Mouvement populaire: Un programme en 66 mesures
· 1,5 million
d’emplois à l’horizon 2012
· L’IS à 30%, l’IR à 34,5%
«Dans tous les
domaines, les citoyens ont le sentiment que deux Maroc coexistent. Notre projet
au Mouvement populaire (MP) est d’avoir un seul Maroc pour tous». C’est en ces
termes que Mohand Laenser, secrétaire général du MP a résumé le programme
électoral de son parti. Programme qui a été dévoilé dernièrement à Casablanca et
qui trace la vision de la formation politique à l’horizon 2012.
Le MP a ainsi retenu toute une série de mesures et d’actions, dont l’emploi, la
santé et l’enseignement constituent les axes principaux. Lors d’une conférence
de presse, Mah-joubi Aherdane et Mohand Laenser, respectivement président et
secrétaire général du MP et d’autres membres du bureau politique du parti, ont
annoncé que le programme porte sur trois axes essentiels, à savoir la promotion
de l’emploi, l’enseignement et l’accès aux soins, en plus du développement du
monde rural, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, la bonne gouvernance et
la lutte contre la corruption.
La feuille de route du MP a été synthétisée en 66 «mesures phares». Les
concepteurs du programme s’évertuent à affirmer que «c’est un programme complet
et techniquement abouti dont les mesures ont pour ambition d’être effectives
rapidement, en luttant notamment contre la lenteur de leur application».
Mohand Laenser dira dans ce sens que le programme de son parti «est composé
d’actions pragmatiques, simples et accessibles au plus grand nombre et évitant
les promesses».
La formation politique a inscrit un certain nombre de réformes dans son
programme. Ainsi, le Mouvement populaire table sur la création de 300.000
emplois par an. L’objectif est d’arriver à 1,5 million d’emplois créés à
l’horizon 2012. Et partant réduire le taux de chômage au niveau national à une
moyenne de 8% au lieu de 10 % actuellement. La baisse du taux de chômage des
diplômés est également à l’ordre du jour du parti. Le MP veut le réduire de 27%
actuellement à 18% à l’horizon 2012.
Le parti insiste également sur la nécessité de réduire la pression fiscale et
parafiscale sur l’entreprise. Le but escompté est d’encourager l’investissement
et l’embauche. Une réduction donc de l’IS de 1% par an pour atteindre finalement
(en 2012) un IS de 30% au lieu de 35% actuellement.
Le MP propose également une réduction de l’IR de 1,5% annuellement. En 2012,
l’IR ne devrait pas dépasser 34,5% pour la tranche supérieure. Allant encore
plus loin, la formation politique ne propose pas moins que l’exonération des
charges sociales pendant deux ans pour toute nouvelle embauche. S’agissant du
secteur de la santé, le programme ambitionne de réduire le taux de mortalité
infantile et maternelle, tout en veillant à accélérer la mise en place d’une
couverture sociale généralisée et à établir une carte de santé générale du
Royaume.
Au volet de l’enseignement, le MP met l’accent sur l’importance de réduire le
taux d’abandon scolaire, d’augmenter le nombre des conseils de gestion des
établissements scolaires, de généraliser le préscolaire et l’enseignement de la
langue amazighe, tout en réduisant le taux d’analphabétisme.
Le programme du parti porte aussi sur l’entreprise et l’économie plaidant pour
la création d’une technopole par région à l’horizon 2012, la promotion de
l’innovation et la recherche-développement au sein des entreprises,
l’amélioration du taux d’encadrement dans les entreprises et la promotion du
partenariat public-privé.
Dans son programme, le Mouvement populaire s’intéresse aussi au monde rural,
l’agriculture et l’environnement en soulignant l’importance de généraliser
l’accès à l’eau et à l’électricité, de désenclaver les populations rurales, de
stabiliser la couverture des zones forestières et d’accroître l’utilisation des
eaux non conventionnelles.
La bonne gouvernance et la lutte contre la corruption sont aussi parmi les axes
du programme du MP. Dans ce cadre, le parti insiste sur la nécessité du
renforcement de la capacité de l’administration et de la capacité d’intervention
des cours des comptes régionales, tout en généralisant le e-gouvernement et
renforçant la capacité de l’administration dans ce domaine.
J. E. HERRADI