter pour d’autres approches pédagogiques qui s’écartent du modèle courant  d’apprendre et de réciter.

·        Développer chez l’étudiant l'esprit de l'effort personnel, la prise d’initiative, la capacité d’autonomie et la technicité  de la communication.

·        Garantir une bonne lisibilité des cursus proposés afin de permettre aux étudiants  de mieux choisir leur voie d'avenir.

·        Eviter une spécialisation prématurée qui pourrait  avoir comme conséquence de priver  les étudiants des larges choix d’orientation.

·        Créer des structures qui rapprochent les élèves du lycée du nouveau contexte de l’université pour mieux les préparer à prendre en charge leur choix de carrière.

La réforme pédagogique entrée en application depuis trois ans est censée répondre à ces objectifs. Rappelons qu'elle est basée sur le système LMD ( Licence- Master- Doctorat) selon une organisation semestrielle en filières et modules avec capitalisation et un mode d'évaluation des connaissances par le biais des contrôles continus.

       La réforme pédagogique est actuellement au stade de la licence , depuis sa mise en application en 2003.Son déroulement rencontrent de nombreux problèmes dont la gravité dépend des effectifs des établissements de masses concernés. Mais, d'une manière générale, ces difficultés résultent d'un manque important de moyens humains et de matériels et de vision permettant d'élaborer des cursus en prise les attentes sociales et économiques et l'évolution qui s'opère à tous les niveaux.

       La formation universitaire du troisième millénaire être qualifiante pour appréhender l'évolution technologique et s'adapter aux besoins du marché de l'emploi. 

Partant de ces concepts, Le programme politique du Mouvement Populaire préconise un ensemble de mesures dont principalement :

§     Mettre en place les conditions les mieux appropriées, moyens humains et matériels, pour un déroulement favorable de la réforme pédagogique selon le système LMD,

§    Revoir la conception et la définition de certaines filières et les contenus pour répondre aux objectifs de la réforme attendue,

§    Assurer les conditions d'un encadrement de proximité garant de la qualité des formations,

§    Créer le maximum de connexions avec les entreprises pour les impliquer dans les cursus des formations et surtout celles à caractère appliqué,

§    Veiller à introduire des contenus des cursus qui apportent une innovation et une valeur ajoutée à notre enseignement supérieur,

§    Les TIC doivent être au centre des formations universitaires en raison de leur rôle actuel et futur dans tous les domaines de la vie,

§    Introduire l'évaluation en tant qu'outil de régulation et de suivi pour la gestion pédagogique et organisationnelle,

§    Les conditions de vie des étudiants doivent être prises en compte en tant que composante  principale de l'université,

§    Renforcer la formation destinée aux ressources humaines des entreprises,

§    Ouvrir la perspective pour introduire d'autres types de formations délocalisées: formation à distance et formation par alternance, 

§    Relancer l’offensive vers les collectivités locales et les chambres professionnelles en vue de  réinstaurer les liens de la collaboration qui  connaissent un certain relâchement, ces derniers années,

§    Mener une compagne d’information sur les enjeux de la réforme universitaire pour permettre aux partenaires d’en prendre connaissance afin de solliciter leur adhésion et leur contribution,

§    Mener une compagne d’information vers les lycées afin de permettre aux futurs étudiants d’appréhender les différents mécanismes des études universitaires.

§    Activer la création de l'Agence Nationale d'Evaluation prévue par la loi 01.00.

         

 

Recherche scientifique

        Notre  Recherche Scientifique, malgré les efforts déployés et les résultats obtenus, souffre d'un manque de lisibilité, de visibilité et de stratégie. Une évaluation, bien que limitée,  a permis  de mettre  en exergue des dysfonctionnements importants et des défaillances ayant limité la portée de la production scientifique  et le développement de la recherche durant les quarante dernières années. Elle est caractérisée par ailleurs par un effet solitaire et un élan volontariste.

        De façon succincte, il est difficile de voir fleurir une recherche scientifique dans le contexte de :

·              l'absence de structuration et de stratégie d’envergure de la recherche scientifique;

·              le manque d'évaluation et de régulation du système de recherche;

·              la prédominance de la recherche individuelle et l'absence de pérennité des thématiques de recherche;

·              l'insuffisance et la dispersion des moyens financiers alloués.

Le Mouvement Populaire estime aujourd’hui que, parallèlement au domaine de la formation, la  recherche scientifique doit :

·              être en mesure de suivre l’évolution technologique et être au service du progrès socio-  économique,

·              s’imprégner des problèmes de la société en prenant  en charge les sujets au progrès économique et social de notre pays. (eau, environnement)

·              participer et être impliquée dans le    décollage économique et le processus de transfert des technologies et au rayonnement  scientifique et à la veille technologique,

·               Par ailleurs,  il incombe au secteur de la  recherche : d’accompagner la restructuration et la mise à niveau des entreprises en leur prêtant assistance, conseils et formation de  manière à les rendre  plus compétitives et  performantes;

·              Mettre en place des cellules de recherche- développement et d’interface avec le monde industriel et les entreprises.

·              de développer les formations de pointe;

·              d’assurer l’innovation et de veille technologique.

        

         Mesures à prendre :

·              Il faut procéder à une évaluation de la situation établir un état des lieux afin de mieux cerner la réalité et la problématique sur le terrain. Mettre en place d’un programme de restructuration qui s’adapte aux évolutions en tenant compte des nouvelles donnes et  des préoccupations de l’heure.

·   Soutenir le rapprochement entre les Universités et les entreprises afin d’orienter davantage la recherche vers le développement technologique.

·   Le financement de la recherche devrait, dorénavant, relever progressivement des contrats avec le monde extérieur. Pour cela il faut développer ce  côté relationnel avec le monde de l’activité économique,  convaincre et gagner la confiance des partenaires.

·   IL devient nécessaire de mettre en place une recherche qui vise à contribuer à la création de la richesse,  à stimuler le  progrès social et à provoquer la veille technologique.

·   Le libre choix des thèmes est peut-être considéré comme une tradition académique dans certains pays, mais l’évolution impose d’accompagner ces degrés de liberté par des choix prioritaires qui eux sont liés au développement du pays.

·  Il y a lieu d’exiger des universités de fournir un rapport annuel sur leurs activités de recherche qui servira comme base pour l’attribution des budgets et de présenter un projet d’établissement, tous les deux ans, qui tient lieu de bilan et de programme qui fixe les priorités à court terme

·  Selon la production scientifique, il est tout à fait concevable d’établir un classement des universités à l’instar de nombreux pays à travers le monde.

·  La coopération internationale est vitale pour le secteur de la recherche, le développement de ce volet doit occuper une place importante dans nos programmes des échanges internationaux.

 

Formation professionnelle

              La charte nationale d’éducation et de formation, résultat d’une approche consensuelle, entre les forces vives de la nation, est considérée comme un référentiel de la réforme de notre système de l’éducation et de la formation. qui s’est assignée comme objectif la formation d’un bon citoyen capable d’acquérir les connaissances scientifiques et la technologie avancée qui constituent la voie idéale pour vaincre le sous-développement et être en mesure d'accompagner le progrès et les mutations que connaît actuellement le monde.

La période 2000 -2009 est déclarée décennie de l’éducation et de la formation.  La réforme engagée conformément aux principes de la charte, place la formation professionnelle en tant que levier pour la satisfaction des besoins en compétences des entreprises, la promotion de l’emploi des jeunes, et l’amélioration de l’employabilité des travailleurs par le développement de la formation continue.

Pour ouvrir de nouveaux horizons de formation devant les jeunes, des passerelles internes doivent être instituées pour permettre aux lauréats les plus méritants d’accéder au niveau immédiatement supérieur..

La stratégie doit être basée sur une nouvelle approche globale et intégrée pour ancrer le dispositif de formation dans le secteur productif. Cette approche reposera sur :  

ü      la réalisation de programmes sectoriels de formation professionnelle dans un cadre contractuel avec les professionnels;

ü      Le développement et la mise à niveau de l’appareil de formation, tous modes confondus, pour répondre à la demande du marché du travail.

ü       L’extension de la formation alternée, le développement de la formation par apprentissage et la formation en cours d’emploi, qui consacrent le milieu du travail, comme espace privilégié pour l’acquisition des compétences, et  l’imprégnation de la culture de l’entreprise.

ü      la généralisation de la réingénierie du dispositif de FP selon l’Approche par compétences, pour permettre aux bénéficiaires d’acquérir les compétences répondant aux besoins identifiés, valoriser l’expérience professionnelle par la validation des acquis, rendre plus transparente la gestion du marché de l’emploi, et améliorer le rendement du dispositif de formation professionnelle.

La stratégie doit être également fondée, , sur une politique d’ouverture et de partenariat dynamique associant les pouvoirs publics, les collectivités locales, les chambres et associations professionnelles, les partenaires sociaux, les ONG, etc…, et consiste  en l’ implication des professionnels dans la planification et la gestion du système.

Ainsi, l’implication davantage  des organisations professionnelles dans le cadre de cette politique contractuelle, visera l’élaboration de programmes de création d’établissements sectoriels, qui seront cogérés avec les branches professionnelles. Ce qui les motivera à réaliser les études d’opportunité de création des centres de formation et de développement des compétences, et à conclure avec les pouvoirs publics des conventions qui définissent les mécanismes de leur cogestion.

Afin d’accompagner le développement et la mise à niveau des secteurs stratégiques des programmes sectoriels doivent être arrêtés avec les organisations professionnelles  tenant compte à moyen et à long terme des secteurs potentiels porteurs pouvant être régénérateurs  d’emplois tels que le tourisme/hôtellerie/restauration, le textile/habillement, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC),les nouveaux métiers émergeants comme l’off-shoring et l’intermédiation , les pêches , les BTP ...etc.

Pour ancrer le dispositif de formation dans le secteur productif, les projets sectoriels doivent être  structurés autour des  axes pouvant contribuer au développement des  compétences des entreprises, et assurer l’intermédiation sur le marché du travail;

La politique de formation doit préserver aussi les droits des populations socialement vulnérables à la formation en vue de favoriser leur insertion socioprofessionnelle tels les détenus,  les handicapés, et  autres couches sociales.

S’agissant des détenus, généraliser le programme pilote engagé  avec la Fondation Mohammed VI pour la Réinsertion des Détenus et le Ministère de la Justice aux différents établissements pénitentiaires..

Quant aux handicapés, prendre  les dispositions particulières permettant à ceux et celles remplissant les conditions de niveau scolaire requis d’accéder à la formation ; et élaborer   un plan d’action, de concert avec les parties concernées, devant porter sur le développement de filières qui leur sont adaptées.

De même, un programme spécial doit être mis en place en vue de qualifier les jeunes en rupture de scolarité et n’ayant pas nécessairement les conditions de niveau et d’âge requises pour l’accès à la formation professionnelle résidentielle ou alternée, en utilisant le tissu économique des PME/PMI et en impliquant les chambres et organisations professionnelles dans l’apprentissage des métiers

Pour la population du monde rural, une stratégie de développement de la formation professionnelle dans ce milieu s’impose, afin d’assurer aux jeunes ruraux une formation adaptée à leur contexte pour les fixer dans leur milieu et améliorer la production agricole. et un programme d’urgence est à mettre en place, telle que l’acquisition  des unités mobiles pour dispenser la formation  dans les zones enclavées ou à habitat dispersé, et le développement de la formation par apprentissage dans des centres à créer pour cette fin , et encourager les programmes de formation dans un cadre conventionnel avec les ONG notamment les maisons familiales rurales.

Afin d’améliorer l’employabilité des diplômés des universités en quête du travail,  le programme de formation de courte durée ayant donné des résultats encourageants en matière d’insertion des bénéficiaires doit être reconduit avec des stages en entreprise dans les filières qui offrent un potentiel d’emploi (TIC, gestion,l’off-shoring...).

La mise à niveau continue des compétences constitue, de nos jours, la meilleure protection contre les aléas économiques dans un monde où les évolutions du marché et des technologies exigent des entreprises des restructurations et des adaptations perpétuelles de leurs organisations et de leurs outils de production.

Dans ce cadre, il faut sensibiliser et encourager  le patronat et le partenaire social à intégrer la formation continue des ressources humaines en tant que vecteur stratégique du plan de développement de l’entreprise au moyen des deux mécanismes GIAC (Groupements Interprofessionnels d'Aide au Conseil) et CSF (Contrats Spéciaux de Formation), crées dans ce but. Et pour permettre la pérennité de ces mécanismes une loi ou un décret doivent être institués ,de même leur externalisation devient une nécessité afin d’améliorer les sources de financement et le rendement du service fourni aux entreprises pour répondre aux exigences dictées par la compétitivité, la productivité et la mondialisation. 

 

 

 Gestion basée sur les résultats

La gestion basée sur les résultats ne doit pas être seulement un slogan mais une politique reposant sur une loi stipulant que tout utilisateur (gouvernemental et non gouvernemental) de l’argent des contribuables doit planifier, gérer, et faire le reporting en se basant sur des résultats arrêtés auparavant et faisant l’objet d’une contractualisation entre le bailleur des fonds et le prestataire de service. Des outils de planification, de gestion et de reporting (cadre logique ou arbre de résultats, grille de reporting, plan de monitoring de la performance etc.) doivent être arrêtés et adoptés en tant que règles stipulant que les prestataires de service utilisant les fonds publics s’y conforment. Le contrôle se fait par le bailleur de fonds qui est lui-même contrôlé par le Parlement. Cette gestion ne doit pas remplacer mais complémenter le travail du CED et celui de la Cours des Comptes puisqu’il met l’accent sur le respect des engagements au niveau des résultas escomptés. L’évaluation externe doit être exigée dans toute prestation mais elle doit être également budgétisée et planifiée à l’avance. 

 

Réforme administrative

La réforme administrative est fondamentale pour le processus de développement du Maroc. Le dernier rapport de Transparency Maroc érige la réforme administrative en priorité pour le Maroc.

Parmi les problèmes auxquels le Maroc est confrontés on trouve la réforme de l’Administration. Les handicaps de notre administration sont multiples ce qui entrave le développement et l’investissement. Parmi les maux de notre Administration, on peut insister sur l’absence d’une vision stratégique, le manque de planification, l’existence d’une culture de bureaucratie, la lourdeur dans la prise de décision et la complexité des processus administratifs.

Le départ volontaire de l’Administration Publique dans le cadre de l’opération « Intilaka », l’horaire  continu, le guichet unique, la loi sur la motivation des décisions (qui n’est pas régulièrement  appliquée), les textes sur la simplification des procédures et le redéploiement des ressources humaines restent des mesures insuffisantes en l’absence d’une vision stratégique d’une administration efficace, souple et crédible dans laquelle les citoyens et les investisseurs fond confiance.

 

La modernisation de l’administration et son ouverture dépendent  de sa reforme

Le mouvement Populaire voit dans l’Administration Marocaine un outil de développement du pays et non une institution qui l’handicape. Nous nous engageons à trouver des solutions en mesure de la moderniser et la rendre ainsi un outil efficace au service du développement, l’adapter aux divers changements de la société et aux exigences de la conjoncture nationale et internationale. Pour cela, nous proposons les axes d’action suivants:

  • Le rattachement de la réforme administrative à la Primature afin de garantir une vision globale et l’adhésion de tous les départements à la réforme.
  • La réforme radicale et la mise à niveau des services du Ministère de Modernisation des Secteurs Publics pour qu’ils servent en tant que modèles à suivre par les autres. La charité commence par soi-même ;
  • La consolidation et la mise en place de la décentralisation et la déconcentration pour répondre aux exigences du développement par le renforcement des attributions des services décentralises et déconcentres ;
  • La recherche de plus d’efficacité et de qualité au sein de l’Administration. Son ouverture et partenariat avec le secteur privé et l’adaptation de ses attributions à la conjoncture politique, économique et sociale du pays doivent être développés;
  • La suppression des services non indispensables et l’externalisation d’autres;
  • L’insertion des nouvelles technologies dans le but  d’arriver à une administration électronique capable de faciliter et de bien gérer le service public ;
  • La transparence dans les recrutements et l’accès aux postes de responsabilités par le biais de la compétence au lieu du clientélisme ;
  • La révision des procédures administratives en vue de leur simplification pour avoir une Administration au service du citoyen ;
  • La révision du statut de la fonction publique et l’adapter à une réforme administrative efficace ;
  • Indépendance dans la prise de décision et la séparation entre les pouvoirs ;
  • Obligation pour les responsables des Administrations publiques de gérer par les résultats et de présenter leurs rapports d’activités pour des raisons d’évaluation et d’audit ;
  • Révision des grilles de salaires et la suppression des avantages exagérés étant donné que la masse salariale au Maroc reste au dessus des normes mondiales ;
  • Le redéploiement efficace des fonctionnaires au sein de l’administration publique ;
  • La bonne gouvernance.